Archives de l’auteur : Joelle

Plus loin et la relativité

Un chapitre chaque jour, au moins un chapitre!
Quelle raison me pousse à exiger pour moi seule un point final en septembre ?
Est-ce par mimétisme ?
Dix ans après, j’élimine consciencieusement les points de suspensions dont j’avais tellement abusé. Ce qui était encore ouvert aux questions s’est fermé, le temps a fait son oeuvre, d’autres questions sont venues et d’autres points restent suspendus, mais ailleurs!
Face à une prose dont je n’ai jamais été fière, je pointe les tournures malhabiles, les croisements et les défauts en sachant trop bien que je ne suis pas guérie, que j’en commets sans cesse et que dix ans supplémentaires ne procurent pas le talent qui n’existe pas.
C’est à la fois passionnant et riche.
Exaltant.
Le plus loin d’hier est dépassé,
Il fait parti du passé.
J’efface les points de suspension.
Et j’écris tout à neuf.
Tout
Presque tout,
Sans vraiment réussir à déterminer une intention
Sinon celle de tenter
Une fois de plus
Vers plus loin,
Je sais pas où!

Ensemble

Ensemble

Ensemble, chacun pour soi
Ensemble contre les autres
Ensemble vers ce qui me chante

Ensemble?
Sur quelle échelle?

Il y a dans moi un truc fort et difficile à saisir, un truc qui me rend infiniment triste parfois,
Parfois lorsque je croise, je vois, je lis ces affirmations affirmant que l’autre est « mauvais » ou que l’autre est « bon », que cette personne porte mes valeurs et cette personne ne les porte pas, que « je suis pour ceci et contre cela » et que néanmoins « ensemble » est un mot merveilleux.
Triste?
Est-ce le mot juste?
Oui, définitivement.
Car je suis dans l’incapacité de comprendre.
Dans l’incapacité de comprendre comment il est possible de lier une bienveillance affichée, un goût exprimé pour la paix, de les lier avec l’expression du mépris voire de la détestation envers certains « autres ».
Donc, un malaise m’oppresse
Lorsque s’accumulent ces croisements, ces images, ces lectures.

Je sais, en temps que jardinière, que c’est l’ensemble des pétales qui dessinent la fleur,
Je sais que c’est l’ensemble des fleurs qui forme un massif
Je sais que c’est l’ensemble des habitants qui forme le jardin

Et je sais qu’il y a des indésirables que je chasse,
Et je sais que le dahlia n’a rien de commun avec l’hortensia que l’un ne pousse pas à l’ombre de l’autre,
Et je sais que je règne en tyran sur mon jardin, décidant de ce que je laisse croitre et ce que j’extermine.

Et pourtant, qu’il est doux d’être ensemble
En temps qu’humains vivants sous le même ciel,
Qu’il est doux d’expérimenter ces moments suspendus
Où les différences sont autant de richesses
Dépourvues de jugements.

Et qu’il est douloureux de constater que l’instant file
Et qu’ensemble n’existe pas
Ne survit pas
Plus longtemps que le temps d’une sensation.

Bien sur, il y a les images, les vidéos, les films et les poèmes.

Si loin de la vraie vie
Qui bouge et qui change.

Violence


Nul doute que ce mot résonne aux oreilles de chacun.
Violence.
Du latin violentus.
Et instantanément, chacun sens monter une émotion forte en écho d’un ou plusieurs souvenirs, d’une ou plusieurs visions, d’une ou plusieurs lectures, d’une ou plusieurs oeuvres d’art.

Je suis encore incapable de déterminer précisément dans quel ouvrage je me suis lancée.
Je sais que pendant quelques semaines ou quelques mois, chaque nouvelle journée qui s’affichera sur la calendrier m’offrira un moment où il faudra que je me fasse une douce violence pour avancer plus loin sur le projet.

C’est qu’il y a pas moins de 25 chapitres, suivant l’ordre de l’alphabet, de A comme Averti à Z comme Zeste en passant par E comme Empreinte, I comme Idéal et V comme… Violence.

Il y aura peut-être ici quelques éclaboussures ?
Peut-être pas.

Aujourd’hui, j’ai ouvert le chapitre 22 qui commence par V.
V comme Violence.
Oui, je fais ce que je veux, dans l’ordre qui m’inspire, en fonction de ce que je lis, de ce que j’entends, de ce que je ressens.
Il n’y a qu’une limite que je m’impose : faire rentrer chaque chapitre dans un chapitre et éviter d’en faire un livre entier!
Et pour « ça » il faut que j’use de la force et que je me fasse violence!

De la compétition


La compétition!
Encore un mot tellement ouvert qu’il faudrait plusieurs chapitres pour argumenter sans même en venir à bout.
Lutte? Pour qui, pour quoi?
Rivalité? Sur quel sujet? Dans quel objectif?
Interaction? Entre quoi? entre qui?
Et j’en reste à la seule langue française pour éviter d’entrainer mes réflexions sur la voie de la mondialisation, des interprétations parfois hâtives qui compliquent la lecture des ouvrages ré-écrits par les traducteurs.
Car la compétition est partout.
Du commencement à la fin
N’est-ce pas un spermatozoïde et un seul qui pénètre la membrane ovulaire à l’issu d’une course périlleuse où ils sont des millions au départ?

Car qu’est-ce que la vie sinon une lutte de chaque instant et de chacune de nos cellules?
Car qu’est-ce que la vie sinon une interaction constante avec notre environnement?
Car la vie est-elle possible sans rivalités, sans frustrations, sans victoires petites ou grandes?

Hier, il y avait une compétition sportive sur la côte vendéenne.

Nous étions trois joyeux lurons,
Heureux de revoir les copains du monde,
De lancer ces « Salut », « Hi » ou « Ola »
Qui n’ont de fraternels que l’apparence
Dans l’instant des retrouvailles au coeur de l’instant.

Car après l’âpre bataille,
Après les congratulations,
Chacun monte dans sa voiture et revenant à sa vraie vie,
Referme la parenthèse.

Nous étions trois, en marge.
Ravis, joueurs, décontractés.
Quand ceux qui venaient pour en découdre,
Gagner des sous, empocher une sélection
Mesurer le résultat de leur TRAVAIL d’entrainement
Ramaient sur le support officiel,
Nous étions là avec nos va’a!
Ravis, joueurs, décontractés.

Et c’était super délicieux sous le soleil,
Contre le courant de grande marée,
Dans le vent de travers!
Et nous avons conclu en mangeant des frites,
Devant une bière!
Et le plus merveilleux, dans mes yeux,
C’était le réel bonheur de E.T, l’ancien pro
Qui ayant maintes fois repoussé ses limites
Sa battant contre lui-même quand d’autres souhaitaient se battre contre lui,
Qui repoussant encore et toujours ses limites
Dans d’autres aventures,
Nous avait proposé un simple jeu, pour le fun.
Y être, en marge
Sur le même parcours,
En sentir le décor,
Toucher ce « ensemble » tellement addictif
Respecter la mise en scène,
Sans laisser de trace,
Et se sentir libres en même temps.

A la marge… les gars devant, je suis derrière!

Humeur du jour

Et donc je suis allée à Paris.
Et donc, j’ai rapporté de nouveaux projets.
Et, ça, c’est assez drôle car en ce moment il y a plein de projets qui débarquent.

L’année dernière à la même époque, je faisais le ménage, certaine que j’étais que les boucles était bouclées dans pas mal de domaines.
Là, je sais plus trop.
Un flottement est perceptible, assez semblable avec celui vécu l’année dernière,
A la même époque.
Aussi joyeux qu’il était chagrin, il m’emporte.

Parmi ce débarquement de projets, il y en a qui parlent d’écrire.
C’est le coté comique de ma vie que j’étale aujourd’hui ici et sans  vergogne.
Un comique de répétition.
Ecrire!
Publier!!

Quand le monde de l’édition est plus terrifiant que jamais.

Avec l’avènement de l’impression à la demande, tout se publie, à toute vitesse et sans autre risque que celui  de l’imposture.
Car, si le nombre de titres publié a été multiplié par deux depuis la fin du 20ème siècle, le nombre de lecteurs est à la baisse.
« Il y a énormément de livres qui se vendent à moins de 500 exemplaires, tous éditeurs confondus, de Gallimard à Grasset en passant par P.O.L. Et dans ces livres-là, beaucoup ne dépassent pas les 250 exemplaires vendus. En fait, ce n’est pas rare qu’un livre se vende à moins de 100 exemplaires »

Je suis tellement claire avec ce fait,  et depuis si longtemps que j’en suis venue à modifier la page d’accueil de ce site. Pour mémoire, créé en 2008, cet espace était destiné à promouvoir un titre particulier… Je vous laisse deviner lequel!

Les plus fidèles personnes qui passent ici ne peuvent ignorer la répétition de mes questionnements quasi existentiels au sujet de l’écriture et de la publication.
Ces questionnements naissent logiquement de ma non-crédulité pathologique associée avec une curiosité tout aussi pathologique qui mène à une certaine forme de connaissance.

Mon père disait « la vie est un éternel recommencement » et je me suis appropriée cette petite phrase en la projetant de manière multidimensionnelle  sur l’écran de mon imagination débridée. Une imagination incapable de faire un roman mais super douée pour transformer mon environnement en dessin animé géant, entre humour noir, réalité augmentée et joyeuses comédies. Donc, oui sur une espèce de spirale qui représenterait la vie, il est normal de passer devant la même verticale à chaque enroulement. Toujours la même verticale, mais jamais le même point!

Me voilà donc partie en plongée, en immersion.
Ca se terminera comme ça,
Mais pas au même point!

C’est la vie!


Découvrir cette phrase sur FB ce matin était une douce surprise.
Ce livre de C.Bobin qui n’est pas dans ma bibliothèque, je l’ai découvert en septembre, il trainait dans un gite d’étape (voir le lien « escapade 2017 »).
Il est évident que cette phrase précise n’avait aucune chance de m’interpeller à ce moment précis où j’étais tellement remplie par la marche accomplie et tellement loin d’une quelconque fatigue. L’heure était à la lenteur, à l’approche de mon objectif, j’avais même encore ralenti!

J’étais à Paris, vendredi dernier.
Déambulant dans les rues alors que la mission qui m’y avait conduite était réalisée, je me contentais de survivre.
Histoire de grappiller de l’espace humain, je tentais de capter avec insistance la vie des gens que je croisais, la vie des boutiques, des boutiquiers (j’ai acheté des livres…), des passants pressés, errants avec ou sans domicile fixe. Je n’avais que « ça » à faire en attendant le train retour.

Et, voyant les centaines de personnes attablées en terrasse, les centaines de personnes consommant avec compulsion, les centaines de personnes avalant d’improbables aliments, marchant, clavardant, isolées dans leurs bulles, en voyant tous ces gens, en tongs ou collet serré, tous ces gens si différents et cependant « parisiens » je sentais à quel point la capitale est intensément fatigante.
En miroir à ma fatigue intensément ressentie de manière passagère, je compatissais avec toutes ces personnes pour qui « consommer » est le seul remède à leur stress. Consommer plus et plus vite, de tout, de rien sans le moindre repos puisque le repos lui-même est consommable, donc limité.

J’ai traversé Paris à pieds.
J’avais le temps.
J’ai traversé pour commencer le plus grand espace vert parisien : le Père Lachaise.
Les touristes y galopaient, le nez sur le plan qu’ils avaient acheté à la « bonne » entrée.
C’est très agité, le Père Lachaise.
Puis, j’ai longé des rues et des rues, alternant la marche à l’ombre avec la marche au soleil en fonction de mon besoin.
Je suis arrivée à la gare avec trois heures d’avance.

Pour passer le temps, j’ai pris un ticket dans le rayon « guichet-départ ce jour ».
je n’avais que ça à faire.
Arrivée « à mon tour » devant la guichetière désabusée,
J’ai appris ce que je savais, mon billet n’était pas échangeable, il était trop bon marché!
J’avais cependant gagné du temps, environ 30mn pour 20 numéros!
J’ai fait un saut au low-coast alimentaire d’en face, puis une bouteille d’eau dans une main, un infâme sandwich dans l’autre, je suis allée m’asseoir face à la gare.
Depuis le matin et la belle conversation avec mon éditrice, aucun autre mot que « bonjour, merci, bonne journée/bon courage » n’était sorti de ma bouche.
Et là, sur les gradins jonchés de papiers gras et de canettes vides, j’ai observé les échanges entre un black énervé, une ancienne sdf (à ce qu’elle a dit) et un black hyper cool.
Tranquille.
Tranquille en attendant l’heure du train.
Et,
Le black énervé est venu s’asseoir à mon côté.
Et… Ce fut la deuxième conversation de la journée.
Tranquille.
Elle aurait pu devenir interminable.

Puis, l’heure du train est arrivée.
J’étais fatiguée.
Réveillée depuis cinq heures du matin, je pensais à ma couette et à son lointain abris qui ne serraient accessible que sur le coup de minuit.
J’étais fatiguée.
J’ai acheté des bonbons… Le sucre est une drogue puissante qui permet de lutter contre la fatigue… et le stress…

Ce vendredi passé, le temps vécu à non-vivre fut très long à mon goût.
Trop long.
J’avais, longtemps avant, décidé d’économiser sur le prix du billet.
C’était un choix.
La prochaine fois, il faudra me payer cher pour une telle aventure.
J’ai définitivement besoin de vivre dans un espace qui respire une vie plus vive.

Le jardin et la politique


Et hop, dès ces quatre mots posés en guise de titre, mes réflexions s’envolent dans tous les sens alors même que j’imaginais pouvoir ainsi les contenir sous un seul angle.
Car qu’est que le jardin?
Est-il préférable d’utiliser l’article « le » ou l’article « un », et pourquoi pas « les » ou « des »?
Car que signifie le mot politique et d’où vient-il?
Est-il préférable d’y adjoindre un article? Défini ou indéfini?
Car pourquoi utiliser une conjonction de coordination?
Laquelle?
Est-il préférable d’utiliser un signe de ponctuation?
Lequel?

Quatre mots et tant de possibles, tant de visions, cent différences, autant de semblances,
Aucune certitude.

Pourtant je répète que le jardin est un livre ouvert.
Mon livre préféré.
Avec celui de l’océan
Et celui du vent et du ciel
Et tous ces livres où l’ombre et la lumière interdisent
Une lecture en noir sur blanc.

J’imaginais être en mesure d’aborder « le jardin et la politique » comme j’aborde une plage, simplement en pointant l’étrave de ma pirogue dans la « bonne direction », puis en ramant avec détermination.
Las.

Pourtant, ce matin, me sentant despote en pleine possession de mon règne sur le jardin, j’étais au coeur du chapitre politique du ce grand livre.
Sans cesse,  je déplace des populations, j’en détruis certaines, j’en contiens d’autres dans de jolis pots brillants, je rase, je dédaigne, je non-respecte, je protège, je valorise, je porte aux nues je voue aux gémonies, etc.
En deux mots : je règne.

Et si je règne… C’est évidemment pour « le bien » de cette communauté végétale…
Enfin, c’est pour leur bien, parce que leur bien est mon désir, mon plaisir, mon besoin.
Pfff, encore des mots à définir, à préciser, des mots que je joue à pile ou face sans savoir d’avance sur quelle face chacun les verra tomber.

Quelle aventure.
Et, Ô combien j’admire parfois les personnes qui n’ont que noir et blanc dans leur vocabulaire.
Noir et blanc, bien et mal, oui et non.
Et, Ô combien dans le même instant, je suis en joie de n’avoir pas d’autre choix que de ramer sans cesse.
Ramer vers plus loin, vers l’inconnu,
Poussée vers d’inabordable rivages,
Aventurière de cap en cap,
Me délectant de baies accueillantes et de courants contraires, d’eau limpides et de vagues déferlantes,
Inexorablement en mouvement,
Je reste vivante.

Alternances


L
e spectacle des iris qui s’épanouissent me ravit.
Il y a d’abord les feuilles, simples, élancées, volontiers diaphanes dans le soleil rasant.
Il y a ensuite le bouton, élancé, simple, épuré.
La fleur s’ouvre d’un coup et il est absolument impossible d’en saisir l’ensemble.
Sa grandeur oblige
Sa symétrie est relative, trois est un chiffre non-pair
Son parfum est subtil, à nul autre pareil.
Puis, la fleur passe, elle se ferme, se recroqueville, sèche et tombe.
Il reste une tige, élancée, simple laissant chanter dans la brise un calice marcescent élégamment froissé.
Vient la fin de saison et l’absence.
De longs mois plus tard
Pointent les nouvelles feuilles
Et l’espoir.

Amoureuse des mots
Je les redoute.
( Redouter, vient de l’ancien français douter, c’est à dire craindre… De quoi élargir la dissertation au sujet du … doute)
Je les crains car je connais leur versatilité,
Je sais leur envol lorsque je les abandonne
Et j’ignore tout du sens
Qui leur sera donné
A l’endroit où ils atterrissent parfois.

Amoureuse des mots
Des fleurs
Du mouvement
De la Vie

Il s’en fallut de peu pour que je laisse aujourd’hui
Seulement une image
En reflet, au sujet de l’alternance
De tout, de chaque vivance et de chaque instant
De cette alternance
Qui fait mon bonheur
Intense.

Femmes, femmes, femmes


Dans Le Monde du 28 avril 2018, il y avait cette double page.
Catherine Vincent a recueilli les propos de Delphine Gardey.
(Chaque mot a son importance, pour avoir été maintes fois sollicitée, je sais ce que signifie « propos recueillis » dans une mise en page façon dialogue…)

Il y a un bon paquet de « brouillons » qui dorment de mon côté de ce blog, il y a aussi une énorme quantité de billets  dont un certain nombre sur ce sujet là : femmes, femmes, femmes.
En tapant par hasard, il y a par exemple En marchant, en pensant
Il y a Adolescence Majeure et/ou aussi 100%féminin

Si je suis globalement mal à l’aise avec les raisonnements strictement binaires, j’accepte facilement certains faits absolument indiscutables, par exemple :
– Toutes les pièces de monnaie, toute les médailles ont un côté pile ET un côté face, l’un étant indissociable de l’autre.
– Dans l’espèce humaine, la reproduction nécessite l’alliance d’un gamète mâle avec un gamète femelle. La manip peut se faire en laboratoire mais le zygote obtenu après fusion entame une division qui le fait passer au statut d’embryon, lequel embryon humain doit OBLIGATOIREMENT être introduit dans un utérus bien préparé pour croitre jusqu’à devenir foetus et un jour voir le jour sous forme de petit d’humain.
De fait si une pièce de monnaie peut s’appeler un sou, et changer de genre au passage, dans l’espèce humaine rien ne permet de changer de genre. Chaque individu produit soit des gamètes mâles, soit des gamètes femelles et seule la femme possède un utérus capable de « couver » convenablement un petit humain.
C’est non discutable.

Pourtant, il suffit d’ouvrir son laptop, la radio ou la télévision pour entendre de drôles de sons de cloches, discordants, cacophoniques.
Des sons de cloches qui chantent l’égalité, des sons de cloches qui affirment la faiblesse de l’un par rapport à l’autre donc la nécessaire protection de l’un sur l’autre, des sons de cloches qui créent de nouveaux genres uniquement basés sur une apparence physico/vestimentaire, etc.

Je dois bien dire que je suis pas très à l’aise quand la musique est à ce point discordante!

Il parait que la société a évolué, que la société est plus ouverte, que la loi donne des droits équivalent aux personnes mâles ou femelles, aux personnes qui désirent se reproduire physiologiquement, aux personnes qui souhaitent assurer leur descendance de manière plus technico-légale, aux personnes qui ne considèrent que l’apparence physico/vestimentaire, à toutes les personnes aussi revendicatrices d’individualité qu’elles soient.
Il parait.
En France, la loi reconnait toutes ces personnes comme citoyennes, ayant un même accès au droit de vote par exemple. Je pense donc qu’il est inutile de faire paraitre la notion de genre sur les papiers d’identité. Puisque sur ce plan citoyen, il n’existe pas de différence, il est non-utile de faire apparaitre une différence administrative. De mon point de vue, ce serait un véritable pas fait vers « l’égalité ».
Et…
Et pourtant, rien ne dit que cette égalité là est souhaitée.
Car il est bon pour certaines personnes de s’affirmer au pouvoir.
Car il est bon pour certaines personnes de s’affirmer « à protéger ».
Et « tout ça » n’a absolument rien à voir avec les gamètes mâles ni femelles.
C’est simplement et de manière sporadique l’exposition d’une certaine hystérie sociétale où il est question de « mise au monde » donc de creuset (utérus, matrice, ὑστέρα à l’origine du mot hysterie)
Car, la réalité, c’est que notre espèce humaine est grégaire et socialement organisée. Il faut obligatoirement une personne à la tête de chaque troupeau.
Et il faut obligatoirement que certaines personnes créent une opposition pour renouveler la tête du pouvoir.

A comme Absolu


Décidément la vie est captivante.

J’aime ses clins d’oeil, les reflets en ricochet, les échos qui rebondissent et l’imprévisible tellement bien organisé.

Hier soir, en compagnie d’un très érudit compagnon, je découvrais le vent mis en scène, le vent testé, mesuré, appliqué, numérisé, le vent « visibilisé »!

« Comment la poussière pourrait-elle s’élever d’elle-même?
…Tu vois pourtant la poussière et pas le vent »

Visiteuse VIP, j’apprenais avec avidité, comme il est si facile d’apprendre dans les yeux des autres, à travers la parole vivante et multidimensionnelle de ceux qui savent.
Apprendre toujours plus et plus loin est une quête, une quête que je ne peux concevoir sans la présence présente des autres.
Alors, après m’être abreuvée directement à leur source, la curiosité peut m’entrainer dans les entrailles de la toile, au milieu des pages des livres spécialisés. J’ai besoin de douter pour préciser, pour avancer, pour enregistrer.
Une question entraine cent questions et c’est avec ravissement que je me laisse emporter dans ces explorations où le temps n’existe plus, car entre l’infiniment petit et l’infiniment grand il est soluble dans sa propre relativité.

Dans le « nuage de tags » visible à côté des billets ici abandonnés, le mot « absolu » arrive en tête non seulement grâce à son « A » mais surtout parce que de nombreux billets sont ainsi « tagués ».
La quête de l’absolu m’habite joyeusement.
Que dis-je?
Elle dirige mes pas, mes recherches, mes actions.
Elle les dirige parce que « c’est comme ça » pour moi.
Et c’est une direction amicale, douce, joyeuse, plaisante à laquelle je me soumets de bonne grâce.

Pourtant, parce que le temps tellement relatif est si drastiquement affiché sur nos montres, il est un fait que des choix s’imposent quand les journées ne font que 24h.

Alors, quand ce matin, une chère amie pose la question « Lit-on toujours pour apprendre? » je me la pose franchement entre quatre yeux.
Et d’autres questions surgissent en réponse.
Des questions au sujet du plaisir, au sujet de mes exigences, au sujet de mes quêtes et de ce qui m’attire inexorablement vers la source, puis la source de la source et encore plus loin, dans tous les sens.
Et je regarde la pile de bouquins sur mon bureau et l’absence remarquable de « romans ».

Les romans, les dessins animés, les films fleurissent spontanément sans que je les convoque. Ils apparaissent, impalpables,  principalement lorsque je marche, lorsque je rame, lorsque mes mains sont occupées à sculpter, à attendre, à bricoler, à jardiner.
Ils sont toujours d’un richesse incroyable, ciselés dans le moindre détail, turbulents, imprévisibles. Je les vis dans une multitude de dimensions qui dépasse largement et celles du papier parfois si parfaitement glacé et celles des images si magnifiquement léchées.

Bien entendu, je lis avec grande bienveillance les ouvrages de littérature, les romans qui me sont offerts ou ceux qui me sautent dans la main de gares en aéroports.
Bien entendu, je vais au cinéma parfois, rendant hommage à quelques réalisateurs de talent qui savent me faire flotter bien au delà de la salle noire.
Mais ce sont autant d’escapades ravissantes qui me ramènent à la quête de l’absolu, cette quête que je conçois uniquement constituée de rencontres « en live », d’expériences sur le terrain et de lectures appliquées.

C’est comme ça depuis si longtemps que je ne cherche plus à me contrarier!