Archives de catégorie : Orchidées de Loire-Atlantique

Informations préalables

En l’absence de précision, les images présentées sont toujours exclusivement les miennes.
Les photographies ont été faites sur le terrain au fur et à mesure de mes découvertes.
Je dispose selon les circonstances d’un APN Sony cyber shot DSC HX 90V, d’un Iphone 6 ou d’un APN Olympus touch TG 5 , du matos de loisir absolument sans la moindre prétention artistique.

La présentation associée à chaque image demeure succincte, faisant parfois la part belle aux anecdotes.
C’est l’originalité de cette présentation, une parmi tant d’autres.

Pour chaque fleur, il y a un lien vers une fiche de L’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) sur la quelle figure un très grand nombre d’informations.
Les botanistes des siècles passés étaient très souvent des médecins comme expliqué dans ce billet, ainsi, autant que possible j’attache un lien à leur nom afin qu’il soit possible de faire leur connaissance.

Pour certaines espèces, il y a en plus, un lien vers une illustration du 19ème siècle. Je trouve vraiment digne d’intérêt ce lien vers un regard ancestral. La qualité des illustrations, la précision des détails est époustouflante. Aujourd’hui, nous avons tous un APN dans la poche et la technologie contemporaine nous permet de multiplier les clichés, d’agrandir démesurément, d’obtenir sans le moindre réglage manuel une image nette sur un large champ, etc ; et rien de tout cela n’existait au 19ème siècle!

Parfois encore, il y a en bonus, un lien vers un article didactique qui me plait.

Avec cette présentation, j’espère émoustiller la curiosité des curieux de nature.



La collection apparait dans l’ordre d’entrée en scène sur mes « spots » depuis le printemps, jusqu’à l’été.

Ophrys Aranifera

Décrit par William Hudson en 1778

L’Ophrys Araignée ( aussi nommé Oiseau-coquet) apparait dès la fin du mois de mars sur les zones dunaires de nos rivages.
Aux premiers beaux jours du printemps, je me plais à leur rendre visite quand le coefficient de marée me dit que Port aux Anes est le meilleur endroit pour mettre ma pirogue à l’eau et prendre le large.
Les embruns, le sable qui vole, rien ne semble les déranger, elles restent fidèles au poste année après année. Il faut les chercher un peu car les orchis bouffon, qui souvent sont sur le même spot, lui volent la vedette grâce à leur violet flashy. Mais sitôt que nos yeux se programment en sa faveur, c’est vers elle que nous nous penchons à tous les coups!

Les cordons dunaires du nord de la Loire lui plaisent tout autant.

Pleine Floraison en avril. Visible de fin mars à début mai.

Anacamptis morio

Décrit par R.M.Bateman, Pridgeon & M.W.Chase en 1997

Tellement facile à trouver que son statut d’orchidée sauvage passe inaperçu, l’Orchis bouffon (son nom commun) fleurit dès la fin du mois de mars. Elle
Mauve, rose, blanche, parfois bicolore elle est visible de loin, dans les zones qu’elle affectionne. Au début du printemps, l’herbe est encore basse et lui laisse la vedette.

Plutôt tolérante quant à la nature du terrain, elle recule actuellement face à l’embroussaillement des prairies abandonnées, à la fertilisation des prairies utilisées, à la tonte trop précoce des bords de route, à tout ce qui s’appelle globalement « la pression humaine ».

Pleine floraison en Avril.
Possible d’en trouver dans tout le département de fin mars à mi-mai

Orchis Mascula

Décrit par Karl Von Linné en 1755

L’orchis mâle (herbe à la couleuvre) achève la trilogie des orchidées sauvage violettes du printemps ; bien que les trois se déclinent du blanc au violet foncé en passant par le rose, c’est généralement l’impact du violet sur fond vert qui fait que nous les remarquons de loin.
Plus élancé que l’orchis bouffon, plus « costaud » que l’orchis à fleurs lâches, il est reconnaissable sans hésitation grâce à ses feuilles tachetées. Lui aussi fut appelé « Pentecôte » dans la région, allusion certaine à sa période de floraison.

Mon expérience personnelle me fait dire qu’il est moins répandu dans la région que l’orchis bouffon et l’orchis à fleurs lâches. Je l’ai souvent trouvé dans les fossés, à cet endroit où la faucheuse ne parvient pas à tout éradiquer.

Pleine floraison en avril, Visible dans la région de fin mars au 20 mai environ.

Anacamptis Laxiflora

Décrit par R.M.Bateman, Pridgeon & M.W.Chase en 1997

Un peu moins commune que l’orchis bouffon, elle est néanmoins encore assez répandue sur le département.
L’orchis à fleurs lâches est aussi élancée que l’orchis bouffon est compacte, sa couleur se remarque facilement au milieu de la verdure, même dans les herbes plus hautes au moment de sa floraison la plus intense : le moi de mai.
Les anciens du coin se souviennent parfaitement des « pentecôtes » qu’ils cueillaient en brassée dans les champs de leur enfance.
Est-il utile de répéter que l’optimisation agricole a mis à mal les prairies d’antan, celles qui bruissaient du frôlement des insectes, se laissaient enchanter par le vol des papillons et dont les fleurs multicolores constituaient les simples bouquets champêtres qui balançaient au bout des bras des promeneurs du dimanche ?

C’est dans les jardins qu’elles se replient parfois lorsqu’ils sont respectueusement entretenus.
Chez nous, où le fauchage n’est réalisé que très tardivement, elles se multiplient allègrement. Suivant les années, les conditions de pluie et de soleil, elles cohabitent avec l’orchis bouffon au point que les insectes butineurs deviennent les créateurs des hybrides de l’année suivante.
En 2021, la sécheresse printanière ayant réduit la pousse du mois d’avril, les Orchis a fleur lâche ont pris le vedette en mai et aucun hybride n’apparaitra l’année prochaine.

Pleine floraison en mai. Visibles dans le département de fin avril à début juin.

Neotinea Ustulata

Décrit par R.M.Bateman, Pridgeon & M.W.Chase en 1997

Plutôt discrète, l’orchis brûlé, apparait dès le mois d’avril.
Les nantais qui déambulent sur le chemin longeant la Loire après l’Ile Clémentine voient-ils le panneau illustrant sa présence dans le coin?
Rien n’est moins certain.
Et puis, s’il le remarquent, savent-ils où chercher cette fleur modeste, facilement « perdue » au milieu des hautes herbes?
La consigne est passée auprès de la Métropole, le coin pique-nique ne doit pas être fauché avant que la petite plante ait eu la possibilité de lancer sa reproduction et l’herbe fauchée doit être aspirée (et non « mulchée ») afin de ne pas « engraisser » le terrain.

Il m’arrive souvent d’aller, simple plaisir, visiter ce site en quelques coups de manivelles. Dès avril, lorsque j’ai l’impression de me laisser envahir par l’inactivité physique, j’enfourche mon vélo et je vais prendre des nouvelles des orchis brûlés, les voir grandir, s’épanouir et s’étioler.

Et puis, je dois avouer que c’est l’unique espèce du coin que j’ai découvert en compagnie d’un spécialiste.
Voilà qui vaut bien un petit détour par l’anecdote suivante.
En cliquant sporadiquement à la recherche d’un spot à orchidées locales, j’ai un jour débarqué sur une invitation « Découverte des orchidées de Sainte-Luce ».
Peu tournée vers les sorties de groupe, un beau dimanche des années 010, j’ai osé aller me confronter, sans savoir à quoi devoir m’attendre.
Jean-Yves David qui ne se lasse pas de partager sa passion pour les plantes, les oiseaux et particulièrement les orchidées sauvages était notre guide.
Pour commencer, je fus assez déçue de ne rien apprendre de neuf, puis agréablement surprise en découvrant l’orchis brûlé. D’un coup le chemin que j’empruntais uniquement en vélo, tête baissée sur cette section où la Loire est cachée, me révélait une nouvelle facette.
Le meilleur de la journée n’arriva qu’à la fin lorsque, presque taquin, le maitre de cérémonie parla de la présence de la plus belle orchidée de Loire-Atlantique dans le coin. Bien entendu, il resta très évasif sur l’endroit précis.
Ma curiosité ayant été éveillée, je lui posai discrètement la question en achetant son ouvrage, devant le coffre de sa voiture. Sa réponse resta très peu précise.
J’ai pensé en souriant intérieurement, à ces surfeurs qui ne dévoilent pas leur meilleur spot à n’importe qui. Cependant j’avais pris note et en cherchant un peu j’ai trouvé!

Pour revenir à l’orchis brûlé, j’en ai aussi trouvé près de Cholet, mais c’est dans un autre département!

Pleine floraison en mai, visible sur ce spot de fin avril à fin mai.

Dactylorhiza Viridis


Décrit sous Coeloglossum viridis par K.J. Hartmann en 1820 puis sous Dactylorhiza Viridis en 1997 par Bateman, Pridgeon et Chase

L’orchis grenouille, en voilà un que j’ai longtemps cherché.
Il faut dire que sa tenue de camouflage est excellente.

Et peut-être que je l’avais cherché au mauvais endroit, au mauvais moment?
A moins que l’espèce ne soit en train de disparaitre, son milieu de prédilection étant accaparé à des fins d’agriculture finement gérée ?

Toujours est-il qu’un beau matin, le 9 mai 2021, exactement, j’ai trouvé une prairie qui m’a renvoyée dans l’enfance.
Protégée par une haie qui l’entoure efficacement, tendrement bruissante sous la brise, colorée d’une multitudes de fleurs éparpillées, survolée par des nuées de papillons, enchâssée dans une symphonie de trilles d’oiseaux, elle était pour mes sens, comme un enchantement.
Tranquillement charmée, j’ai entrepris de la découvrir pas à pas, systématiquement, en faisant très attention aux empreintes que je posais.
Et soudain, alors que j’ouvrais mon sac pour sortir l’APN et viser un papillon, je l’ai vu.
Fièrement dressé, il s’offrait à mon regard.
Vert certes, mais Orchis des pieds à la tête, en toute simplicité.

Après plusieurs années à la chercher en vain dans des prairies plus lointaines, je le trouvais enfin, pas si loin de mes routes habituelles.

Pleine floraison en Mai, visible dans le département de fin avril à début juin.




Neottia Ovata

Décrite sous le nom de Listera Ovata par Robert Brown en 1813, devient Neottia Ovata en 1837 ( Bluff et Fingerhuth)

La grande listère est une espèce facile à repérer bien que sa couleur puisse en faire douter. C’est certainement grâce aux deux feuilles ovales d’où s’échappe la hampe florale, elle est d’ailleurs aussi nommée Listère à feuille ovales.

Répandue sur l’ensemble du territoire français, donc dans le département.
Elle se plait davantage à l’ombre des arbres mais il n’est pas rare de la trouver au milieu d’une prairie naturelle. En fait, elle n’est pas compliquée et facilement adaptable.

Pleine floraison en mai, couramment visible de fin avril à début juin dans le département.

Orchis Anthropophora

Décrit par Carlo Allioni en 1785

L’orchis homme-pendu est en voie de perdition en Loire-Atlantique.
En 2021, sur le site habituel, je n’ai trouvé que trois malheureux pieds.
Heureusement, un super site ligérien en abrite des centaines de pieds ; optimiste, je me dis que les graines voleront en suivant la Loire un de ces jours pour s’installer sur un bon terrain de chez nous. La nature est parfois tellement surprenante!

C’est au mois de mai qu’il est possible d’aller à sa rencontre dans la région.

Serapias Parviflora

Décrit par Filippo Parlatore en 1837

Les Sérapias à petites fleurs sont implantés dans le département depuis les années 2000. Il est possible d’en trouver dans les dépressions dunaires, en nord Loire et sur la Côte de Jade. C’est une espèce protégée au niveau national, elle demeure vraiment rare.

La floraison est observable pendant le moi de mai