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28 juillet 2018

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La vague s’incline
Et l’océan se dresse,
Et l’océan secoue les vagues.
L’océan joue au calme et à la tempête,
L’océan joue à éclabousser les vagues.
Ce n’est pas la vague qui sert,
C’est l’océan qui joue.
Yvan Amar, Les Nourritures Silencieuses, aphorismes, Les Editions du Relié, 2000, ISBN 2909698-51-3

Après un sommeil réparateur, nous avons à nouveau sauté du lit très tôt.
C’est toujours étrange de constater que n’ayant rien d’autre « à faire » que d’attendre, nous nous sommes précipités dans l’attente : arriver dans un simple « abri-bus »,  avec deux heures d’avance, afin de monter dans un avion « autobus-local » de neuf personnes où notre place était réservée, c’est un exploit dont nous seuls étions capables, d’un commun accord et sans le « faire » vraiment exprès.

Nous avons attendu.

Puis, nous avons été appelés et placés en rang par deux, dans l’ordre où nous devions nous asseoir derrière les pilotes afin de répartir nos masses respectives dans le minuscule « Cessna ».
Et nous avons traversé le « channel » une première fois.
Le nez collé au hublot.

Nous avons découvert le « channel » de ce jour là, ses calmes, ses agacements, ses pointes de colère, ses vagues, son courant, tout était visible.
Nous l’avons traversé si vite!
Nous l’avons regardé à la vitesse d’un survol, comme on regarde une vidéo que certains qualifient de didactique, une vidéo (par exemple) qui expliquerait en 30mn aux futurs parents ce que pourrait être la mise au monde de leur enfant!

E.T et moi, de par nos expériences respectives, étions capables d’agrandir infiniment ces trente minutes, de les combler d’une multitude de détails, de doutes, d’incertitudes, de joies et de délivrances.
Il est probable que pour notre ami qui n’avait jamais rien vécu de tel, des pensées germaient et buissonnaient, se nourrissant à coup d’imagination et de références virtuelles.

Minuscule avion, temps de vol court, atterrissage éclair, sortie immédiate.

Molokaï!

Moins de 24h plus tard, nous serions sur les flots au milieu du Ka’waï Channel.

Il y avait un grain de surréalisme dans ce que j’étais en train de toucher, de vivre.
Il y avait une acrobatie du temps,
Tellement de relativité,
Tant de réalité,
Un grain de cette folle sagesse
Dont je raffole.

Tout les ingrédients étaient présents, enfin rassemblés.

Restait l’attente,
Sous un soleil de plomb,
Sur la plage dorée déserte
Sur la terrasse encombrée
Sous le flot des paroles inutiles du briefing
Au coucher du soleil
Au lever de pleine lune
Dans la nuit.

Restait l’attente

1er Août 2018

Dans la perpétuelle mouvance du monde, dans l’infinie fluctuation des apparences, dans le transfert permanent d’énergie et d’informations, l’être âgé ne cherche plus de poignée où se cramponner ni de patère où suspendre son chapeau. Dans une souveraine dérive, il se donne au flux, devient flux.
La vieillesse est une révolution mentale.

Christiane Singer, Les âges de la vie, Editions Albin Michel, 1984, ISBN 2-226-04829-1

En aparté : Christiane Singer n’a jamais vécu la grande vieillesse, elle est passée de l’autre côté de la vie à 64 ans, presque mon âge de maintenant.
Elle avait écrit « les âges de la vie » plus de vingt ans avant sa mort, elle était dans la force de l’âge. En ré-ouvrant ce livre, c’est avec une grande émotion que j’ai croisé cette phrase qui va si bien avec ce que j’ai à vous raconter aujourd’hui.
Christiane, je la connaissais, j’ai bien connu sa voix, sa sensibilité, sa vision du monde. Affirmer qu’elle fut une inspiration n’est pas mentir. La première fois que je l’ai rencontrée, elle avait tout juste cinquante ans, avec douze ans de moins, j’étais une gamine!

Cette balade annuelle était « toute autre » dès le départ, non seulement extrêmement lointaine, donc écologiquement absolument insensée mais de surcroit seule à plusieurs, carte bancaire toujours en train de chauffer et voiture à volonté. Rien à voir avec mes « habituel » trips en autonomie, où je me nourris de manière frugale, où je me branche ultra-rarement, où je me déplace en faisant l’éloge de la lenteur. R I E N à voir!
Et c’est dans ce rien que j’avais tout à découvrir!
Et j’en ai fait des découvertes.
Le terrain le plus riche n’était autre que « moi ».
Un « moi » puisant dans des ressources insoupçonnées l’énergie, le recul et le simple bonheur de fonctionner à l’envers de sa « normale ».

Car je ne décidais rien, c’était un choix, une volonté de ma part.
Remarquablement, j’étais souvent tout à fait incapable d’émettre un avis, une idée.
Quand après avoir fouillé les propositions touristiques, S. disait « On pourrait faire ça, ça te va? » je n’avais pas d’autre réponse que « Tu as envie de faire ça? Alors, OK ».

Et en réfléchissant, je me disais que c’était une autre manière d’avancer au gré du vent, du ciel et des courants.
Que même, peut-être, dans ce non-faire, ces non-intentions, j’étais plus que jamais dans le vent, dans le ciel et dans les courants.

Fascinante découverte.

Ce 1er août, nous sommes partis dans une première direction et ma mémoire ne sait plus du tout laquelle (rassurez vous, c’est facile à retrouver) parce que le vent n’a pas besoin de savoir dans quelle direction il souffle, n’est-ce pas? Il souffle et c’est tout.

Ce dont je me souviens parfaitement, c’est de mon quasi-mutisme : n’ayant aucune intention, je n’avais rien à dire, c’est à dire rien à exprimer intentionnellement.

Fascinante découverte.

Et puis, il y eu mon émerveillement devant la beauté des coraux, en meilleur état et beaucoup plus variés que ceux que j’avais déjà pu voir.
Et puis, un bonheur dense se présenta à la vue des tortues, à la vue de leur lent ballet, si lent, si paisible, si imprévisible que je fus transportée infiniment loin vers plus haut.

Pas très touristique cette journée là, direz-vous.

Chacun son point de vue, n’est-ce pas?

 

12 août 2018


Ont  beau m’émerveiller
Les fables du temps où l’on croyait
Que le ciel et la terre s’unissent à l’horizon,
Les fables du vieux temps
Où nos aïeux vivaient au gré de la nature,
Je préfère les soleils de ce temps où
Malgré nos danses d’un pas en avant et deux en arrière
Nous vibrons au rythme du monde.
Kouam Tawa, Sais-tu où va le soleil, Editions de la Martinière, 2015,
ISBN 978-2-7324-3844-3

Dans la soirée du 11, j’avais remarqué que le ciel semblait balayé de tous ses nuages. Au Sommet de l’Haleakala, l’observatoire était bien visible, minuscule tache blanche miroitant les dernières lueurs du jour. Et s’il y avait un endroit de Maui qui m’avait laissée sur ma faim, c’était bien ce volcan là.

Dès le réveil, inspirant l’air limpide du haut des marches du petit cottage, j’ai vite levé les yeux : Haleakala était entièrement découvert. Le temps de m’étirer, d’avaler quelques fruits, de préparer un sac de randonnée et hop,  j’étais au volant de mon carrosse, en route pour le sommet de l’île à plus de 3000m d’altitude.

Haleakala : la maison du soleil (légende polynésienne du demi-dieu Maui)

Le ciel était clair, le ciel restait clair et dans ma tête, j’étais certaine qu’il resterait clair toute la journée.
Cette fois-ci, il y avait un gardien à l’entrée du parc et j’ai acquitté sans regret les 25 dollars exigés. (Lorsque nous étions montés en fin d’A-M, le gardien avait terminé son horaire et le débiteur de cartes bancaires était hors-fonction)

Après l’entrée, il reste un bon paquets de kilomètres avant le sommet.

En voyant un couple faire du stop au plus mauvais endroit d’un virage, je fus surprise et peu encline à les charger. Il m’a fallu quelques secondes pour constater que j’étais seule sur la route, qu’il n’y avait aucun danger alentours et que tout bien pesé, vu le gigantisme de mon carrosse, il était indécent de les laisser là. J’ai attendu qu’ils me rejoignent en courant, ravis et se confondant en remerciements.
Ils étaient argentins, de Buenos Aires : jeunes, elle portant rasta colorées et tatouages de mauvaise qualité, lui moins spectaculaire dans son apparence et plus effacé dans la conversation.
Nous avons beaucoup discuté et même quasiment philosophé dans un anglo-espagnol tout à fait remarquable. C’était franchement cool.

Au parking, ils sont partis de leur côté vers l’observatoire et moi, du mien : dans le volcan.

Rien n’avait changé depuis le jour où je l’avais découvert, sinon l’orientation des rayons du soleil.
Les couleurs, l’air léger, les reliefs, tout dans « la maison du soleil » me tendait les bras et j’étais impatiente de dépasser le seuil déjà franchi la semaine d’avant.

Il serait totalement vain d’essayer la moindre description permettant d’en mettre plein la vue. Les photographies elles-mêmes sont tellement plates, tellement trop petites, tellement dépourvues de matières.
Là-bas, la palette des couleurs est incroyable : du bleu au noir, du vert au rouge, de l’ocre au blanc, de la transparence limpide de l’air aux reflets irisés de la lave, de l’argent des rares plantes au doré de la terre, du velours des sables infiniment affinés aux pics acérés des sculptures éoliennes.
Là-bas, c’est un paysage à 360° et des sensations des pieds à la tête.
C’est indescriptible, comme tous ces lieux où se rejoignent la terre et le ciel, le tonnerre du feu et l’ombre du silence, l’histoire d’hier et de demain.

Je m’y suis promenée libre, planant de ci de là, comme sous l’effet d’une drogue puissante.

Parfois, à deux endroits précisément, deux ou trois personnes sont passées ou stationnaient. C’étaient des français. Parler était comme une manière de redescendre sur terre tout en pensant déjà au décollage suivant.
C’étaient des français venant d’Amérique pour les premiers et de Nice pour les second.
Le volcan et la route d’Hana sont les deux endroits incontournables pour ceux qui « font » Maui en deux-trois jours. Ce qui est certain, c’est que ces français là étaient allés plus loin que les autres touristes et ça m’a fait plaisir.

Tout a une fin, même les « voyages » entre deux mondes.
Prendre une autre dose, c’est prendre le risque de se perdre, il faut toujours savoir arrêter. Redescendre, s’incliner sont des nécessités dictées par le rythme de la vie, par les vagues, par le cycle du soleil, par l’appel de la faim aussi.

J’ai enfourché la route, guettant le moindre détail, la moindre direction qui pouvait m’appeler pour rester encore un peu.

En bas, j’ai croisé une immense file de voitures au péage.  Un grand nombre de personnes attendaient leur tour de passage pour monter contempler le coucher du soleil. Selon mes calculs, celles qui étaient en queue étaient en retard.
Allaient-elles déjà attendre le lever du soleil ?

Je ne le saurais jamais.

En passant devant le supermarket d’Haiku, j’ai tenté un détour, à la recherche d’une friandise.
J’ai été incapable de rien trouver à la hauteur de ce que je cherchais.
Je ne savais pas ce que je cherchais.

Il était tard.
Je n’avais besoin de rien.

Ensemble

Ensemble

Ensemble, chacun pour soi
Ensemble contre les autres
Ensemble vers ce qui me chante

Ensemble?
Sur quelle échelle?

Il y a dans moi un truc fort et difficile à saisir, un truc qui me rend infiniment triste parfois,
Parfois lorsque je croise, je vois, je lis ces affirmations affirmant que l’autre est « mauvais » ou que l’autre est « bon », que cette personne porte mes valeurs et cette personne ne les porte pas, que « je suis pour ceci et contre cela » et que néanmoins « ensemble » est un mot merveilleux.
Triste?
Est-ce le mot juste?
Oui, définitivement.
Car je suis dans l’incapacité de comprendre.
Dans l’incapacité de comprendre comment il est possible de lier une bienveillance affichée, un goût exprimé pour la paix, de les lier avec l’expression du mépris voire de la détestation envers certains « autres ».
Donc, un malaise m’oppresse
Lorsque s’accumulent ces croisements, ces images, ces lectures.

Je sais, en temps que jardinière, que c’est l’ensemble des pétales qui dessinent la fleur,
Je sais que c’est l’ensemble des fleurs qui forme un massif
Je sais que c’est l’ensemble des habitants qui forme le jardin

Et je sais qu’il y a des indésirables que je chasse,
Et je sais que le dahlia n’a rien de commun avec l’hortensia que l’un ne pousse pas à l’ombre de l’autre,
Et je sais que je règne en tyran sur mon jardin, décidant de ce que je laisse croitre et ce que j’extermine.

Et pourtant, qu’il est doux d’être ensemble
En temps qu’humains vivants sous le même ciel,
Qu’il est doux d’expérimenter ces moments suspendus
Où les différences sont autant de richesses
Dépourvues de jugements.

Et qu’il est douloureux de constater que l’instant file
Et qu’ensemble n’existe pas
Ne survit pas
Plus longtemps que le temps d’une sensation.

Bien sur, il y a les images, les vidéos, les films et les poèmes.

Si loin de la vraie vie
Qui bouge et qui change.

Humeur du jour

Et donc je suis allée à Paris.
Et donc, j’ai rapporté de nouveaux projets.
Et, ça, c’est assez drôle car en ce moment il y a plein de projets qui débarquent.

L’année dernière à la même époque, je faisais le ménage, certaine que j’étais que les boucles était bouclées dans pas mal de domaines.
Là, je sais plus trop.
Un flottement est perceptible, assez semblable avec celui vécu l’année dernière,
A la même époque.
Aussi joyeux qu’il était chagrin, il m’emporte.

Parmi ce débarquement de projets, il y en a qui parlent d’écrire.
C’est le coté comique de ma vie que j’étale aujourd’hui ici et sans  vergogne.
Un comique de répétition.
Ecrire!
Publier!!

Quand le monde de l’édition est plus terrifiant que jamais.

Avec l’avènement de l’impression à la demande, tout se publie, à toute vitesse et sans autre risque que celui  de l’imposture.
Car, si le nombre de titres publié a été multiplié par deux depuis la fin du 20ème siècle, le nombre de lecteurs est à la baisse.
« Il y a énormément de livres qui se vendent à moins de 500 exemplaires, tous éditeurs confondus, de Gallimard à Grasset en passant par P.O.L. Et dans ces livres-là, beaucoup ne dépassent pas les 250 exemplaires vendus. En fait, ce n’est pas rare qu’un livre se vende à moins de 100 exemplaires »

Je suis tellement claire avec ce fait,  et depuis si longtemps que j’en suis venue à modifier la page d’accueil de ce site. Pour mémoire, créé en 2008, cet espace était destiné à promouvoir un titre particulier… Je vous laisse deviner lequel!

Les plus fidèles personnes qui passent ici ne peuvent ignorer la répétition de mes questionnements quasi existentiels au sujet de l’écriture et de la publication.
Ces questionnements naissent logiquement de ma non-crédulité pathologique associée avec une curiosité tout aussi pathologique qui mène à une certaine forme de connaissance.

Mon père disait « la vie est un éternel recommencement » et je me suis appropriée cette petite phrase en la projetant de manière multidimensionnelle  sur l’écran de mon imagination débridée. Une imagination incapable de faire un roman mais super douée pour transformer mon environnement en dessin animé géant, entre humour noir, réalité augmentée et joyeuses comédies. Donc, oui sur une espèce de spirale qui représenterait la vie, il est normal de passer devant la même verticale à chaque enroulement. Toujours la même verticale, mais jamais le même point!

Me voilà donc partie en plongée, en immersion.
Ca se terminera comme ça,
Mais pas au même point!

Alternances


L
e spectacle des iris qui s’épanouissent me ravit.
Il y a d’abord les feuilles, simples, élancées, volontiers diaphanes dans le soleil rasant.
Il y a ensuite le bouton, élancé, simple, épuré.
La fleur s’ouvre d’un coup et il est absolument impossible d’en saisir l’ensemble.
Sa grandeur oblige
Sa symétrie est relative, trois est un chiffre non-pair
Son parfum est subtil, à nul autre pareil.
Puis, la fleur passe, elle se ferme, se recroqueville, sèche et tombe.
Il reste une tige, élancée, simple laissant chanter dans la brise un calice marcescent élégamment froissé.
Vient la fin de saison et l’absence.
De longs mois plus tard
Pointent les nouvelles feuilles
Et l’espoir.

Amoureuse des mots
Je les redoute.
( Redouter, vient de l’ancien français douter, c’est à dire craindre… De quoi élargir la dissertation au sujet du … doute)
Je les crains car je connais leur versatilité,
Je sais leur envol lorsque je les abandonne
Et j’ignore tout du sens
Qui leur sera donné
A l’endroit où ils atterrissent parfois.

Amoureuse des mots
Des fleurs
Du mouvement
De la Vie

Il s’en fallut de peu pour que je laisse aujourd’hui
Seulement une image
En reflet, au sujet de l’alternance
De tout, de chaque vivance et de chaque instant
De cette alternance
Qui fait mon bonheur
Intense.

Femmes, femmes, femmes


Dans Le Monde du 28 avril 2018, il y avait cette double page.
Catherine Vincent a recueilli les propos de Delphine Gardey.
(Chaque mot a son importance, pour avoir été maintes fois sollicitée, je sais ce que signifie « propos recueillis » dans une mise en page façon dialogue…)

Il y a un bon paquet de « brouillons » qui dorment de mon côté de ce blog, il y a aussi une énorme quantité de billets  dont un certain nombre sur ce sujet là : femmes, femmes, femmes.
En tapant par hasard, il y a par exemple En marchant, en pensant
Il y a Adolescence Majeure et/ou aussi 100%féminin

Si je suis globalement mal à l’aise avec les raisonnements strictement binaires, j’accepte facilement certains faits absolument indiscutables, par exemple :
– Toutes les pièces de monnaie, toute les médailles ont un côté pile ET un côté face, l’un étant indissociable de l’autre.
– Dans l’espèce humaine, la reproduction nécessite l’alliance d’un gamète mâle avec un gamète femelle. La manip peut se faire en laboratoire mais le zygote obtenu après fusion entame une division qui le fait passer au statut d’embryon, lequel embryon humain doit OBLIGATOIREMENT être introduit dans un utérus bien préparé pour croitre jusqu’à devenir foetus et un jour voir le jour sous forme de petit d’humain.
De fait si une pièce de monnaie peut s’appeler un sou, et changer de genre au passage, dans l’espèce humaine rien ne permet de changer de genre. Chaque individu produit soit des gamètes mâles, soit des gamètes femelles et seule la femme possède un utérus capable de « couver » convenablement un petit humain.
C’est non discutable.

Pourtant, il suffit d’ouvrir son laptop, la radio ou la télévision pour entendre de drôles de sons de cloches, discordants, cacophoniques.
Des sons de cloches qui chantent l’égalité, des sons de cloches qui affirment la faiblesse de l’un par rapport à l’autre donc la nécessaire protection de l’un sur l’autre, des sons de cloches qui créent de nouveaux genres uniquement basés sur une apparence physico/vestimentaire, etc.

Je dois bien dire que je suis pas très à l’aise quand la musique est à ce point discordante!

Il parait que la société a évolué, que la société est plus ouverte, que la loi donne des droits équivalent aux personnes mâles ou femelles, aux personnes qui désirent se reproduire physiologiquement, aux personnes qui souhaitent assurer leur descendance de manière plus technico-légale, aux personnes qui ne considèrent que l’apparence physico/vestimentaire, à toutes les personnes aussi revendicatrices d’individualité qu’elles soient.
Il parait.
En France, la loi reconnait toutes ces personnes comme citoyennes, ayant un même accès au droit de vote par exemple. Je pense donc qu’il est inutile de faire paraitre la notion de genre sur les papiers d’identité. Puisque sur ce plan citoyen, il n’existe pas de différence, il est non-utile de faire apparaitre une différence administrative. De mon point de vue, ce serait un véritable pas fait vers « l’égalité ».
Et…
Et pourtant, rien ne dit que cette égalité là est souhaitée.
Car il est bon pour certaines personnes de s’affirmer au pouvoir.
Car il est bon pour certaines personnes de s’affirmer « à protéger ».
Et « tout ça » n’a absolument rien à voir avec les gamètes mâles ni femelles.
C’est simplement et de manière sporadique l’exposition d’une certaine hystérie sociétale où il est question de « mise au monde » donc de creuset (utérus, matrice, ὑστέρα à l’origine du mot hysterie)
Car, la réalité, c’est que notre espèce humaine est grégaire et socialement organisée. Il faut obligatoirement une personne à la tête de chaque troupeau.
Et il faut obligatoirement que certaines personnes créent une opposition pour renouveler la tête du pouvoir.

A comme Absolu


Décidément la vie est captivante.

J’aime ses clins d’oeil, les reflets en ricochet, les échos qui rebondissent et l’imprévisible tellement bien organisé.

Hier soir, en compagnie d’un très érudit compagnon, je découvrais le vent mis en scène, le vent testé, mesuré, appliqué, numérisé, le vent « visibilisé »!

« Comment la poussière pourrait-elle s’élever d’elle-même?
…Tu vois pourtant la poussière et pas le vent »

Visiteuse VIP, j’apprenais avec avidité, comme il est si facile d’apprendre dans les yeux des autres, à travers la parole vivante et multidimensionnelle de ceux qui savent.
Apprendre toujours plus et plus loin est une quête, une quête que je ne peux concevoir sans la présence présente des autres.
Alors, après m’être abreuvée directement à leur source, la curiosité peut m’entrainer dans les entrailles de la toile, au milieu des pages des livres spécialisés. J’ai besoin de douter pour préciser, pour avancer, pour enregistrer.
Une question entraine cent questions et c’est avec ravissement que je me laisse emporter dans ces explorations où le temps n’existe plus, car entre l’infiniment petit et l’infiniment grand il est soluble dans sa propre relativité.

Dans le « nuage de tags » visible à côté des billets ici abandonnés, le mot « absolu » arrive en tête non seulement grâce à son « A » mais surtout parce que de nombreux billets sont ainsi « tagués ».
La quête de l’absolu m’habite joyeusement.
Que dis-je?
Elle dirige mes pas, mes recherches, mes actions.
Elle les dirige parce que « c’est comme ça » pour moi.
Et c’est une direction amicale, douce, joyeuse, plaisante à laquelle je me soumets de bonne grâce.

Pourtant, parce que le temps tellement relatif est si drastiquement affiché sur nos montres, il est un fait que des choix s’imposent quand les journées ne font que 24h.

Alors, quand ce matin, une chère amie pose la question « Lit-on toujours pour apprendre? » je me la pose franchement entre quatre yeux.
Et d’autres questions surgissent en réponse.
Des questions au sujet du plaisir, au sujet de mes exigences, au sujet de mes quêtes et de ce qui m’attire inexorablement vers la source, puis la source de la source et encore plus loin, dans tous les sens.
Et je regarde la pile de bouquins sur mon bureau et l’absence remarquable de « romans ».

Les romans, les dessins animés, les films fleurissent spontanément sans que je les convoque. Ils apparaissent, impalpables,  principalement lorsque je marche, lorsque je rame, lorsque mes mains sont occupées à sculpter, à attendre, à bricoler, à jardiner.
Ils sont toujours d’un richesse incroyable, ciselés dans le moindre détail, turbulents, imprévisibles. Je les vis dans une multitude de dimensions qui dépasse largement et celles du papier parfois si parfaitement glacé et celles des images si magnifiquement léchées.

Bien entendu, je lis avec grande bienveillance les ouvrages de littérature, les romans qui me sont offerts ou ceux qui me sautent dans la main de gares en aéroports.
Bien entendu, je vais au cinéma parfois, rendant hommage à quelques réalisateurs de talent qui savent me faire flotter bien au delà de la salle noire.
Mais ce sont autant d’escapades ravissantes qui me ramènent à la quête de l’absolu, cette quête que je conçois uniquement constituée de rencontres « en live », d’expériences sur le terrain et de lectures appliquées.

C’est comme ça depuis si longtemps que je ne cherche plus à me contrarier!

Toujours plus


Tout est résumé par l’image ci-dessus.

C’est un peu court comme texte?

OK.
Toujours plus… nous consommons toujours plus
Toujours plus… nous sommes toujours plus polluants
Le plus loin possible… L’important étant que nous ne voyons rien de nos yeux.

Que les mots sont insuffisants!
Moi qui aime dire « à plus loin » en pensant au ciel et à l’horizon,
Voilà que je parle de « plus loin » en pensant aux ouvriers esclaves qui crèvent, aux lacs de boues toxiques, aux paysages défigurés, aux monceaux d’immondices que nous produisons tous… au loin!

Et oui…
Ce matin, il était question des terres rares dans mon poste de radio préféré.
C’est un sujet à la mode ces jours-ci!
C’est toujours amusant de voir que parfois je suis à la mode, l’espace de quelques jours, en regardant toujours plus loin que le bout de mon nez.
La mode va passer.
Mon nez va rester.

Et puis, sitôt avalé mon premier café,
Comme par hasard
La première « actualité sur laquelle « je tombe » grâce aux algorithmes
Savamment calculés des réseaux sociaux que je consulte sur mon laptop
Dont je ne pourrai me passer
Bien qu’il soit
Bourré de terres rares et alimenté à l’électricité nucléaire
Je tombe donc sur une page d’artisanat d’art
Ventant l’art brut, la matière respectueuse
Respectueusement produite.
Et donc… je découvre des objets de décoration
Certes fort agréables au regard.

Car personne ne mangera dans ces poteries brutes
Aussi belles que celles que j’ai vu en Afrique
Celles qui étaient là-bas « la vaisselle » ordinaire avant que le plastique
Occupe le terrain.
Car personne ne se drapera dans les tissages
Aussi beaux que ceux que j’ai vu dans les montagnes berbères
Ces tissages qui réchauffaient avant que les fringues recyclées
Ne débarquent de chez nous.

Toujours plus
Toujours plus de décoration,
Toujours plus d’inutile
Toujours plus d’utile
Toujours plus de facilité
Toujours plus de confort
Toujours plus de consommation
D’argent échangé
Et d’inconscience de « tout ça »!

Nous sommes simplement, totalement, formidablement humains
Et l’homme est un loup pour l’homme
C’est bien connu.

Et qu’est-ce que je fais de « tout ça »!
Ben…
Logiquement, parce que je vis avec mon temps
Comme ma grand-mère me l’a appris,
Je l’écris sur mon laptop,
Plein de terres rares
Alimenté grâce à l’électricité nucléaire
Afin de stocker mes réflexions en goguette
Dans d’énormes mémoires
Sises dans d’énooooooormes hangars
Qu’il faut réfrigérer
A grand coup de précieuse énergie
Qui coûte
Et bouffe les vies.

Et c’est la vie,
Sans marche arrière possible
Faire plus, c’est toujours plus!

Et… poussent les fleurs

C’est normal,
Il suffit de les écouter!

Ca fait combien d’années que je griffonne sur des papiers?
A l’encre bleue, à l’encre noire
Ca fait combien d’années que je tapote sur un clavier ?
Un clavier qwerty,  un clavier azerty ou un peu paumé
Quelle importance?

Le truc, c’est que je raconte toujours la même chose
D’une manière ou d’une autre
Mais jamais pareil
Parce que le temps est singulier
Toujours différent
Parce que les personnes sont uniques
Jamais les mêmes.
Et puis, je ne sais faire que suivre,
Suivre mes idées, l’air du temps et parfois les gens,
Suivre… vers plus loin!

Ces dernier temps
C’est le printemps

L’an passé en avril,
J’écrivais ça… et plein d’autres réflexions
Puis, j’ai fait le ménage,
Puis j’ai fait imprimer une nouvelle carte avec seulement mon prénom,
Devenant « sans étiquette » et sans nom
Et je me suis sentie super sereine.

C’est que depuis longtemps
Trop longtemps
Si longtemps
J’étais vraiment à l’étroit entre le nom de mon père
Et le nom de mon époux,
Entre une casquette et une autre et d’autres encore
Mais aucune à ma ressemblance
Toutes n’étaient qu’apparences.

Il y avait un bout de temps que j’étais incapable de répondre
A la question « Et? Tu fais quoi? »
(Proposition de traduction : « En fait c’est quoi ton boulot? Ton métier, ta profession, quoi?)
Une question qui est posée en routine
Au point que la réponse n’a pas d’importance
Sûrement pas plus d’importance que le bulletin des prévisions météorologiques
Parce que finalement ce qui compte c’est ce qu’on gagne dans l’histoire.

Comment expliquer en un seul mot ou en cochant une case ce qui me permet de gagner ma vie?
Je sais pas faire.

Après « stare » et « Adèle est née« ,  tout en écoutant pousser les fleurs, en passant de long moments au téléphone ou devant le clavier, en buvant du thé et du café en bonne compagnie, en voyant pleins de projets  non-attendus se dessiner, après deux jours passés à prendre soin du jardin,
J’ai enfin trouvé la réponse.
La réponse qui est celle qui me ressemble et ne rentre dans aucune case.
La « bonne » réponse,
Celle dont tout le monde se moque parce que ce qui est vraiment important c’est d’en savoir plus au sujet des prévisions météorologiques.