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Sagesse

Qu’est-ce que la sagesse ?

Au fond de mon ventre, c’est l’image d’une petite fille sur une photo d’école maternelle en 1960, sérieuse, les bras croisés sur la table comme on lui avait demandé de faire, bien coiffée, le tablier bien tiré « comme il faut » et regardant bien l’objectif selon la recommandation du photographe… Une image, quoi… Sage comme une image, c’est ce qui me vient en entendant le mot « sagesse ».

Je sais qu’il existe d’autre sens à ce mot, je sais « ça », c’est déjà ça!

Ce matin, je suis partie me balader en me disant que la sagesse, c’est pas mon fort.

Ce matin, il n’y avait pas un souffle de vent sur le village où j’avais dormi.
En dépassant les dernières maisons, je pouvais voir une grande flaque d’eau abandonnée par la marée. elle était aussi lisse qu’un miroir. En suivant mon chemin, je la contournais et en la contournant, je voyais défiler à la surface du miroir aussi bien le paysage alentours que le ciel.
Un oiseau est venu se poser au bord de la flaque, en picorant le sable, il dessina une ride autour de lui, une mini vaguelette qui engendra un autre cercle, en poussant un autre puis un autre, tant et tant que la surface de la flaque en était transformée, marquée par ces cercles absolument concentriques qui finissaient par s’échouer sur le sable.

J’ai marché encore.
Devant moi, les deux éoliennes qui d’habitude, soumises au souffle du vent, tournent de concert étaient immobiles, stoppées chacune dans une direction, semblant attendre que le vent donne à nouveau un ordre fort pour s’aligner et se remettre à tourner.

 

J’ai marché encore.
Pas très loin.
Là, un creux dans les rocher,
Un creux à l’abri des vagues,
Découvert par le jusant
Plein d’une eau parfaitement limpide,
Un creux était là,
Qui m’appelait
Comme si là, se trouvaient toutes les réponses
A toutes les questions
Qui me troublaient.

Une heure plus tard, je faisais surface.
Il était temps de rentrer.

Dans ma tête se côtoyaient, des vagues et un miroir, la lave si noire, le corail tellement blanc, la montagne et le ciel, l’objet et son reflet, l’oiseau qui passe dans le ciel et sur le miroir à la même vitesse et s’efface et reste en mémoire comme les sons, les odeurs, les couleurs, les ombres, les lumières…

J’ai pensé un instant, que peut-être la sagesse n’est rien de plus qu’une recette très personnelle dont chacun garde le secret, une recette qui permet de trouver l’équilibre quand tout s’agite un peu trop fort, une recette qui permet de faire croire aux personnes crédules que rien ne bouge, que tout est simple et lisse comme une image…

Danser sur le fil


Nous sommes à ce jour plus de sept milliards de terriens (population mondiale)

Ce genre de billet mijote depuis des jours et des jours.
Comment essayer d’en partager le fumet quand le nombre d’ingrédients mis dans le bouillon dépasse l’entendement?
Suivant l’air du temps, penchée sur la casserole, je capte une exhalaison plus qu’une autre et tenter d’en décrire les subtilités reviendrait à fausser ce dont j’ai envie de débattre.
Suivant la lumière passante, penchée sur la casserole, je capte certains borborygmes plus que d’autres et décrire ceux qui m’éclatent à la figure reviendrait à fausser la saveur de ce que je ressens.
Que je me penche sur la casserole les pieds sur terre ou la tête dans les étoiles, et mon point de vue se trouve complètement tourneboulé, comment alors poser l’impression de mon vertige sans que le trouble précipitant n’opacifie le propos ?

Car, il est un fait certain : je suis bien debout sur mon fil, debout sur ce fil tendu entre mes paradoxes. Le fil est parfois tendu à la limite de la rupture et il tient cependant et je danse avec joie. D’autre fois, il est d’une souplesse déconcertante, a tel point qu’il est difficile d’y marcher sans risquer un faux pas et cependant je marche.

Vers plus loin…

Nous sommes plus de sept milliards de terriens.

Ce matin, en ouvrant ma fenêtre sur le monde, mon fil est entré en vibration mais je n’ai pas renversé mon café, j’ai tellement l’habitude de gérer l’équilibre malgré les vibrations…

C’est que ce matin, en cliquant sur le programme de « Nature Nomade, le festival Nantais des grands voyageurs » (Je me permets de ré-écrire à ma sauce le titre médiatique  « le festival des grands voyageurs nantais » car il y a surtout des « pas nantais » parmi les invités et je considère que si le festival est bel et bien nantais, les « grands voyageurs » invités ne le sont pas… Pfffff, je me fatigue souvent moi-maime… bref) donc, en ouvrant le programme proposé par un super pote, je suis tombée directement sur Thoreau!
Et alors!
C’est que ce gars là est devenu très à la mode. Je l’ai déjà cité ici même.
Et remarquablement quelque temps après l’avoir cité, j’avais surpris le dernier de mes fils en train d’arpenter la lecture de… Walden!
Alors quoi?

Et bien c’est que nous sommes aujourd’hui plus de sept milliards de terriens!
Et c’est qu’à la mort de Thoreau en 1862, il y avait tout juste un milliard et demi de terriens.
Et je ne parle même pas de la « mise à la mode » de propos prêtés à des « philosophes antiques »  n’ayant laissé de traces que dans la prose de leurs « élèves », lesquels vécurent à une époque lointaine où la population mondiale n’excédait pas quelque centaines de millions de terriens!

Je sais pas ce que « les autres » vivent dans leur for intérieur, qu’il soit plutôt fort ou plutôt faible, mais des trucs tout bêtes « comme ça » me mettent en transe!
Cet acharnement à disséquer ce qui n’existe plus pour tirer des plans sur une comète qu’on ne voit pas me hérisse.
Et tous ces actes tellement « merveilleux » qui consistent à parler de « sauvetage » d’une planète qui ne nous appartient pas à travers les actes bienveillants de personnes qui sautent d’un avion à l’autre (même si parfois ils font du vélo en famille) me troublent comme est flouté l’air agité par la mise en marche des réacteurs des gros porteurs sur les « tarmac » embouteillés des grands aéroports.
Je ne sais pas, mais je sais que pour moi, ce sont des moments où je ne réussis plus à déterminer si j’ai les pieds sur terre ou si j’ai la tête dans les étoiles.

C’est simplement très inconfortable.

L’autre jour, en balade, au coeur de la nature nous parlions de cet inconfort et de la névrose ambiante. Nous en parlions tout en dansant sur nos fils respectifs, l’ami et moi. Et alors que j’avais emporté un sac pour ramasser des champignons, nous ne nous sommes  pas une seule fois baissés pour prélever les détritus qui parsèment la nature. Pire, nous avons plaisanté en notant ostensiblement ce que nous ne faisions pas, en relevant que ni pires ni meilleurs nous étions des humains d’aujourd’hui, simplement humains.
C’est que nous étions en balade poétisante et pas en expédition « nettoyage-commando-pour- sauver-la-planète-sur-facebook ».

Et vous savez quoi ?

Nous étions d’accord sur un fait : c’est parce que nous sommes vraiment conscients de l’abîme qui sépare nos paradoxes que nous sommes  en équilibre variable mais stable.

Plus loin et la relativité

Un chapitre chaque jour, au moins un chapitre!
Quelle raison me pousse à exiger pour moi seule un point final en septembre ?
Est-ce par mimétisme ?
Dix ans après, j’élimine consciencieusement les points de suspensions dont j’avais tellement abusé. Ce qui était encore ouvert aux questions s’est fermé, le temps a fait son oeuvre, d’autres questions sont venues et d’autres points restent suspendus, mais ailleurs!
Face à une prose dont je n’ai jamais été fière, je pointe les tournures malhabiles, les croisements et les défauts en sachant trop bien que je ne suis pas guérie, que j’en commets sans cesse et que dix ans supplémentaires ne procurent pas le talent qui n’existe pas.
C’est à la fois passionnant et riche.
Exaltant.
Le plus loin d’hier est dépassé,
Il fait parti du passé.
J’efface les points de suspension.
Et j’écris tout à neuf.
Tout
Presque tout,
Sans vraiment réussir à déterminer une intention
Sinon celle de tenter
Une fois de plus
Vers plus loin,
Je sais pas où!

Ensemble

Ensemble

Ensemble, chacun pour soi
Ensemble contre les autres
Ensemble vers ce qui me chante

Ensemble?
Sur quelle échelle?

Il y a dans moi un truc fort et difficile à saisir, un truc qui me rend infiniment triste parfois,
Parfois lorsque je croise, je vois, je lis ces affirmations affirmant que l’autre est « mauvais » ou que l’autre est « bon », que cette personne porte mes valeurs et cette personne ne les porte pas, que « je suis pour ceci et contre cela » et que néanmoins « ensemble » est un mot merveilleux.
Triste?
Est-ce le mot juste?
Oui, définitivement.
Car je suis dans l’incapacité de comprendre.
Dans l’incapacité de comprendre comment il est possible de lier une bienveillance affichée, un goût exprimé pour la paix, de les lier avec l’expression du mépris voire de la détestation envers certains « autres ».
Donc, un malaise m’oppresse
Lorsque s’accumulent ces croisements, ces images, ces lectures.

Je sais, en temps que jardinière, que c’est l’ensemble des pétales qui dessinent la fleur,
Je sais que c’est l’ensemble des fleurs qui forme un massif
Je sais que c’est l’ensemble des habitants qui forme le jardin

Et je sais qu’il y a des indésirables que je chasse,
Et je sais que le dahlia n’a rien de commun avec l’hortensia que l’un ne pousse pas à l’ombre de l’autre,
Et je sais que je règne en tyran sur mon jardin, décidant de ce que je laisse croitre et ce que j’extermine.

Et pourtant, qu’il est doux d’être ensemble
En temps qu’humains vivants sous le même ciel,
Qu’il est doux d’expérimenter ces moments suspendus
Où les différences sont autant de richesses
Dépourvues de jugements.

Et qu’il est douloureux de constater que l’instant file
Et qu’ensemble n’existe pas
Ne survit pas
Plus longtemps que le temps d’une sensation.

Bien sur, il y a les images, les vidéos, les films et les poèmes.

Si loin de la vraie vie
Qui bouge et qui change.

A comme Absolu


Décidément la vie est captivante.

J’aime ses clins d’oeil, les reflets en ricochet, les échos qui rebondissent et l’imprévisible tellement bien organisé.

Hier soir, en compagnie d’un très érudit compagnon, je découvrais le vent mis en scène, le vent testé, mesuré, appliqué, numérisé, le vent « visibilisé »!

« Comment la poussière pourrait-elle s’élever d’elle-même?
…Tu vois pourtant la poussière et pas le vent »

Visiteuse VIP, j’apprenais avec avidité, comme il est si facile d’apprendre dans les yeux des autres, à travers la parole vivante et multidimensionnelle de ceux qui savent.
Apprendre toujours plus et plus loin est une quête, une quête que je ne peux concevoir sans la présence présente des autres.
Alors, après m’être abreuvée directement à leur source, la curiosité peut m’entrainer dans les entrailles de la toile, au milieu des pages des livres spécialisés. J’ai besoin de douter pour préciser, pour avancer, pour enregistrer.
Une question entraine cent questions et c’est avec ravissement que je me laisse emporter dans ces explorations où le temps n’existe plus, car entre l’infiniment petit et l’infiniment grand il est soluble dans sa propre relativité.

Dans le « nuage de tags » visible à côté des billets ici abandonnés, le mot « absolu » arrive en tête non seulement grâce à son « A » mais surtout parce que de nombreux billets sont ainsi « tagués ».
La quête de l’absolu m’habite joyeusement.
Que dis-je?
Elle dirige mes pas, mes recherches, mes actions.
Elle les dirige parce que « c’est comme ça » pour moi.
Et c’est une direction amicale, douce, joyeuse, plaisante à laquelle je me soumets de bonne grâce.

Pourtant, parce que le temps tellement relatif est si drastiquement affiché sur nos montres, il est un fait que des choix s’imposent quand les journées ne font que 24h.

Alors, quand ce matin, une chère amie pose la question « Lit-on toujours pour apprendre? » je me la pose franchement entre quatre yeux.
Et d’autres questions surgissent en réponse.
Des questions au sujet du plaisir, au sujet de mes exigences, au sujet de mes quêtes et de ce qui m’attire inexorablement vers la source, puis la source de la source et encore plus loin, dans tous les sens.
Et je regarde la pile de bouquins sur mon bureau et l’absence remarquable de « romans ».

Les romans, les dessins animés, les films fleurissent spontanément sans que je les convoque. Ils apparaissent, impalpables,  principalement lorsque je marche, lorsque je rame, lorsque mes mains sont occupées à sculpter, à attendre, à bricoler, à jardiner.
Ils sont toujours d’un richesse incroyable, ciselés dans le moindre détail, turbulents, imprévisibles. Je les vis dans une multitude de dimensions qui dépasse largement et celles du papier parfois si parfaitement glacé et celles des images si magnifiquement léchées.

Bien entendu, je lis avec grande bienveillance les ouvrages de littérature, les romans qui me sont offerts ou ceux qui me sautent dans la main de gares en aéroports.
Bien entendu, je vais au cinéma parfois, rendant hommage à quelques réalisateurs de talent qui savent me faire flotter bien au delà de la salle noire.
Mais ce sont autant d’escapades ravissantes qui me ramènent à la quête de l’absolu, cette quête que je conçois uniquement constituée de rencontres « en live », d’expériences sur le terrain et de lectures appliquées.

C’est comme ça depuis si longtemps que je ne cherche plus à me contrarier!

La chasse


Rien de mieux pour loisirer que de partir à la chasse.
Loisirer?
Oui, l’opposé de « trepallium », du « travail » tellement à la mode, voire même de l’ouvrage à la sueur du front!
Loisirer, c’est seulement pour le plaisir et c’est totalement inutile.
Loisirer c’est quand le garde-manger est bien plein, quand la maison est bien rangée, quand les papiers sont en ordre.
Alors… Partir à la chasse est très délassant!

Il y a la chasse aux champignons, la chasse aux papillons, la chasse aux belles images, la chasse à rien et en ce moment la chasse aux orchidées sauvages.

Le truc le plus important pour un chasseur sachant chasser, c’est de rapporter une « proie ».
La « proie » est destinée à être partagée afin que chacun puisse « profiter » des talents du chasseur sachant chacher, du chasseur sassant chasser, bref… Du marcheur qui sait ramer!
De « moi-je » en somme!

Et le bonheur actuel est tout entier dans la haute technologie, dans les réseaux sociaux et dans cette possibilité de partage virtuel dont je fais grand usage, en exploratrice chercheuse sageuse que je suis.

J’y retourne aujourd’hui.
Désolée la saison est courte.

Oui, chasser est délassant pour la tête.
Il suffit de marcher en dehors des chemins,
Il suffit de déployer ses antennes
Et de regarder avant de poser les pieds.

Avec quelques indications et un peu de chance,
Au milieu de l’exubérante flore printanière
Se dresse une timide belle
Qui s’en distingue par son absence de souplesse
Par sa prétention à la différence
Par sa présence étonnante
Fascinante
Merveilleuse
Silencieuse.
Alors le temps s’arrête.
La « proie » est là,
Le face à face est impitoyable
il faut choisir la capture ou l’ignorance
Prendre une photo ou aller plus loin.

Parfois comme hier, la chasse est organisée pour profiter du paysage
Dans un endroit que j’aime intensément
Et qui m’embarque dans une énergie ravissante
Forçant mon regard à naviguer entre très loin et très près,
Au dedans même souvent.

Et pour partager aussi un peu du croustillant dont je ne saurais me lasser
Immanquablement
C’est l’aventure.
Quand fatiguée d’essuyer le vent et la pluie, je demande un raccourci
Après trois heures de marche
Quand le brave gars m’indique une direction
Et qu’un sentier se dessine,
Je fonce, confiante.
Et en confiance, j’avance, car le sentier s’ouvre à travers les broussailles.
Pas de soucis pour ma tenue plutôt citadine
Mes sandales de marche assurent le pas et l’absence de sac à dos
Facilite l’avancée.
Et me voilà contournant un plan d’eau
Et me voilà escaladant
Et me voilà traversant la voie ferrée
A un endroit où seuls passent les fugitifs et les animaux
Et me voilà bloquée par un grillage, cherchant la faille
La trouvant et me glissant sous le grillage en rampant
Comme d’autres humains l’ont fait et le feront.
Et La Loire est au bout
Et flotte un sourire
Typiquement joellien!

Les fleurs coupées


Hier, j’ai reçu un bouquet de fleurs coupées, un bouquet de fleuriste.
Les fleuristes sont à chaque coin de rue, mettant un arc en ciel de couleurs forcées dans la grisaille citadine.
Les fleurs « artificielles » sont bien réelles, élevées en nombre parfois à des milliers de kilomètres, envoyées par brassées dans des marchés de gros, entassées dans des seaux afin de contenir leur soif. Leur sort est réglé d’avance, de même que leur stérilité, elle seront finalement  jetées sans considération.

« Wahoooo, c’était pas la peine » ai-je dit comme « ça se fait » en recevant la gerbe craquante de papier cristal.
Et je me suis empressée de rajouter comme pour me convaincre qu’il n’y avait pas d’autre issue:
« J’aime les fleurs, merci » presque rougissante de tant d’hypocrisie polie.

Oui, il m’arrive de confectionner des bouquets quand le jardin regorge de fleurs.
C’est un luxe offert par le jardin, aucune plante n’est sacrifiée. C’est presque un cérémonial que d’aller choisir les fleurs qui passeront au salon plutôt que de rester cachées à mon regard en attendant d’être passées.

Je vais pas en écrire des tonnes, ni raconter l’époque révolue où il était aimable d’apporter une brassée de fleurs du jardin et un cake maison en se rendant à une invitation.
Ces attentions d’un charme désuet étaient propres à la classe manoeuvrière à laquelle j’appartenais, une classe sociale qui se dirigeait déjà vers la moyenne en rêvant de grandeur et de luxe et de bouquets magnifiques comme « dans les châteaux »!
L’iconographie était réduite à l’époque.
Il y avait pour rêver des bouquets « de château » et des bouquets japonais bien trop exotiques pour paraître « beaux » au yeux des braves gens.
Non, je vais m’abstenir d’en écrire des tonnes…

Ce billet vient par là, parce que j’ai reçu un bouquet de fleuriste hier.
Ce billet vient par là parce que l’image  (et la sensation) de « fleurs coupée d’origine indéterminée » est revenue plusieurs fois dans la semaine passée et encore hier soir dans un commentaire ici-même.
Parce que la quête de sens, indispensable pour « aller plus loin », entraine facilement notre société de consommation à s’abreuver à l’eau du vase plutôt qu’à la source.
C’est plus simple, plus rapide et tellement moins complexe que de se relier à l’expérience, aux racines bien ancrées, aux cycles immémoriaux de la nature.
De fait, dans notre hâte, il est fréquent de tomber en admiration devant une fleur « artificielle » coupée de son histoire, d’en prendre soin aussi longtemps qu’elle ne flétrit point, puis de la jeter lorsqu’une autre nous tend les bras.
Il en va de nos certitudes parfois et des affirmations qui en découlent.
C’est une réalité tellement contemporaine.
Nous sommes inondés d’informations, de propositions, de philosophies prêtes à porter et de tant de tentations, nous sommes environnés par tant de modes éclectiques que nous nous trouvons tou(te)s et chacun(e)s bien souvent déconnecté(e)s de nos racines, du « bon » sens et de la réalité impermanente qui forgent notre présent.

O R G A N I S E R

Ah, ce mot!
Chacun l’illustrera à sa manière.

Ce que je peux dire c’est que je suis en ce moment dans la posture de « l’organisatrice » ce qui signifie que je suis en pleine organisation pour organiser!

Organiser!

Et comme d’habitude, il est bien difficile de ranger chaque « élément » dans une boite!
Car, il est question de disposer et de s’arranger le plus harmonieusement possible avec le vent, l’océan, la lune, les gens, etc…
Tant de « choses » absolument non-manipulables.

Comme d’habitude, je regarde les prévisions météorologiques de manière compulsive.
Chaque matin, chaque soir, je fais le tour de tous les sites dédiés connus, reconnus.

Chaque matin, chaque soir, je me raisonne.
Je sais que les prévisions sont basées sur des statistiques, je sais qu’elles se préciseront à l’approche.
Je sais, que quoi que je fasse, c’est le jour J à l’heure dite il faudra composer avec la réalité du moment.

C’est complètement fou ces histoires qui nous pousse à essayer en vain d’organiser ce qui nous échappe encore!
Je me demande encore et toujours quel est ce besoin de sécurité factice qui me pousse à essayer de m’informer au sujet de ce qui n’existe pas encore.
C’est à la fois pesant et enthousiasmant,
A la fois léger et accablant,
Et comme d’habitude, c’est de mon plein gré que j’ai choisi de m’y coller!

La puissance de l’imprévisible

 

C’est mots on résonné fort lorsque j’ai découvert dès sa sortie en France (2007) le bouquin de Nassim Nicholas Taleb : Le cygne noir, la puissance de l’imprévisible.

Lors de chaque passage de vie, lors de chaque aventure, tout en préparant avec une attention à la limite de l’obsession, les moindres détails auxquels je pouvais penser, je gardais une place spéciale pour l’imprévisible, pour tout ce que je ne pouvais absolument pas prévoir.
Ainsi, je suis toujours partie tranquille, ayant fait le tour complet de ce qui pouvait advenir, l’imprévisible compris.

Depuis, les années sont passées, Nassim Nicholas a publié un autres best-sellers en 2013, Antifragile : les bienfaits du désordre, à nouveau chez Les Belles Lettres pour l’édition française.

Donc, résonné ai-je affirmé.
Oui.
Clairement, ces mots sont arrivés sur une zone de ma pensée déjà bien forgée au point de faire: « tilt », c’est exactement « ça »!
Vous savez, c’est ce genre de lumière qui s’allume quand on vous explique un truc que vous avez toujours connu sans jamais avoir songé à le mettre en mots.

L’imprévisible faisait donc partie de ma vie et de mes prévisions sans que j’ai besoin de raisonner, c’était un fait.
C’était un fait aussi dans ma vie de famille, et aussi dans ma vie de maman.
J’ai la chance d’avoir des fils qui vivent fort, pas du tout comme « la norme bien pensante » aime à l’imposer et c’est comme ça depuis leur naissance et c’est savoureux, toujours et encore.

Pourtant, riche de ce savoir, il m’arrive de m’endormir sur la routine. Sans doute est-ce l’âge qui avance et qui tend à m’asseoir sur une certaine satisfaction, à contempler mon nombril assise sur un paquet de temps passé ?
Je ne sais pas.

Voilà que j’ai été pour ainsi dire réveillée ces derniers temps, alors que tout semblait lancé comme sur des roulettes, alors que même le « petit dernier » semblait enfin en route vers plus loin de manière presque commune.
J’ai besoin de voir un « psy » a-t-il déclaré du fond d’un malaise qui l’embourbait.
Mon amour pour les « psy » étant diamétralement opposé à mon goût pour le « laisser vivre » physiologique, c’était vraiment cool de l’entendre me demander « une bonne adresse ».
Le « hasard sauvage » étant ce qu’il est, j’avais une adresse possible, testée et approuvée par une personne qui m’en relatait les moindres détails dont un « détail » de taille : le problème, c’est que « L »  se permet de refuser des accompagnements. Ca me rappelait quelque chose et c’était pour moi un super bon indice.

Et hop l’histoire se lança sur un chemin nouveau tout à fait inconnu.

Et hop, tout se bouscula, simplement parce que le fruit tombe quand il est mur, tout naturellement.
Deux ans plus tôt, c’était « trop tôt », cette fois-ci était la bonne.

L’aventure ne fait que commencer, car « L » décida de rompre avec ses habitudes et sollicita pour « mon petit » une consultation auprès d’une « V » fort overbookée. Ayant absolument horreur de faire rentrer quiconque dans un cadre statistique, et surtout pas la chair de ma chair,  je me suis sentie un peu titillée par cette décision. Heureusement la rencontre s’est faite très rapidement pour aboutir aussi simplement que dans ma vraie vie par le prêt d’un bouquin!
Trooooop bien!

Et hop, l’imprévisible est toujours là.
Fascinant
Merveilleux
Inconnu
Magique
Questionnant, certes
Jamais inquiétant, en fait,
C’est le piment de ma vie!

 

 

Et après?


Quand j’ai posté cette image sur ma page FB, je n’avais pas  imaginé les tourbillons de pensées qui allaient suivre.

Un très bon ami écrivit : « Avancer, et voir sa « marque » qui part en ondes avant de disparaître. C’est pas si mal »
Et illico, je postais : « (…) C’est juste fou, tu n’imagines pas! La trace, l’empreinte et tout ce qu’on laisse traîner, c’est pour moi le centre de tellement de questions qui tournent sans réponses (…) »

A peine avais-je écrit ces quelques mots que tout se bousculait en bon ordre dans ma tête.

La réalité, les métaphores, les histoires de passage, les navigations dans le désert ou sur l’océan, les métaphores encore… et mes cogitations de l’été (particulièrement celle-ci et celles qui suivent, juste avant le départ en randonnée)

C’est une histoire de fou, c’est un entrelacs de paradoxes qui me faisaient alors face, en toute bienveillance et sans le moindre esprit guerrier.
Et très rapidement,  j’assistais à leur dilution dans l’image de ce vortex immobilisé dont j’avais suivi le plus loin possible la disparition.

Pour une fois, j’avais trouvé une réponse!