Précipitations


Ah combien les précipitations peuvent faire baisser la tête, quand bien même l’herbe alentours est parfaitement verte!

Oui, le jardin m’inspire, c’est certain.

Et tête baissée les gens marchent, foncent parfois.
Et tête baissée, ils tombent dans le panneau, deviennent victimes.
Victimes de « trop vite », victimes de « sans nuance », victimes d’enfermement dans leur microcosme qu’ils voient comme la réalité du monde entier.

Le monde est vaste, large, en mouvement, imprévisible, passionnant, merveilleux, formidable.

Le passé n’existe que par les histoires qu’on s’en fait, l’à venir est inconnu, le présent passe et nous échappe.
Ce qui donne sens à chaque vie, ce sont les projets. Ils se nourrissent de nos histoires passées nous entrainent dans des rêves d’avenir et accaparent le présent.

Chacun ses projets,
Faire des enfants,
Construire une maison,
Changer de peau,
Quand ce n’est pas changer le monde!
Aller plus loin…
Toujours plus loin.

Oui, toujours plus loin.
Mais, pas à pas, à vitesse humaine,
Sans hâte,
Sans précipitation.

Comment avancer?
Comment se trouver?
Sinon en laissant le temps faire son oeuvre lente?

Il est si difficile pour moi de « comprendre » tous ces gens qui s’agitent, attachés aux apparences affichées dans l’air du temps, tous ces gens qui militent (même racine que « militaire » je le rappelle)  un jour dans un camp, dans un autre le suivant, d’un genre puis d’un autre, poursuivant une idée fixe puis une autre, à toute vitesse, à très grande vitesse, formidablement impatients, soumis à la technologie,  accrochés aux voix des autres sans en mesurer l’opportunisme mercantile…

9 réflexions sur « Précipitations »

  1. Joelle Auteur de l’article

    « Encore faudrait-il ne pas juger » ai-je lu dans ton commentaire!
    C’est fou le nombre d’interdictions que nous sommes capables de nous imposer.
    Pour quelle raison éviter le jugement?
    Comment avancer, aller plus loin sans regarder attentivement chaque détail, sans établir un jugement qui empêche de rester assis, soit confortable sur des lauriers ou inconfortable sur des épines?
    Ce qui bloque toute discussion actuellement (socialement parlant par exemple pour aborder l’actualité brulante) C’est autre chose que le jugement binaire et dénué de nuances, c’est le refus d’avancer : c’est le goût, parfois exacerbé pour certains, de camper sur leurs positions. Celui qui est contre, fait tout ce qui est en son pouvoir pour rester « contre », allant parfois jusqu’à tourner sa veste autant de fois que nécessaire!
    Donc, oui, si juger signifie s’opposer, se positionner infiniment afin de rester « contre », il est évident que toute avancée vers un plus loin, même encore utopique, est impossible.
    Donc, oui, si juger signifie examiner en conscience, chercher ce qui grince, lever les freins, proposer un chemin, alors juger est indispensable!
    🙂

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    1. Frédérique

      Malheureusement trop souvent quand *moi-je* juge, il s’agit du jugement d’opposition 🙁 de l’autre ou de moi-même. La critique destructive qui ne fait en rien avancer. J’essaie d’éradiquer cela, mais parfois j’échoue.
      Le travail de juger « en conscience » est tout autre et c’est celui que j’essaie d’appliquer, le cas échéant, quand j’essaie de comprendre l’autre. Mais après réflexion, je me rends compte que je préfère de loin observer l’autre plutôt que d’essayer de le comprendre, de le saisir.

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  2. Kamaïa

    En te lisant, j’ai lu un étrange écho de ce que tu avais posé sur mon espace au sujet des projets qui prennent vie et dont la réalisation donne un sens à la vie et accapare le présent. J’ignore du coup quel message a précédé l’autre et ça biaise un peu ma lecture 🙂 mais je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir concernée voire interpelée. 🙂

    Opportunisme mercantile…?

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    1. Joelle Auteur de l’article

      Coucou Kamaïa,
      Oui, plusieurs faisceaux ont convergé pour réaliser ce billet. Et ils ont fusé chacun de leur côté le jour même où j’ai commenté ton actualité dans un espace trop étroit pour disserter longuement.
      Il y a eu la notion de projet et la nécessité vitale de faire des projets, oui.
      Et puis, le même jour, il pleuvait fort (donc j’ai vu les fleurs tête baissée), et puis le même jour encore, j’ai lu des messages militants, en les lisant, j’ai entendu les moutons crier au loup avant même qu’aucun loup ne soit à l’horizon (oui, l’herbe est verte mais « on » la croit toujours plus verte au loin ou « dans le temps »). J’ai noté cette précipitation là.
      Ensuite, tu peux imaginer que mille idées sont venues s’agglutiner en exemple et il est devenu indispensable de poser les mots pour les organiser un peu.
      Si tu as lu les commentaires récents, tu as certainement noté qu’il s’agit toujours et en premier de comprendre mon propre fonctionnement, en plongeant mon regard , en touchant ma réflexion dans le miroir des autres.
      Et puis, comme je l’ai noté sur la page du groupe, devant la multitude des idées en vadrouille, j’ai laissé passer le temps de l’évaporation, je sais que le temps fait son oeuvre, je sais aussi qu’il est vain d’écrire en longueur, que les gens n’ont pas le temps et surtout que je suis sans réelle importance dans leur vie qui danse fort .
      Quelques jours plus tard, j’ai repris le brouillon, j’ai concentré, j’ai lissé.
      Et je constate aujourd’hui que ce billet est « étonnant », que pour toi « il interpelle » et ça me fait plaisir de vous lire.
      🙂
      L’aspect mercantile? Il faudrait que je dilue encore davantage. Il y a tant à dire, à expliquer, à faire toucher à ce sujet. Il y a un article déjà ancien au sujet de la gratuité, peut-être pourrais-je en dessiner un nouveau?
      Le fait est que nous commerçons toujours, en premier entre moi et moi-je, entre notre ange noir et notre ange blanc, entre l’abordable et ce qui semble impossible. Ensuite vient le commerce sur le grand marché sociétal consumériste où, puisque nous avons relégué les plus simples boulots aux antipodes, nous créons chaque jour des services, c’est à dire que de nombreuses personnes gagnent leur pain quotidien (et parfois mille fois plus) en parlant, en caressant dans le sens du poil, parce que caresser dans le sens du poil attire les clients et agrandit leur rôle jusqu’à le rendre indispensable, voire (et c’est parfois une simple conséquence du lobbying) légalement obligatoire.
      Donc oui, c’est évident, de nombreuses personnes en quête de projet se trouvent précipitées entre les mains d’autres personnes « hautement recommandées par les « ami(e)s » en errance dans un microcosme qui les lient. Et beaucoup y sacrifient leur personne propre en alimentant le fond de commerce de ceux/celles qui sont en apparence sensé les « aider »! Ainsi va la vie des humains.
      J’aime ce monde et je suis super heureuse d’y habiter, entendons nous bien.
      Je suis même certaine que je l’aime parce que j’en vois plein de facettes, plein d’éclats multicolores entre blanc-gris et gris très foncé. 😉
      De fait, il n’y a que des observations, des questions, des compréhensions ardues, incomplètes et aucun jugement.
      Aucun jugement sinon vis à vis de ma personne… Interroger sans cesse, partager mon trouble vital est-ce vraiment nécessaire? Autrement dit, n’est-ce pas risquer de « faire mal » ou de mal faire? Je prends le risque en me disant que les passants sont libres de se laisser toucher ou non… Et hop, il y a une nouvelle dissertation philosophique qui pointe, que je garderai ou non posées dans les arcanes des multiples mémoires à ma disposition.
      🙂
      Life is a gift! For sure!
      Enjoy!

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  3. Sophie

    L’echo serait un juste retour, car tes articles nourrissent ma réflexion et m’apportent un regard qui m’aide sans aucun doute à mieux comprendre ceux qui m’entourent, ce monde dans lequel on vit et finalement tu as raison, à mieux ME comprendre.
    Alors voici mon tout petit écho du lundi soir

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  4. Frédérique

    Ce billet est étonnant.
    Pourquoi chercher à comprendre « tous ces gens qui s’agitent, attachés aux apparences affichées dans l’air du temps, tous ces gens qui militent (…) un jour dans un camp, dans un autre le suivant (…) » ?

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    1. Joelle Auteur de l’article

      « Ce billet est étonnant »
      En lisant cette première phrase, un frisson me parcourt : alors, donc, ce billet que je pensais trop lissé, ce billet est étonnant!
      Wahoooo. Ca me plait bien.

      « Pourquoi chercher à comprendre (…)? »
      Comprendre…

      En premier, il faut faire un tour de la lexicographie, rentrer dans le mot, explorer ses racines les plus profondes.
      Ensuite, peut-être faut-il avoir à l’esprit l’une de mes convictions la plus solidement ancrée : dans « les autres », c’est moi, c’est mon propre fonctionnement que je regarde, que je découvre, que je cherche, que je questionne, que je critique, que je corrige, que j’interpelle, qui me fascine, etc…

      Pourquoi chercher à comprendre ce qui me semble incompréhensible, difficile à comprendre?

      En as-tu une idée maintenant?
      😉

      J’ajoute…
      Je pense que comprendre c’est aussi « entrer dans l’inconnu » à moins que ce ne soit apprivoiser l’inconnu, voire faire du connu avec de l’inconnu. … Et ensuite, seulement ensuite, la bienveillance peut s’exercer.

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      1. Frédérique

        Je prends le temps pour répondre :-), comme je l’ai pris pour laisser infuser ta réponse.

        La lecture de ton commentaire m’a éclairée. Ce billet est étonnant car, loin d’être trop lissé, j’avais beaucoup de mal à en voir la finalité : essayer de comprendre les autres m’est parfois tellement douloureux. Sûrement parce qu’ils me renvoient à moi-même, comme tu l’évoques, mais à des parties de moi-même que je refuse de voir, manifestement.
        Quel exercice semé d’embûches ! Car pour accéder à la bienveillance, encore faudrait-il ne pas juger, ni ce que me renvoie l’autre, ni moi-même. Pffff… je n’ai pas atteint ce stade, encore… 🙁 La solution de facilité que j’ai trouvé est de laisser glisser sur moi, surtout quand l’écho est très, trop, fort. OK, ça ressemble à la politique de l’autruche 😀 Mais parfois, je ne sais comment faire autrement…

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