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Empreintes et Traces

Je me souviens du jour où C. m’avait invitée pour une deuxième séance photo.

Afin d’illustrer un ouvrage, j’avais sollicité son art et notre connivence : il s’agissait de poser des instants sur pellicule, puis de les transposer sur papier argentique avant de les porter chez l’imprimeur, tout un processus presque désuet qui était d’une grande importance à mon coeur.

Pour l’aventure, elle avait prévu plusieurs rouleaux de 12 poses chacun. Après la première séance, il lui restait un rouleau indemne : douze images potentielles et peut-être aucune.
Nos exigences étaient ce qu’elles étaient.
Elle avait une idée en tête et j’avais envie de la suivre.

Quand je regarde aujourd’hui ce souvenir, il me vient une grande quantité d’émotions joyeuses et intenses.
Ce fut son idée.
Elle avait tout préparé.
Elle avait pensé la mise en scène dans les moindres détails.
Il restait l’imprévu de la lumière
Et celui de l’inspiration du moment précis
Où la pellicule allait être impressionnée.
Moment intensément subtil.

J’ai laissé une trace sur le parquet tout neuf.
Une seule.
Et puis, elle l’a effacé à grande eau.
La séance était terminée.

Il reste l’empreinte de ce passage
Et les émotions qui me traversent en regardant les images
Sont les impalpables reflets de cette empreinte.

Combien de fois, lors de mes randonnées, combien de fois dans chacune de mes aventures, combien de fois me suis-je retournée afin de vérifier que je ne laissais pas de traces?
Ou alors des traces si infimes que le vent et le ciel allaient s’empresser de les effacer…

Empreinte (1)

Pour beaucoup de « bonnes raisons » ce mot là, empreinte, est à mon coeur joyeusement léger et chargé de sens à la fois.
En cherchant dans les articles publiés ce que j’ai déjà raconté à ce sujet, je n’ai pas trouvé grand chose, c’est donc ce billet là que je mets en lien, ce billet là précisément parce qu’il commence à dater, il vient d’un peu loin, empreinte d’un temps déjà dépassé.

Plus récemment, pour une série d’articles commandés un ami avait souhaité poser quelques lignes à mon sujet, et j’avais parlé de cette émotion subtile qui flotte, lorsqu’au passage, une empreinte se découvre
« Marcher dans les immensités minérales, naviguer au milieu des ergs puis reprendre pied sur les espèces de croûtes que le vent dégage à son gré, y apercevoir des fragments de poteries ou de pierres taillées, entendre le murmure des humains qui y sont passés autrefois , toucher leurs empreintes subtiles et penser qu’en un instant, en un souffle, tout cela disparaîtra à nouveau, englouti par le sable…c’est cela qui me donne de l’émotion… l’idée que nous ne sommes que de passage… un passage dans lequel je m’applique à régulièrement faire le tri, n’accumulant ni photos ni papiers…. Je préfère les étoiles, elles sont des parts de mon âme, légères, impalpables, non consumables. »

Ce jour là, je ne me doutais pas que j’allais une fois de plus découvrir des fragments de poteries, dans une autre « immensité minérale », sur une île parcourue passionnément depuis 10 ans.

Une fois encore j’ai noté que nous ne voyons que ce que nous cherchons à voir.

Dans le désert d’erg, marcher seule consistait à naviguer comme dans le brouillard, la moindre aspérité devenant « point fixe » sur lequel je pouvais m’appuyer pour avancer sans perdre la boussole. Regarder au loin, c’était le vertige assuré. Alors, je regardais mes pieds… enfin juste devant mes pieds et quand apparaissaient les empreintes des humains passés, la rencontre était intense, la rencontre provoquait une cascade de reconnaissances qui m’emportait plus loin encore.

Dans le désert de reg, marcher consiste à regarder alternativement au près et au loin afin de choisir les passages les plus praticables. Le « point fixe » est dans ce cas, celui qui donne de l’assurance au pas, le regard vagabonde, va et vient, oubliant les détails qui ne sont pas utiles à la progression.

Il faut alors ralentir et chercher les détails.
Un coquillage à plusieurs kilomètres de la plage devient un indice.
Une collection de coquillages pose question.
Le regard se fait plus aigu.
L’énigme impose son temps.
Alors, si la chance s’invite, des empreintes se révèlent.
Et danse les sens, et vient l’émotion,
Joyeuse, légère
Chargée de sens
Tourbillonnante,
Envoutante.

Et tandis qu’émerveillée, je deviens soudain danseuse sur un fil s’étirant entre le présent et l’infini, entre palpable et impalpable , chante l’interprétation du poème persan de Djalàl Al-Din Rùmi :
« Il a caché le vent et montré la poussière
Comment la poussière pourrait-elle s’élever d’elle-même?
Tu vois pourtant la poussière et pas le vent !.. »

Ainsi est ce que je nomme « empreinte ».
Les mots laissent aussi leur marque,
C’est ce qui les rends tellement importants
Aussi.

A propos de rien

Il parait que je n’ai pas alimenté la page depuis un bout de temps.

Voilà que ce matin, le passage d’un petit rien sur un page des réseaux sociaux m’a donné un souffle d’inspiration et l’envie d’écrire quelques lignes.

Pas simple d’illustrer mon propos, car si « rien » est réellement une absence, rendre l’absence présente, c’est lui donner vie, lui donner sens et donc elle devient « quelque chose », donc autre chose que ce qui saute à l’idée quand le mot « rien » est utilisé.

D’abord, plutôt que de le parodier, je renvoie au merveilleux texte du magnifique Raymond Devos.
Ensuite, comme d’habitude, je vais moi aussi parler pour ne rien dire!

C’est un peu comme le sujet de la gratuité cet « à propos de rien ».

Ce matin donc j’ai lu que des personnes sont spécialistes dans l’offre de « cadeaux pour rien ».

Personnellement, en bonne spécialiste du refus des injonctions, j’ai une forte propension à offrir aux personnes chères des pensées et/ou des objets sans attendre « une occasion officielle ». A noter que je viens d’écrire « personnes chères », donc personnes qui ont un « prix » à mes yeux. J’ai fortement conscience de ce « détail » : la vie en société impose un ordre, un sens, des remerciements parfois, en tout cas quelque chose qui est autre-chose que « rien » et/ou « gratuit ».
Donc…
S’il y a un moment où je suis assez non-patiente c’est bien ce temps qui passe entre l’instant où j’ai envie de faire plaisir à une personne, envie d’envoyer un signe de reconnaissance, voire besoin de signifier un remerciement, et l’instant où mon envie se retrouve en face du besoin précis de la personne « visée ».

J’ai observé que lorsque ce temps s’allonge, mon plaisir initial se dilue.

J’ai observé aussi que les jeunes enfants sont dénués de filtres, ils sont capables de jouer avec un carton et des bouts de ficelle et de dédaigner le « truc » qui était censé leur faire plaisir comme ils sont capables de tout déballer « pour le plaisir » de finalement jeter leur dévolu sur le seul « truc » qui leur fait réellement plaisir dans l’instant.
Néanmoins, afin de les inciter à rentrer dans le cadre sociétal avec les règles inhérentes, les enfants innocents seront sommés de remercier, y compris pour les « trucs » qui ne leur plaisent visiblement pas. Et l’argument sera souvent « c’est pour faire plaisir »!
Ainsi, au fur et à mesure du temps de vie qui s’écoule, les filtres s’élaborent, et il devient de bon ton de « mentir » en affirmant un plaisir là où il n’en existe pas toujours.

Et ce n’est pas rien!

1er octobre 1977


Et oui, en ce jour où pendant des années fut célébrée la fille benjamine d’un horloger et d’une dentellière normande (à la tête d’un « fratrie » de neufs filles dont toutes les survivantes finirent au couvent, le couple fut béatifié en 2008) la mode contemporaine célèbre les salades en tout genre.

Et oui, en 1977, une société typiquement américaine décida de promouvoir la vie, de développer joie et compassion en faisant razzia sur la verdure.
Il fallait y penser!

Et aujourd’hui, en ce bel automne 2019, j’ai ouvert ma page FB pour découvrir les ricochets qui font des ronds sur l’eau du grand fleuve des algorithmes mis au monde histoire de pousser les consommateurs à consommer toujours plus.

Entre amusement et irritation, j’ai lu la cohorte des suiveurs émoi et moi et moi.
Et moi, je me suis dit que ça valait bien un petit billet!
Puisque c’est dans l’air du temps, puisqu’il est de bonne guerre de donner son avis même si tout le monde s’en fout, même si personne ne lit.
Car sur FB, connaissez-vous grand monde qui pousse le vice jusqu’à lire ce que racontent chaque passant sous un lien?
« Alors, moi, je … Moi, je… Nous, on… Chez nous c’est… etc, etc… »

Bon, il suffit d’avoir du temps à perdre, non?

Et bien donc, moi, M O I je pose mon avis ici où il dormira aussi longtemps que le site survivra.

Depuis avant 1977, je n’apprécie pas la viande.
Sans doute avais-je dû ingurgiter trop de « bons » steack dans cet après guerre où les parents jugeaient indispensable pour leurs enfant ce dont ils avaient tellement manqué sous l’occupation.
A moins que je n’aie été dégoutée par ce « rouge saignant » qu’on me faisait avaler comme un remède pour me donner des forces l’année de « maladie » où j’en manquais cruellement au long cours.
A moins que ce ne soit la convergence d’une multitude de petits riens qui m’ait entrainée à ne plus jamais inviter la chair des animaux dans mes repas : un certain pacifisme, une pratique sportive intense, une véritable attirance pour la philosophie indienne en faveur de « la libération », un gout revendiqué pour une certaine « originalité », etc.

Jamais?
Pas tout à fait.

Car, si un jour j’ai laissé les chevaux dans leur pré plutôt que de les embêter avec mes exigences de cavalière, si une certaine non-violence me parait indispensable à chaque détour du quotidien, l’observation du monde m’a appris que les idées simples sont fausses, toujours.
En particulier les idées simplement extrêmes.
Refuser d’honorer un repas préparé avec attention en se drapant dans un « désolée, je mange pas de ça » me parait une explosion de violence inouïe à l’encontre d’un hôte. Et, en temps que voyageuse curieuse, aimante des personnes croisées, je n’ai de cesse que d’engranger tout ce qui alimente mon optimisme en agrandissant la bienveillance à laquelle j’aspire.

Il y a quelques semaines, traversant un village d’Auvergne en fin d’après-midi, j’ai vu devant moi un homme qui portait une brassée d’herbe pour ses lapins. J’allais dans sa direction, mon sac sur le dos, les pensées vagabondes. J’avais grappillé des raisins sur une treille, ramassé une pomme tombée et j’étais riche de bon pain et de fromage local. Mais en cette fin de journée estivale, je n’aurai pas craché sur quelques tomates de jardin, sur quelque salade moins « sauvage » que celle des pissenlits ou de la mauve dont je faisais bombance en chemin.
Alors que j’arrivais à la hauteur de l’homme et que je le saluais, il arrivait devant chez lui.
« Avez-vous besoin d’eau? » me proposa t-il, enchainant avec la sempiternelle question au sujet du chemin que je parcourais.
Et nous avons parlé.
Et il a rempli ma gourde.
Et sa femme est sortie regarder ce qui se passait, interpellée par cette soudaine animation devant sa porte.
Alors, le bonhomme s’est éclipsé sur un « attendez, je reviens » qui laissais pressentir qu’il allait me donner un « truc ».
Je rêvais encore de tomates, de ces tomates que je voyais derrières les grillages des potagers bien entretenus, de ces tomates qui me faisaient saliver en souvenir de celles que j’avais abandonné dans mon jardin nantais.
Alors, le bonhomme est ressorti. Sur sa main bien a plat, il me présentait une belle tranche de lard qu’il venait de couper.
« C’est du bon, c’est moi qui le fabrique. J’ai mis une seule tranche, ça vous fera pour ce soir, j’en mets pas plus car avec cette chaleur « ça » va pas se conserver »
Il souriait de ce sourire étoilé qui nait du don.
je l’ai remercié, du fond du coeur. J’ai soigneusement rangé le trésor et la marche m’a reprise.

Une fois ma tente montée, une fois glissée dans mon duvet, comme chaque soir, j’ai entrepris de me nourrir. J’ai gardé le fromage pour le lendemain et j’ai fait bombance avec le lard.

Ce soir là, je me suis nourrie de bonté, de générosité et d’un sourire plein d’étoiles.
Et c’était juste délicieux.

La Loire, émoi (2)

Pressée par la course de la vie, j’avais assez peu préparé cette randonnée.

Le matin même du départ, j’ai fourré dans mon sac l’indispensable (tente, duvet, matelas, sac à eau, j’ai pesé (afin de « bien » choisir) avec attention les vêtements « de ville » qu’il allait falloir trimballer histoire de voyager décemment à l’aller comme au retour (un collant et une chemise).
J’ai enfilé mes chaussures minimalistes, endossé la micro doudoune sans manches et j’allais fermer la maison quand j’ai réalisé que je n’avais plus une seule montre en état de fonctionnement, sinon celle très prestigieuse qui est réservée aux jours où je joue « la grande dame »!
OK, pas de montre, ça évitera une marque de bronzage, ai-je pensé en souriant.

Pour la première fois, je m’aventurais sur un parcours aléatoire sans l’avoir vraiment réfléchi. Comme d’habitude sans gps ni carte, j’étais définitivement prête pour me perdre et pour vivre très paisiblement ce qui était à vivre.
La Loire était le fil et la raison, c’était largement suffisant pour ma tranquillité d’esprit.

J’avais lu en diagonale que la boucle sur laquelle je m’invitais se marche en 15 jours, en ajoutant un jour pour saluer une copine, j’étais juste!
Comme d’habitude, j’avais oublié un détail : quand je suis seule, je me réveille pour avancer, j’avance jusqu’à l’apparition du crépuscule, je mange froid, je dors et je me réveille pour avancer plus loin. C’est là mon simple bonheur.
De fait, les étapes soigneusement pensées pour les personnes qui sont moins longtemps sur le chemin ne correspondent pas vraiment à mon avancée!

En visitant chaque donjon, en étant affable à chaque occasion, en me « perdant » de nombreuses heures grâce aux variantes du GR, j’étais au sommet de la boucle programmée dès le milieu du cinquième jour.
C’est alors, que j’ai décidé d’aller à la source.

Et c’est en avançant vers « la » source que j’ai pris en pleine face l’illusion d’une source unique, l’illusion d’un commencement tellement confortable pour notre raisonnement binaire d’occidentaux qui ne parlent qu’en termes de début/fin, blanc/noir, bien/mal.

La Loire n’a pas plus de « source » que les autres cours d’eau, elle commence à exister au moment où elle commence à être utilisée par les humains, c’est tout.

Pour une « sauvage » elle est d’ailleurs très apprivoisée, depuis très tôt et depuis très, très longtemps.

J’ai finalement fait demi-tour avant la « source » touristique, l’histoire de Loire que je découvrais était bien plus passionnante que les pancartes aguicheuses, elle m’entrainait plus loin et plus haut sur des pistes que j’avais pressenti et qu’enfin je pouvais expérimenter.

La Loire, émoi (1)

23 septembre 2019

Quand je regarde les images j’entends encore la Loire d’en haut qui fredonne et le frémissement de la végétation sur son passage, le vol des papillons, la danse des oiseaux.
Je respire encore l’air limpide, la couleur de la mousse et les éclats de granit.
Mes doigts se souviennent de la densité du basalte, du mouvement de l’eau, de l’accroche des ronces et du jus des baies.

La Loire de Nantes, troublée par son alliance avec l’océan, à quelques encablures de s’y fondre, déroule son flot chocolat qui se ride où se lisse au fil de son dialogue avec les marées et les vents.

La haut, il y avait de l’enfance, de l’insouciance, de l’espièglerie, des exclamations et des silences quand ici ne subsiste qu’une apparence calme et rangée de fleuve citadin moderne, sous contrôle et totalement géré.

Pourtant de même qu’une petite fille insoumise se complait encore dans mon corps assagi par le temps, La Loire qui passe à Nantes est riche de tout ce qu’elle a rencontré depuis là-haut et n’existe dans toutes ses dimensions qu’à travers son voyage singulier.

A la différence des humains qu’il n’a eu de cesse de relier, le grand fleuve a dessiné une profonde empreinte dans le paysage, de ce genre d’empreinte qui ne s’efface pas si vite que celle du passage d’une personne.
Il n’en est pas fier, ni faussement humble, ni abusivement prétentieux.
Là est toute la différence entre un fleuve et un humain.
La puissance de l’un met en exergue la fragilité de l’autre,
Et pas l’inverse!



Au clair de la lune

Impossible de passer à côté, même en étant dans la lune, de toutes part les médias en parlent : il y a cinquante ans, les gamines de mon âge ont entendu grésiller une langue étrangère dans le poste de radio et c’était un pas de géant pour l’humanité.

Il y a cinquante ans, tout était permis.
En France les femmes mariées n’avaient pas encore obtenu l’autorité parentale mais elles y travaillaient tandis que la pilule enfin légalisée permettait aux plus délurées de chanter « sex, peace and love » sans peur du lendemain.
Dans mon quartier l’épicerie du coin s’était transformée en « libre service » ce qui permettait de dépenser plus en imaginant faire des économies.
Dans nos assiettes, le « congelé » faisait son apparition : le poisson pané était une nouveauté incontournable, tout comme les petits pois, à déguster bien verts et bien craquants sans se fatiguer ni à les cueillir ni à les écosser.
A la maison, il n’y avait ni télévision ni téléphone mais j’avais lu « 2001: l’odyssée de l’espace ».

Tout était permis, surtout les rêves.

Alors, qu’un humain aille se promener sur la lune, c’était à la fois extra-ordinaire et assez normal.

Aujourd’hui, tout est interdit.
La France est pétrifiée de peur.
Peur de tout,
Peur de rien,
Il semble que seule « la loi » puisse rassurer,
La « bonne » loi, évidemment!

Ce qui me fait rire c’est de penser que des gars sont allés sur la lune grâce à l’argent des impôts payés par les américains, les gars ont fait des selfies, ils les ont envoyé au monde entier, puis, ils ont laissé les détritus éparpillés sur place parce que personne n’avait eu l’idée d’aller poser une poubelle sur la lune (trop sauvage le coin, trop loin, trop beau), ils sont remonté dans leur véhicule, et hop, ils sont rentrés en héros et on en parle encore.
C’était tellement « super » que d’autres y sont allés, laissant aussi leurs ordures avant de revenir.
Finalement, c’est exactement comme les touristes qui vont pique-niquer dans un coin désert, ils arrivent avec des sachets pleins de nourriture prête à être ingurgitée, il la bouffent, il se baladent un peu (pas trop loin, c’est fatigant) puis ils laissent leurs détritus (ben oui, c’est trop lourd à remporter, quoi!) et ni vu ni connus…

Vous ne me croyez pas?
Au total, il y a sur la lune 180 tonnes de matos divers abandonnées après six « missions » humaines.
180 tonnes!
Dont trois jeeps, des balles de golf, des sachets d’excréments et d’urines, 12 paires de bottes spatiales et j’en passe.

Et donc, c’est pas grave…
C’est pas plus « grave » que tout le matos en orbite autour de la planète bleue…
C’est normal même.
Ne sont-ce pas des espèces de héros qui laissent trainer « tout ça »?

L’humain est décidément un animal exceptionnel, tellement doué pour produire du superflu en étant convaincu que c’est absolument indispensable.

L’humain est décidément un formidable animal, capable de penser que ce qui est à tout le monde n’est factuellement pas vraiment à quelqu’un, donc probablement à personne et donc disponible pour « tout le monde » mais pas tout à fait parce que « tout le monde » c’est seulement « moi » et surtout pas « le concurrent »!

Allez, la vie est juste merveilleuse,
Je vais lancer un fil jusqu’à la lune, je danserai dessus en riant
Comme je joue sur l’arc en ciel de mes perplexités,
Tranquille et libre dans ma tête,
En cueillant des étoiles de bonheur.

A propos des vacances 2014

C’est le 18 août 2014 que j’ouvrais une nouvelle page d’aventure à l’attention de ceux qui avaient pris l’habitude de me suivre les deux années précédentes.

Comme les deux autres fois, il ne s’agissait ni d’un défi, ni d’un record à établir, il s’agissait une fois encore simplement de « vacances », juste comme je les aime.
J’avais hésité entre plusieurs projets, et finalement je m’étais décidée pour celui qui avait le plus de sens, une fois examiné dans tous les sens.

C’était à nouveau en mer, en solitaire, sans bateau suiveur, sans assistance programmée à terre.
A la différence des autres années, j’avais décidé d’emporter une petite balise car je doutais de la possibilité de pouvoir à tout instant utiliser mon téléphone portable (particulièrement en cas d’urgence) et j’avais ouvert une page facebook spécifique (page aujourd’hui supprimée)

Néanmoins, le principal restait le principal : quelques rares nouvelles relayées par Michel sur les réseaux sociaux, une pagaie, une planche, une bonne femme et quelques bagages.

Alors ???

Et bien, après avoir parcouru debout le grand fleuve sauvage, après avoir longé les côtes du berceau de notre civilisation, j’allais tenter de faire le tour d’un archipel qui fut peut-être cité dans les contes de la mythologie grecque soit sous la forme de « Champs Elyséens », soit sous la forme d’un jardin des « Hespérides ».

Les avis divergent au sujet des « îles fortunées » ou « îles des bienheureux » mais tout le monde semble d’accord pour affirmer qu’elles ont longtemps constitué le « bout du monde occidental » sur les cartes des « terres connues » dans l’antiquité et le moyen-âge.
Les plus proches du continent, donc les premières explorées furent celles qui s’appellent aujourd’hui Fuerteventura et Lanzarote. Los Lobos et La Graciosa allaient aussi faire partie de l’aventure : quatre îles, c’est déjà un archipel !

Le périple n’était pas aussi long que les deux premiers. Cependant, plus que jamais, j’allais devoir me soumettre aux vents et aux vagues. Comme les autres années, je disposais d’un petit mois pour partir et revenir à mon point de départ.

Outre les conditions météorologiques, le principal souci à envisager était celui de l’approvisionnement en vivres et en eau douce.

Je m’apprêtais à réaliser un véritable rêve : allier mon goût pour l’océan avec mon goût pour le désert !

Ce fut fait.

Il est inutile d’en relater les étapes, le risque serait de lasser en racontant toujours la même chose : le bonheur d’être soi au milieu de nulle part!

Le papillon (bis)

J’ai plein d’histoires de papillons.
Comme…
Par ici et par là
Et toujours plus loin
Je suis un papillon
Butinant inlassablement.

Récemment, en vidant la maison dont l’âme de ma mère s’est envolée, j’ai retrouvé ce papillon bijou que je pensais avoir perdu.
Je me souviens avec précision d’un jour où nous étions parties en ville.
J’avais environ l’âge de raison.
Maman avait pris soin de « me faire belle » comme une petite fille modèle à laquelle elle rêvait sans doute. Elle avait donc accroché la petite broche papillon (offerte par ma marraine) sur l’unique manteau que j’ai jamais eu, remonté mes chaussettes et blanchi mes chaussures blanches du dimanche.
Où devions nous aller?
je n’en sais rien.
Ce dont je me souviens c’est que lorsque nous sommes rentrées, le papillon était perdu.

En le retrouvant dans son écrin, j’ai pourtant constaté qu’il n’avait jamais été perdu.
Il y a des mystères,
Des histoires de « grands » qui dépassent l’imagination des enfants.
C’est ainsi.
Les parents font toujours de leur mieux pour emmener les enfants vers la vie dont ils rêvent pour eux, n’est-ce pas ?

En cette période d’examen où des parents annoncent au monde entier la « réussite » de leur rejetons avec force mentions et félicitations comme s’ils se félicitaient eux-même, j’ai une pensée toute particulière pour ces papillons multicolores qui questionnent les parents.

Ces êtres un peu à la marge, toujours lumineux au point d’inquiéter souvent, de semer le trouble toujours, ces merveilleux papillons qui butinent à leur gré, passant d’une fleur à l’autre, par ici et par là, sans s’arrêter sur une recette, fut-elle vantée comme infaillible.
Ils l’ignorent, la recette… ils ont la leur et jamais ne la connaissent vraiment.

Aucune vie n’est vraiment traçable à l’avance.
J’entends les aspirations des « grands » qui se targuent d’éléver « les petits »,
Je comprends avec mes tripes de mère-poule.
Mais je sais
Avec les deux L de mon prénom, je sais tout au fond de mon ventre,
Que les papillons ont besoin de casser eux même leur cocon pour devenir fort,
Pour s’envoler loin dans le sens qui leur va bien
Et je sais que certaines variétés commencent avant les autres!