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Précipitations


Ah combien les précipitations peuvent faire baisser la tête, quand bien même l’herbe alentours est parfaitement verte!

Oui, le jardin m’inspire, c’est certain.

Et tête baissée les gens marchent, foncent parfois.
Et tête baissée, ils tombent dans le panneau, deviennent victimes.
Victimes de « trop vite », victimes de « sans nuance », victimes d’enfermement dans leur microcosme qu’ils voient comme la réalité du monde entier.

Le monde est vaste, large, en mouvement, imprévisible, passionnant, merveilleux, formidable.

Le passé n’existe que par les histoires qu’on s’en fait, l’à venir est inconnu, le présent passe et nous échappe.
Ce qui donne sens à chaque vie, ce sont les projets. Ils se nourrissent de nos histoires passées nous entrainent dans des rêves d’avenir et accaparent le présent.

Chacun ses projets,
Faire des enfants,
Construire une maison,
Changer de peau,
Quand ce n’est pas changer le monde!
Aller plus loin…
Toujours plus loin.

Oui, toujours plus loin.
Mais, pas à pas, à vitesse humaine,
Sans hâte,
Sans précipitation.

Comment avancer?
Comment se trouver?
Sinon en laissant le temps faire son oeuvre lente?

Il est si difficile pour moi de « comprendre » tous ces gens qui s’agitent, attachés aux apparences affichées dans l’air du temps, tous ces gens qui militent (même racine que « militaire » je le rappelle)  un jour dans un camp, dans un autre le suivant, d’un genre puis d’un autre, poursuivant une idée fixe puis une autre, à toute vitesse, à très grande vitesse, formidablement impatients, soumis à la technologie,  accrochés aux voix des autres sans en mesurer l’opportunisme mercantile…

Très chers paradoxes


J’aime résumer l’état de bien-être à un état dans lequel je suis en équilibre entre mes paradoxes.
J’aime aussi affirmer que je suis funambule entre deux mondes : le mien et celui des autres.
Et j’ajoute que plus le fil est tendu plus le mouvement est facile et que sans mouvement, la vie n’existe plus.

Avez vous remarqué que les plus « anti-système », les plus écolos, les plus anarchistes, les plus complotistes, les plus « contre » sont ceux qui utilisent le plus facilement les réseaux sociaux pour s’exprimer, pour rabattre le monde vers leurs sites, leurs croyances, leurs publicités propres?

En écrivant sur ce blog, en acquittant chaque année des droits d’hébergement, je me suis donné les moyen d’une certaine indépendance.

Mais, le monde est ainsi fait qu’il est impossible de lui échapper. Les réseaux sociaux nous captent et eux seuls transmettent des signaux qui nous attrapent à grande vitesse.
Ce matin, j’ai donc lancé un nouvel essai « pour vivre avec mon temps » en pensant à ma grand-mère qui était fière de s’adapter rapidement aux changements apportés par le siècle derniers.
Rien n’est gratuit, je sais qu’en ouvrant un groupe sur FB, je participe au fonctionnement d’un géant, j’impose des publicités à mes lecteurs, je leur mets sous le nez des propositions de « semblables » (là je rigole un peu en imaginant ce que FB peut trouver qui me ressemble!!!), prenant le risque de les inviter à glisser plus loin, plus loin, à s’embourber, à tout abandonner et surtout à m’abandonner, « moi-je »!
Qu’importe, tout est expérimentation et j’aime ça.

Les paradoxes sont les moteurs de notre vivance, c’est un fait et j’avance sans jamais me lasser de les observer.

Ainsi, hier au supermarché, une image surréaliste est entrée dans mon champ de vision.
Une femme jeune, parfaitement maquillée, entièrement drapée dans une « robe » beige d’excellente qualité, une robe qui l’enveloppait de par dessus les cheveux jusque par dessus les pieds, était dans le même rayon que celui où je m’empressais de passer.
Elle prenait son temps, poussant son chariot déjà bien rempli et bavardant « toute seule ».
Toute seule?
Non.
Un magnifique téléphone pommé assorti à sa robe était glissé contre son oreille et fermement maintenu par la grâce des plis de tissus qui enveloppaient sa tête.

Malicieuse, j’imaginais instantanément qu’un être transcendant avait prévu cette situation et avait même transmis ses intentions auprès d’un messager obligeant.
Ainsi cette recette était exclusivement réservée aux femmes afin de leur permettre de bavarder de tout et de rien partout et n’importe quand, y compris au supermarché en poussant un chariot chargé de produits ultra-transformés.
Trop fort!

Pic et pique et colle et crème


Am Stram Gram

Quel étonnement lundi matin à la lecture de ces quelques mots : «  Ah merci mais je l’ai déjà fait ce défi il y a plusieurs mois (…) »
Sur mon écran ça sonnait de deux manières : « j’ai déjà fait bon débarras, faut plus compter sur moi » et « C’est ringard, nous ont a fait « ça » il y a longtemps ».

Ni une ni deux, j’embraye, je passe la première et j’écris ce que je pense.
Ni une ni deux, la réaction tombe, tout en longueur à la suite de « Oui, parce que je n’ai pas pu le terminer  »
Il n’en fallait pas plus pour titiller ma tendance à la prose pimentée.

Il n’en fallait pas plus parce que dans les arcanes de ce qui me sert de disque dur interne, une vague s’était levée, avait déferlé et avait entrainé du ressac qui moussait à son tour.

Me revenaient en pleine face les « chaines » qu’on se passait sous le manteau à l’école et qu’il était raisonnable de craquer tout en tremblant car le mauvais sort nous était promis, juré, craché!
Me revenait le système de vente pyramidale qui fit le succès des boites plastiques. L’illégalité déclarée fait qu’on appelle ça du « marketing de réseau » et il y a aujourd’hui des clients à la pelle pour de multiples commerces.
Je pensais aussi à cette tendance très à la mode sur les réseaux sociaux : publier une pub, nommer un « ami » et espérer gagner un gros lot.

Et pourtant, ce lundi là il n’était question ni de « mauvais sort », ni de vente, ni de gain mais plutôt d’un jeu
D’un jeu un peu particulier puisque c’est le genre de jeu dans lequel on ne se lance pas spontanément.
Un jeu qui fait appelle au lien amical, genre « allez, fait le pour moi »
C’est un peu comme dans la cours de récréation, il y a toujours un gamin pour lancer une idée et embarquer les autres « Et… Si on jouait à ça? ». Et pour plein de « bonnes raisons, on joue à « ça »!
Je me souviens de la cours de récréation, ça me gavait souvent les jeux des autres, mais comment être avec les autres en refusant leurs invitations?
Pas facile quand on est gamin.
J’avais besoin d’être appréciée, je n’avais guère de choix : incapable de « faire la chef », je devais suivre.

Bon, soyons clairs, il y a bien longtemps que les personnes en lien ce lundi (à travers de leurs écrans) ont dépassé l’âge de la cours de récré!

Ce qui m’a interpelé, c’est la prise en compte très sérieuse d’une notion d’engagement sur la durée, le poids de la notion de challenge (un challenge est quelque chose de nouveau et difficile qui requiert beaucoup d’effort et de détermination), voire de défi (action de provoquer quelqu’un en combat singulier).
Ces différentes notions sont des expérimentations à faire (ou à éviter, c’est selon chacun) dans la vraie vie, me semble t-il.
Comment est-ce possible de confondre la vraie vie et la virtualité de nos écrans?

Inutile de battre la crème, au risque de la transformer en beurre… C’est glissant le beurre, non?

Ces petits jeux amicaux, ces engagements qui n’engagent pas plus loin que quelques clics du bout du doigt, sont autant d’éclairages de nos reflets. De mon point de vue, c’est aussi certain qu’impalpable.

 

Pas croire et faire croire


Ca remonte aux entrailles de mon enfance.
Ca : LA question!
La question qui est là.
La question entière, là dans mon ventre, dans ma tête, parfois tellement obsédante.
Elle est là, cette question, elle est là depuis que je raisonne, depuis que tout résonne en moi, depuis si loin dans l’enfance.
Elle est la suivante : pourquoi certaines personnes, pourquoi tant de personnes s’astreignent-elles à faire croire aux autres ce à quoi elles ne croient pas elles-mêmes?

Aujourd’hui, avec le temps qui a coulé, avec tout ce que j’ai ramassé en passant, je connais des mots qui n’apparaissaient pas dans les livres de contes qui nourrissaient mon imagination galopante, du temps où j’étais reléguée au statut d’enfant.

Aujourd’hui

Il y a beaucoup plus de production, de consommation.
Il y a  tellement plus d’incitation, de prosélytisme.
Il y a internet,  « réseaux sociaux », « info en continu », etc.

Si la question est toujours présente, le monde a beaucoup changé autour d’elle.

Aujourd’hui

Je regarde et j’observe le monde alentours, un monde qui semble à la rechercher de merveilleux sur catalogue.
Du merveilleux qui serait produit à la chaine?
Mais, alors ce n’est plus vraiment du merveilleux si c’est reproductible, maitrisé, non extra-ordinaire?
Il faudrait donc « y » croire pour s’y fondre dans ce « merveilleux à la carte »?
Et il y aurait plein d’équipes super informées au sujet de nos capacités « à croire », des équipes qui ne croient en rien d’autre qu’à la production de « croyances » à la pelle ?
Et au delà du papier glacé, au delà des écrans géants ou minuscules, il n’y aurait rien d’autres que le néant?
Rien de merveilleux?
Rien de dramatique non plus d’ailleurs!

Je regarde autour de moi et j’observe le monde en faisant un gros plan sur de délicieuses personnes que je connais.
Il ne fait aucun doute que la vraie vie les caresse, les écorche, les entraine parfois très haut, parfois très bas.
Je vois des enfants qui s’émerveillent d’un rien.
Et je vois des enfants déjà vieux, enfermés par les cadres. La face bleuie par le reflet de leur écran, ils pourraient sembler morts.

Les paroles d’une chanson s’imposent tandis que je clavarde, elle dit « ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux« .  Je me souviens de l’époque où il se racontait que des gens crédules avaient vraiment ouvert des cages, laissant sortir de pauvres proies sans défenses…

Je me souviens combien j’étais l’oiseau sauvage enfermé.
C’est à moi qu’il fallait ouvrir la porte vers la liberté de découvrir le monde.
Et je l’ai fait.
Et je reste viscéralement méfiante.
J’ai probablement toujours porté deux ailes invisibles, deux ailes capables de me transporter dans un monde parallèle.

Me reviennent aussi les poèmes de « Paroles »  le recueil de Monsieur Prévert qui m’a longtemps accompagné : les oiseaux étaient pour lui un symbole de liberté…

J’ai appris très tard à aimer les oiseaux
je le regrette un peu
mais maintenant tout est arrangé
on s’est compris
ils ne s’occupent pas de moi
je ne m’occupe pas d’eux
je les regarde
je les laisse faire
tous les oiseaux font de leur mieux

100% féminin


La photo date de 1920.
Ma grand-mère âgée de 19 ans pose avec son premier enfant.
Un fil qui restera unique.

Hier, sur « le mur » d’une amie, je lisais une discussion où il était question d’apparence féminine.
L’attitude des mâles était l’objet de la controverse sur le ton « c’est toujours eux qui décident ».
En filigrane, je lisais ce que je déteste lire, une espèce de théorie du complot selon laquelle les femmes seraient de « pauvres petites choses » soumises à la contrainte de « l’autre genre ».

Il était vain de tenter toute « réaction » sur ce mur, j’ai gardé l’idée de ce petit billet sous le coude.

Car, un mystère a longtemps préoccupé les cerveaux des « savants », ces personnes du « bon genre » qui ont fait couler tant d’encre pour définir un statut aux humaines si différentes d’eux.
Différentes car non pourvue d’appendice extérieur.
Différentes car fluettes de voix.
Différentes car d’un tour de taille fluctuant.
Différentes pour plein de « bonnes raisons », de manière très factuelle.
Ce mystère,
Ce mystère quel était-il?

Ce mystère, c’est que ces personnes si différentes donnaient naissance à des enfants différents d’elles, à des enfants pourvu d’un appendice bien visible et plein de promesses.

Ce fait a engendré beaucoup, beaucoup de réflexions et d’actions parmi ceux qui désiraient se reproduire à l’identique et qui n’avaient pas d’autre choix que l’acceptation.

L’acceptation des faits.

Nous sommes tou(te)s né(e)s avec une étiquette « 100% made in femme » collée au corps.

 

 

La quadrature du cercle enfin réalisée

Chercher la quadrature du cercle passionne les mathématiciens depuis l’antiquité et continue à faire couler de l’encre.
Chercher la pierre philosophale passionna les alchimistes depuis l’antiquité jusqu’à l’apparition de la chimie moderne, mais on en parle encore.

Et voilà que je croise cette affiche publicitaire alléchante qui me prouve que tout est possible, la quadrature du cercle comme la transmutation des métaux.

Parce que, vous l’avouerez, une boite de conserve au goût de conserve fabriquée dans une usine ultra moderne, même une boite « nouvelle à l’ancienne », c’est toujours une boite de conserve au goût de conserve fabriquée dans une usine ultra-moderne.
La différence n’est qu’une différence de prix!
Et il est bien probable que de nombreuses personnes vont succomber à la tentation ce qui potentialise la transformation du plomb en or!

Il est certain que cette affiche fut réjouissante à rencontrer, plus que tout autre.
La publicité va de paire avec la consommation, elle explose sous nos yeux jusque sur nos tablettes, nos téléphones, dans les moindres recoins.
Il est difficile d’y échapper.
Elle sait merveilleusement se faire subliminale, au point de nous atteindre dans les méandres de notre inconscient, au point de modifier notre bon sens en profondeur.

Il y a un bon bout de temps que je me gausse avec bienveillance de toutes ces modes « à l’ancienne », dans tous les domaines, de toutes ces modes qui totalement innovantes et contemporaines et intrinsèquement liées à notre société d’aujourd’hui surfent sur la nostalgie d’un paradis perdu.
Alors, voir les antonymes s’afficher, en si gros et côte à côte, sous mes yeux stimula mon imagination au plus haut degré.
Et les digressions allèrent bon train, c’est sans dire.

Ce qui me rend triste, c’est toujours la même chose : les personnes les plus crédules sont les personnes les plus fragiles, à moins que ce ne soit l’inverse.
Car rien ne touche davantage que l’expression minimaliste.
Dans un monde complexe, il est rassurant de se raccrocher aux pensées simplistes.

Je suis assez fan des oxymores dans ma prose, parce que la surprise (pour les personnes sensibles aux figures de style) permet de mettre de la poésie dans le propos comme un clair obscur dans un photographie.
Je sais aussi que manié à propos, il souligne l’absurdité de manière très abrupte.

Bref… C’était la photo du jour!

🙂

De cette actualité instantanée et durable à la fois

« Qu’est-ce que l’éternité ? Pas un temps infini (car alors ce serait terriblement ennuyeux) mais un présent qui reste présent. C’est donc le présent même, dont nous sommes ordinairement séparés par le regret ou la nostalgie, l’espoir ou la crainte. L’éternité n’est pas l’immuabilité, mais la perduration toujours actuelle du devenir. Non la permanence, mais l’impermanence en acte et en vérité ! Il ne s’agit pas de vivre dans l’instant, ce que nul ne peut, mais d’habiter le présent qui dure et change. Quel que jour qu’on soit, c’est toujours aujourd’hui. Quelle que soit l’heure, c’est toujours maintenant. Et ce perpétuel maintenant est l’éternité même. C’est cela, que la philosophie m’a aidé à penser, la méditation m’aide à le vivre, y compris quand je fais tout autre chose que méditer ! On ne court le plus souvent qu’après l’avenir. Mais on ne court qu’au présent. »
Entretiens entre André Comte-Sponville et François L’Yvonnet, C’est chose tendre que la vie, Albin Michel, 2015, ISBN 978-2226314895

La routine a repris.
Après être passée par « Les matins » de France Culture, c’est l’heure du café.
Là, je parcours les réseaux sociaux comme j’ouvrirais une fenêtre sur le monde.

Et c’est (presque) toujours un moment triste, un moment qui m’émotionne du côté de la souffrance. Il arrive que j’ai besoin de réagir et le mur sur lequel « ça » tombe peut parfois trembler, bien que je fasse toujours tout pour me retenir.

C’est que j’ai beaucoup de difficultés à accepter le vide exposé sur les réseaux sociaux.
Et quand le vide fait le plein, c’est à la limite du supportable pour « moi-je ».
C’est d’autant plus difficile lorsque je le vois ce genre d’affichage sur la page d’une personne que j’estime pour son intelligence, son sens critique, son regard large.

Que se passe t-il donc?

Sur le plan pratique, je retire du fil d’actualité les personnes qui me font trop souvent bondir, de fait la publicité s’installe à leur place.
Et de fait, je reste calme.
Mais de fait, ma fenêtre est moins ouverte.

Que se passe t-il donc?

Sur un autre plan, je m’interroge.
Par quel tour de magie, par quelle intention, une information instantanée peut-elle durer et se propager, sans varier d’une once, pendant des heures, des jours parfois?
Jusqu’à l’essoufflement.
Jusqu’à ce qu’une autre information instantanée prenne la pas, anéantissant la précédente, la jetant aux oubliettes sans la moindre considération pour le temps d’affichage dont elle a courageusement fait preuve.

Et petit à petit je comprends que c’est le fil virtuel trop impalpable entre instantané/fragile et durable/certain qui me fait souffrir.

Ce qui se propage sur les réseaux sociaux à grand coup d’émoticônes et de partages compulsifs ne correspond en rien au présent et pourtant un sacré paquet de monde veut croire que c’est le présent.

Je peux pas.

Va où tes yeux te mènent

 

C’était au siècle dernier, mes cheveux étaient encore auburn très foncé.
Pour une unique aventure et pour la seule fois de toute ma vie sportive, j’avais accepté l’idée de servir de panneau de publicité.
Il faut dire que le slogan était tout à fait acceptable : « Va où tes yeux te mènent »

Hier, dans la nuit, je cherchais un titre en vue d’un billet du jour. Cette petite phrase est arrivée, ramenant à ma mémoire une époque révolue, celle des jours où je courais éperdument, où les photographies étaient encore stockées sur papier glacé et où personne n’imaginait qu’arriverait aujourd’hui et son inondation de selfies impalpables.

Voilà pour l’anecdote.

Va où tes yeux te mènent.

Tous les enfants gardent le souvenir de cette injonction qui leur interdit de montrer du doigt dès qu’ils ont atteint « l’âge de raison ».
Car les bambins n’ont de cesse que de pointer leur doigt.
Et les adultes raisonnables n’ont de cesse que de nommer ce qu’ils imaginent voir au bout.
Et ils le font sans jamais se mettre à la hauteur du regard du bambin.
Il faudrait pour le faire se baisser, se courber, s’incliner.
Il faudrait pour le faire avoir du temps à perdre, serait-ce vraiment raisonnable ?
Je ne sais pas.

Ce que je sais de manière certaine, c’est que mes yeux m’entrainent , me mènent dans des dédales très personnels.
Ce que je sais, c’est que chacun ne peut voir que ce qu’il cherche, et que sans la curiosité aiguisée du gamin qui dort en nous, il est facile de se recroqueviller dans un monde « sécuritaire » où tout est repéré, « connu » et reconnu comme prévisible. Il y a dans cette attitude quelque chose de l’ordre de la croyance.
Croire est tellement rassurant, que la plupart des enfants finissent par croire tout ce que racontent leurs parents, ce que les autres disent, ce qui se dit, etc…

Ce que je sais, en plus, c’est que les arcanes de mes pensées s’enrichissent chaque jour grâce à ceux et celles qui m’offrent leurs regards et m’invitent à chercher plus loin, dans d’autres sens.

Va où tes yeux te mènent.

Déjà, à l’époque lointaine de la photo d’hier, je trouvais dans le moindre galet parfaitement lissé toute une histoire à raconter, le temps ne fait qu’apporter d’importants détails au courant de l’histoire.
Jamais rien ne se perd, la toile se tisse, infiniment.

Et entre les lignes, il y a

Il y a ce que le bambin pointe du doigt,
Une curiosité jamais satisfaite,

Il y a « mon » monde.