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Liberté et Individualisme

Liberté et individualisme!
C’est un sujet d’actualité.

En 1992, Robin Dunbar publiait une étude dans laquelle il « définissait » un nombre idéal d’individus pouvant s’entendre au sein d’un groupe. Au delà de ce nombre (évalué entre 100 et 230 pour l’humain) il est nécessaire d’envisager une structure lourde, hiérarchisée, gouvernementale et il y a inévitablement des mécontents.
Nous en somme arrivés à cette structure lourde au niveau mondial, très lourde tant les humains se sont multipliés selon une courbe exponentielle.

La société qui protégeait les individus semble, à entendre certains, être devenue dictatoriale au point de les empêcher d’exprimer librement leurs particularités individuelles.
Il suffit de regarder naitre chaque année les nouveaux groupes sensés défendre de nouvelles particularités pour en être convaincu.
Ainsi en créant des petits groupes l’espoir existe de pouvoir s’entendre.
Que le groupe s’agrandisse trop au delà du nombre de Dunbar et hop, une sécession devient inéluctable et ceux-là mêmes qui ne cessent d’exiger « une société démocratique » (concept assez flou qui serait à définir) s’empressent de mettre en oeuvre un règne qui déteste « l’autre », juge arbitrairement et détourne toute tentative de discussion pour se draper dans des croyances/certitudes extrêmement rigides.

Le mot « liberté » est porté haut sans autre définition, sans essai de le situer dans un environnement, sans essai de hiérarchisation des échelles…de liberté.
Ce mot, à la manière du verbe « aimer » est définitivement malade, à force d’être utilisé à tort et à travers, il ne signifie plus rien.
Le mot « individualisme », lui, n’apparait jamais sur les banderoles portées lors des défilés de rue. Les personnes circulant groupées ont peut-être l’impression (trompeuse) de faire partie d’un collectif?

Personnellement, je reste « un homme comme les autres » avec mes points forts et mes points faibles. Très récemment, dans un magazine sportif, il fut fait allusion à ma personne, d’abord au féminin quand il s’agissait d’abriter et d’apporter du réconfort, puis au masculin quand il s’agissait de reconnaitre un statut… d’aventurier. Cette anecdote est venue confirmer mon point de vue singulier : je suis un homme comme les autres, un individu, une personne que les autres adaptent à leur point de vue individuel en fonction de ce qui fait sens pour eux. Cette « liberté » là, de penser et de parler existe bel et bien.
De même la société est une réalité.
En temps qu’individu, nous avons chacun besoin de la société pour survivre, pour apprendre, pour exister même.
Et chaque société, depuis la nuit des temps, pose des règles et des lois. Chaque société construit ces règles et ces lois sur des croyances et des partis pris, toujours afin de maintenir un équilibre protecteur. Evidemment, règles et lois reposent sur un discours dominant toujours critiquable, même depuis l’avènement de la « démocratie » dans nos contrées, car il s’agit de définir « ensemble » le moins pire pour le plus grand nombre, donc jamais le meilleur pour chaque individu.
Pourtant chacun reste libre de chercher le meilleur pour lui-même.
Seul.

A propos de balade à thème

Toute action entreprise doit avoir un sens, une direction, une intention.

Incapable je suis d’agir par habitude ou parce que c’est « comme ça », j’ai besoin de sens.
Partir un mois, partir un jour, sortir à côté ou voyager au loin est, et fut toujours, la conséquence d’une réflexion complexe, d’une recherche attentive, d’un choix qui laisse de côté tous les autres. Cependant, je ne pose aucune attente particulière sinon une patiente attente d’être surprise, attente qui germe sur une intense curiosité au sujet de l’heure de venue d’un imprévisible certain.
Après ces quelques lignes, j’ai pensé que forcément « tout le monde » à besoin de sens, que forcément il ne viendrait à l’idée de « personne » de poser un pied devant l’autre sans avoir préalablement choisit une direction, ne serait-ce que celle qui consiste à suivre un mouvement venant des autres.
Alors, je me suis regardée en train d’écrire pour ne rien dire!

Et pourtant j’ai envie d’écrire un truc juste à la sortie de ce printemps 2021, le deuxième printemps sous le règne de Sras-Cov-2ème (un sacré tas d’ARN qui en distribuant une maladie nommée COVID19 fait la loi dans le monde entier), car c’est bien en raison des restrictions imposées, restrictions pesant sur la recherche de sens, que j’ai dû organiser mes balades.
Quand tout semble figé dans la dualité, j’ai besoin de bouger pour ouvrir mon point de vue.
Quand le tempo est à l’enfermement, j’ai besoin d’air.
Non seulement je suis incapable de m’habituer aux contraintes mais en plus, certaine qu’il est absolument nécessaire de ne jamais s’y habituer, je cherche chaque faille, aussi petite soit-elle, pour aller chercher la lumière.
Quand le ron-ron des réseaux sociaux oscille entre ronpour et roncontre, à une cadence ininterrompue, parfaitement rythmée, quasi hypnotique, c’est vers la complexité du dehors que j’ai besoin d’aller, comme un besoin viscéral d’échapper à l’apparente simplicité d’une captivante série de télé-réalité à succès populaire.

Dans ce contexte,
Tenir un thème qui me ressemble,
Un thème qui me rassemble est essentiel.
Un thème dans la distance impartie.
Les orchidées sauvages?
Yes, les orchidées sauvages!

Alors, chaque sortie devint une recherche.
Alors le temps s’est écoulé passionnément.
Passion
Patience
Patience.

Et lorsque l’horizon s’est ouvert, lorsque les balades ont pu s’imaginer au bout de quelques heures de route en voiture, en l’absence du moindre stress*, j’ai poursuivi ma quête plus loin, au delà du département, au delà de la région.
J’ai ainsi marché des heures.
J’ai ainsi marché, certains jours, du lever au coucher du soleil.
Chaque fois, je scrutais alentour, intensément, sans toujours savoir ce qui devait accrocher mon regard sinon l’invisible au regard commun. (Je pense par exemple au Liparis de Loesel ou à l’Orchis grenouille)
Parfois, souvent, je fus attirée par des connaissances, émerveillantes, impossibles à ignorer. Je me laissais charmer, incapable de résister à l’envie d’immortaliser la belle dans une image, peut-être pour simplement prolonger l’instant en posant mon sac, en contemplant les robes, en me perdant dans la perfection des graphismes, en respirant des parfums subtils, en admirant une capacité d’adaptation échappant aux algorithmes machinaux.
Et je marchais plus loin.
Remettant au lendemain une rencontre improbable.
Ou,
Tout à la joie d’avoir déjà trouvé, à nouveau tournée vers une autre recherche.

Juillet est arrivé sans crier gare et les plantes de printemps sont maintenant en graines. Préparant un prochain printemps, elles m’invitent déjà, porteuses d’un sens certain, bien plus grand, bien plus loin.

J’ai encore besoin de chercher, j’ai encore besoin d’être curieuse, je n’aurai jamais « tout compris », tout m’apparait extrêmement complexe, me dépassant toujours et c’est vraiment ce qui me fascine et m’attire et me tient debout.

Et… n’est-ce pas au final, comme « par hasard », le tissage d’une histoire de graines, de laborieux jardinage, de récolte et de récolte à partager ?

* Stress : oui, parce que durant ces deux années écoulées, plus encore que par le passé, j’ai ressenti au long cours combien pèse la sensation de « transgresser la norme imposée ». Quand bien même la transgression demeure paisible, non militante, pacifique donc, et respectueuse d’autrui, elle impose à mon animalité humaine un certain effort, donc un certain stress d’effort simplement parce qu’en temps qu’animal grégaire, je suis principalement programmée pour suivre le troupeau.
Un vaste sujet à méditer dans tous les sens.

Entre hier et demain

C’est absolument constant, nous vivons entre hier et demain.
Entre l’instant d’avant et l’instant d’après nous allons, imperturbablement perchés sur le fil tendu entre nos paradoxes, entre là-bas et plus loin.

Et pourtant, le monde s’agite, se débat entre les guerres qui définissent des gagnants et des perdants, des guerres toutes aussi légitimes les unes que les autres puisqu’il est toujours question de se défendre, uniquement de se défendre, coûte que coûte.

A côté de ça, de grandes dégoulinades utopistes remplies de bisounours, de licornes, de petits coeurs virtuels ou de chatons scintillants disent que nous sommes également importants, que le monde est solidaire, que la paix est un objectif, que etc.

Je suis entre le paragraphe1 et le paragraphe 2 et je suis là aussi.

Hier, je suis restée de longues minutes au pied de grands arbres encore dénudés par l’hiver.
Les racines dans l’eau, les troncs enveloppés de mousses, il s’étirent vers le ciel et attiraient mon regard.
Une étrange cacophonie s’était emparée du lieu et en y prêtant attention, il était possible de distinguer des claquements de bec, des frôlements d’ailes, des frémissements de branches, le tout au milieu du concert des hérons huant à tue-tête.

Au début, j’étais seule dans la ville, comme égarée sur un chemin de terre trop boueux pour les promeneurs citadins.
Quelques instants plus tôt, je les avais côtoyé, la plupart, dépourvus de bouche et de nez, parlaient cependant, qui à leur compagnon de balade, qui à un invisible correspondant.
Solitaire et démasquée, j’allais mon chemin.
Je savais que c’était le « bon » moment pour aller assister au ballet des grands hérons.

L’instant d’après, j’avais décollé, incapable de sentir où se situaient mes limites corporelles, j’étais comme immobilisée, accaparée par tous mes sens, plantée dans l’essentiel.
Et puis une voix m’a fait atterrir : un homme était posé à côté et il disait : « C’est le meilleur endroit. C’est beau, hein? Ils sont en train de retaper leur nid. »

J’ai sorti mon smartphone, capté 8 secondes de vidéo, envoyé les images vers « my story » d’un réseau qu’on dit social et j’ai pris le chemin de retour.

Demain, à cette heure, il est hautement probable que je serai dans l’image qui précède ce texte, ou plutôt dans le paysage mouvant et sonore qui fut immobilisé l’année dernière, il y a plus d’un an, alors que personne au monde ne pouvait imaginer que nous serions aujourd’hui dans la monde tel qu’il nous semble aujourd’hui.
C’est assez fascinant à observer.
Passionnant.

C’est la troisième fois que je vais décoller en avion depuis la dernière fois du mois de février 2020.
Cette fois-ci, en plus d’avoir dû générer un QR Code spécifique, il a fallu aller se faire gratter la fosse nano-pharingée et attendre le résultat. Après avoir été soulagée de voir le vol maintenu, il fallait dépasser ce « test » pour commencer à penser que le décollage allait pouvoir se faire.
Pour l’instant mon carnet jaune de vaccination international ne vaut rien sinon pour la fièvre jaune, logique : jaune = jaune
Puisque nous sommes tous égaux de cette égalité d’état qui figure aux frontons des mairies de France et de Navarre, il va bien falloir que je sois solidaire avec mes compagnons de voyage et comme eux, je vais subir un nouveau grattage de la fosse nano-pharingée pour avoir le droit de revenir dans quinze jours.
C’est le prix à payer.
Ca me fait rire
Un peu jaune quand même!

Aujourd’hui, je suis entre hier et demain.
Il faut vivre avec son temps disait ma grand-mère.
Je suis maintenant grand-mère.
Et je répète : vivons avec notre temps, en paix avec nous-même, dans notre temps.

Samedi 20-02-2021
Trop longtemps après la sortie du grand confinement, trop longtemps après l’entrée dans un interminable carême sans horizon, trop longtemps depuis l’avènement de SRAS-Cov-2ème. 
Les médias soufflent le chaud et le froid, ne sachant sur quel pied danser pour garder leur audience. La mode est aux Variants et à la Vaccination, il reste maintenant W, X, Y et Z.
La suite est toujours plus loin.

Vive l’aventure!

Chaque année, je prends un soin particulier en préparant des aventures à nulles autres pareilles, j’évalue les parcours, les accidents de terrain, les possibilités de trouver de l’eau, de la nourriture, de me perdre, de me blesser, bref, de prendre des risques que d’autres ne prendraient pas.

Pour cette année, j’ai pas encore trouvé.

En attendant, voilà que « le hasard » m’a offert la possibilité de vivre un « truc » simple, à la porté de tout un chacun. En y réfléchissant l’idée qui s’est agrandie fut la suivante : ce qui est important c’est l’extra-ordinaire, si pour moi il est ordinaire d’aller ramer sur l’océan seule, en pirogue polynésienne, un jour de soleil glacial, il est parfois extra-ordinaire de me conduire « normalement »!
Et cette idée a tout de suite mis du piment dans la sauce.
Donc,
Comme d’habitude, j’ai méticuleusement préparé mon aventure. J’ai méticuleusement évalué les risques et j’ai même envisagé l’imprévisible. 

La force de l’expérience faisant que j’ai survécu à pas mal de prises de risque.
– A l’ingurgitation de kilos de bonbons gélatineux dont le goût est parfois explosif, de délicieux bonbons mélangeant sans honte du sucre bien bien sucré avec de la gélatine et pire des additifs comme par exemple du 2-hydroxy-1-(4-sulfonate-1-naphtylazo)-6,8-naphtalène disulfonate trisodique.
– A la décoration de mon corps, parfois loin des « salons » ripolinés et sans jamais connaître la composition des encres qui s’incrustaient dans ma peau.
– Et tant et tant, comme, accessoirement aller acheter au comptant ma dose de N-(4-hydroxyphényl)acétamide + polyvinylpyrrolidone + sodiumcarboxyméthylamidone + amidon prégélatinisé + magnésium stéarate + talc chez le dealer officiel du coin de la rue.

Bref, je suis de nature confiante.

Alors, je suis partie à l’aventure, faire « comme tout le monde » alors que paradoxalement, dans cette histoire, j’ai simplement l’impression d’être un colibri marginal.

J’ai bravement coché les cases qu’on me demandait de cocher pour obtenir « la » dose promise. Sans en avoir une preuve vraiment scientifique, j’ai même déclaré une absence de réaction allergique à « ACL-0315 ((4hydroxybutyl) azanediyl)bis(hexane-6,1-diyl)bis(2-hexyldecanoate) » et consoeurs.

Moi qui regarde attentivement les étiquettes qui précisent l’origine biologique des carottes qui vont dans ma soupe, moi qui lit passionnément les listes de produits naturellement chimiques contenus dans les mixtures qui n’empêchent pas d’avoir la peau ridée, j’ose affirmer que j’ai été un peu légère sur ce coup là. 

Certains pourront alléguer que j’avais tellement besoin de prendre des risques, pour un peu d’adrénaline au milieu de la grisaille, que je me suis laissée aveugler. Bien sûr, j’ai une pensée pour l’ensemble des « éveillleurs de conscience » qui sur un ton aussi paternalisant que bienveillant savent si bien mettre en garde sur l’air de « Tu viendras pas te plaindre, je t’ai prévenue » !

Oui, j’ai toujours été rebelle !
Et aventurière.

Donc, profitant d’un passe-droit, aujourd’hui j’ai couru vers l’ancienne gare routière.

A l’instant où j’écris, je ne suis pas encore fluorescente et je ne ressens rien.
C’est normal.
L’aventure, ça se vit dans l’instant, une fois que c’est fait… C’est fait !

Je regrette seulement un truc, c’est de n’avoir pas pu profiter de la dérogation de sortie après le couvre-feu!
Franchement partager la ville déserte avec les livreurs de pizzas et les promeneurs de chiens, c’est aussi de l’extra-ordinaire, non?

Lundi 11 janvier 2021, trop longtemps après la sortie du grand confinement, trop longtemps après l’entrée dans un interminable carême sans horizon, trop longtemps depuis l’avènement de SRAS-Cov-2ème. 
Les médias soufflent le chaud et le froid, ne sachant sur quel pied danser pour garder leur audience.
La suite est toujours plus loin.

Là où la terre s’achève


Ce matin, j’ai marché aussi loin que possible, sortant des chemins bien pavés pour aller là où la terre s’achève, tout au bout de l’île.
C’est là que, les jours de grâce où je peux aller sur l’eau à la rame, c’est là que j’attends la « reverse » afin de poursuivre à moindre efforts le tour de l’Ile, une balade assez magique sur le grand fleuve, à la fois en ville et loin de la ville.

Là où la terre s’achève.
Là où plus loin oblige à naviguer
Où commence l’inconnu,
Où macèrent les peurs,
Les doutes
Là où la terre s’achève commence
Un autre monde.

Sous le soleil froid de novembre,
Sous les grands arbres dénudés
Dans l’air limpide du matin
Plantée dans la boue laissée par la marée passée,
Je me suis évadée infiniment loin.

Finisterre est l’ultime étape,
A ce qu’il parait.
Mais le slogan breton affirme que tout commence
En Finistère.
Que croire?

Ce matin, je suis allée jusqu’où s’achève la terre!

Dimanche 22 novembre 2020, plus de cinq mois après la sortie du grand confinement, plus de trois semaines après l’entrée dans le carême d’avant Noël décrété au nom du SRAS-Cov-2. Il se dit maintenant que l’Avent approche mais que le carême survivra après les fêtes.
La suite est toujours plus loin.

Liberté, Egalité, Fraternité

Trois mots mâchouillés à toutes les sauces
Ensemble, il constituent la devise des républiques de France et d’Haïti.

Par les temps qui courent, soumis que nous sommes à la présence toute puissante et envahissante du SRAS-Cov-2, le mot « liberté » revient très souvent. Il est question de La Liberté, de Nos libertés et aussi de Ma liberté, ce qui revient à parler de manière presque aussi vague que d’avancer un pourcentage sans annoncer sur quoi est calculé le chiffre annoncé. Ce billet est une troisième occasion de visiter ce mot un peu plus précisément.
Il est question de « liberté » et toujours en terme d’absence, en terme de recul, de limitation, etc.
La première j’ai parlé de mise en liberté conditionnelle après le grand confinement.

Pourtant, je me sens vraiment libre.
Libre d’écrire tout ce que je veux, même si ça sert à rien.
Libre d’aller acheter à manger ailleurs que chez l’épicier 24h/24h qui est le plus proche de chez moi.
Libre de sortir 20 fois par jour si ça me chante.
Libre de rouler en vélo, le nez au vent.
Et je me sens tellement libre que je fais la liste de toutes les obligations dans lesquelles il est facile de s’engouffrer sans s’en apercevoir.
Par exemple en vélo : le casque est obligatoire seulement pour les enfants, j’ai décidé qu’à mon âge, il était plus important de vivre libre qu’en soumission volontaire à la peur, j’ai donc éliminé le port du casque en vélo. Et ce faisant, j’ai bien regardé autour de moi et j’ai vu toutes les personnes qui font quotidiennement des « trucs » absolument pas obligatoires et se privent ainsi volontairement de « liberté ». J’en connais même qui font des stages spirituels et s’enferment dans de toutes petites cellules en respectant scrupuleusement les ordres des « gurus » aussi longtemps que dure la période qu’elles sont même aller jusqu’à payer! Il y a des gens qui payent pour être privé de liberté, si, si…
Incroyable, non?
Bon, je vais pas écrire dix pages.

Je passe au mot « égalité ».
J’ai même pas envie de disserter pour comparer égalité avec équité.
Sommes nous égaux ? Oui en temps qu’humains au milieu d’autres humains. Un humain est un humain : bipède doté de mains aux pouces opposables, d’une tête surdimensionnée et de sens peu performants.
Une mairie gère les humains qui habitent autour.
Point.
Pas le temps de digresser trop loin.
Ce que j’ai remarqué ces derniers temps au sujet de l’égalité, c’est que chacun revendiquant son individualité exige aussi le « tout le monde pareil » et je pense en conséquence qu’avec de pareilles injonctions paradoxales, il est assez « normal » d’arriver à la folie.

Enfin le mot « fraternité ».
C’est quand même un concept!
Car il faut définir une « famille » humaine pour en arriver au terme de fraternité, non?
La famille humaine serait donc l’ensemble des humains habitant la planète terre (notre « domus »). Et là j’entends déjà le grand éclat de rire qui sort des maisons abritant une famille nombreuse (en France c’est une famille de trois enfants et plus) , car il est quand même super fréquent de s’étriper pour pas grand chose au sein d’une famille. Donc imaginer une belle fraternité lisse et merveilleuse entre 70 millions de personnes (la population de la France) ou plus relève vraiment de l’utopie.

Alors, c’est vraiment « pas juste », les humains ne sont ni égaux ni fraternels et ils sont OBLIGES de vivre ensemble! Encore une privation de liberté… une de plus.

Comme penser toutes ces questions est épuisant, ce matin, j’avais besoin de m’évader.
Un peu après l’aube, j’ai pris mes bâtons de marche, j’ai laissé ma montre, j’ai délibérément renoncé à remplir une attestation avec un mensonge et je suis sortie sans masque, dans le vent, sous la pluie battante.
Je suis sortie pour aller le long de la Loire aussi loin que j’en avais besoin, aussi longtemps que mes vieux os seraient épargnés par la pénétration de l’eau.
J’ai marché pendant presque deux heures.
J’ai marché dans l’eau des flaques profondes, j’ai écouté le chant puissant des bourrasque, je me suis arrêtée devant les envolées de feuilles mortes, j’ai laissé flotter mon regard au milieu des remous du grand fleuve à marée haute.
J’étais « tout », j’étais libre, heureuse.
Simplement.
Et je l’étais parce que dès l’instant où j’avais fait ce choix, en toute liberté, je m’étais dit que devoir acquitter 135 euros serait fort peu payer.
Finalement je n’ai pas déboursé un seul centime.
Ce matin, la ville était déserte.

Dimanche 15 novembre 2020, plus de cinq mois après la sortie du grand confinement, plus de quinze jours après l’entrée dans le carême d’avant Noël décrété au nom du SRAS-Cov-2.
La suite est toujours plus loin.


Hurler avec les loups

(Comme toujours, il y a un lien entre l’image et mon propos)

Et je me suis vue hurler avec les loups!
L’instinct grégaire est vraiment fort, constitutif de notre humanité, et donc de mon être.

C’est qu’en début de cette deuxième période de limitation de « libertés » il y a dans l’air un souffle de rouspétance.
La soumission de l’ensemble de la population aux ordres « venus d’en haut » est indissociable de son goût actuellement porté au paroxysme pour ce genre de question/réponse : « Pourquoi lui et pas moi? Je veux que « toi-la haut » tu fasses quelque chose pour « moi-je » parce que je le vaux bien »

Donc, que certains commerces soient ouverts et immédiatement d’autres devraient l’être.
Certaines activités sont permises et/où limitées et d’autres devraient s’en inspirer.
Ainsi il suffit d’ouvrir une page sur les réseaux sociaux pour voir qui s’insurger de la fermeture de la « culture », qui de la trop faible ouverture des « sports de plein air », qui du manque de possibilité d’acheter des fleurs alors qu’il est par ailleurs possible de se gaver de chocolats ou de tout un tas de nourritures absolument non indispensables.
Bref.
J’ai bien failli hurler avec les loups!
Particulièrement parce que je suis actuellement obligée de laisser ma pirogue sur son étagère!
Post hoc, ergo propter hoc.

Ouf, je me suis reprise à temps.

Car, sérieusement, qui parle de culture? Les personnes qui disposent d’une bibliothèque digne de ce nom peuvent avec joie relire l’intégrale de Spinoza, se plonger dans la noirceur de Zola, s’enivrer avec la Provence de Giono ou s’endormir en essayant de déchiffrer un roman en langue étrangère non suffisamment pratiquée.

Car sérieusement, de quoi est-il question en terme d’activité physique? Les personnes qui ont l’habitude de s’agiter physiquement peuvent aller faire leurs courses essentielles (et parfois très loin) à pieds ou en vélo.

Car sérieusement, des végétaux poussent partout dans la ville, il suffit de se baisser à peine pour faire un bouquet! OUI me direz vous, mais j’aurais voulu offrir des roses!!!! Oui, vais-je vous répondre et à quand date la dernière fois où tu as acheté des roses chez le fleuriste du coin de la rue ? Honnêtement ?

Et puis, plus loin, alors que le web nous offre la plus grande bibliothèque du monde (même que plus grand monde n’achète des livres papier à ce qu’il était dit les années d’avant 2020), alors qu’en un clic il est possible de visiter plein de musées, alors que sur canapé il est possible de parler avec une amie à l’autre bout de la planète, c’est quoi ce délire de tout d’un coup ronchonner parce que « ils » nous enlève ce que nous n’utilisons pas vraiment… en fait ?
Sincèrement ?

Et puis, plus loin aussi, qui peut imaginer que le mec qui a passé sa journée à courir sur une structure métallique, en plein air, pour construire un immeuble dans lequel son salaire de m…de ne lui permet pas de rêver, que ce mec est forcément impatient de pratiquer « un sport de plein air » après son travail de forçat ?

N’est-ce pas un tantinet élitiste que d’hurler avec les loups sur ces sujets là ?

Je rêve à l’idée de voir des gens dits « cultivés » capables d’adaptation, d’imagination, de non démagogie comme je rêve à l’idée de voir atterrir tous les soi disant sportifs qui dépensent autant d’argent dans leur matos que certains travailleurs en dépensent en sueur véritable sans en tirer de quoi vivre dignement.

Et au delà des rêves, j’organise au quotidien ma vie de nantie avec ce qui m’est offert.
Je me déplace en vélo, le nez au vent, le sourire aux lèvres.
Je marche autant que je le souhaite.
Je respecte les consignes en remplissant autant de bons de sorties que nécessaire.
Je garde mes distances et même je me lave les mains avant de préparer à manger.
Je fais tout bien

Et je le fais seule, sans demander de « dérogation » pour « moi-je » même si le soleil me manque, même si le sel va me manquer bientôt.
Je vais chercher des piments où j’en trouve.
Je vais décrocher des étoiles où il y en a.

Un jour de mon enfance lointaine, j’avais décrété que je devais vivre comme si j’allais mourir le lendemain, donc avec gourmandise, curiosité, passion et hâte.
J’ai largement dépassé la mi-temps de ce qui m’est accordé de vie et moins que jamais je ne vais gaspiller ce qui est offert. Pas question de cracher dans la soupe, pas question de me mêler à la meute, il n’y a pas de temps à perdre, il me reste tant à apprendre avant demain.

Mardi 3 novembre 2020, plus de cinq mois après la sortie du grand confinement, lendemain du jour des morts, cinq jours après l’entrée dans un carême contemporain décrété au nom du SRAS-Cov-2.
Dans ma ville comme ailleurs en France, la population est assez soumise à cette nouvelle religion et chacun fait dans son coin ce qu’il croit « bon » de faire et de ne pas faire.

La suite est encore plus loin.

De l’utilité (3)


Une bruine fine a envahi la ville.
L’heure d’hiver a sonné le glas de la lumière solaire à l’heure du thé
Le plus célèbre des minuscules tas d’ARN poursuit son chemin de terroriste mondial.

La roue avant du vélo fait jaillir de la route une trainée de gouttelettes, j’ai déjà les pieds trempés, les cheveux mouillés et le visage juste bien brumisé, je suis ravie.
Les rares personnes qui pédalent et me croisent ont le sourire aux lèvres. Dois-je déduire que seuls les gens heureux sont de sortie ce matin?

Tout au long de la semaine, j’ai tourné et retourné ce mot « utile » qui m’invite pour la troisième fois à proser au sujet de l’utilité.
Dans différents environnements, j’ai procédé à sa dissection.
A travers ce que j’imagine d’époques révolues dans lesquelles je n’ai point habité, je l’ai fait voyager.

J’ai écrit « ça » et bien plus hier.
Ce matin, ce dimanche j’ai effacé presque tout.
A quoi bon écrire ici ?

Il faudrait croire en l’utilité pour réussir à convaincre,
Ou croire à la non-utilité pour tenter de démollir la croyance en l’utilité.

Et définitivement, je suis brouillée avec les croyances, avec la dualité, la dichotomie, la prise de position qui me poserait dans un camp contre l’autre ou dans un camp avec ceux du même camp.

L’impression de solitude me tombe parfois sur la tête.
Du fait de ces incroyances.
Je suis tout à fait non capable d’affirmer que la solitude est utile
Ou non utile.
Elle est
Et en même temps existe notre humanité
Et le monde que nous habitons.
Seuls et ensemble,
En même temps
Indissociables
Non opposables.

Dimanche 25 octobre 2020, cinq mois et deux semaines après la sortie du grand confinement.
La peur est à nouveau palpable tout autour, consécutive au niveau d’alerte lancé à travers les médias. Chacun en fait ce qu’il a besoin d’en faire, en fonction de la manière dont il qualifie cette peur.
Dans ma ville, les bars fermeront dorénavant à 22:00 et pour ma part, ça ne changera rien.
La suite est encore plus loin.

Au bout de la patience, il n’y a rien d’autre que la patience. Je l’ai appris par expérience.


De l’utilité (2)


Une semaine plus loin que la semaine dernière.
Donc à nouveau dimanche.
Le ciel est d’azur, l’air est limpide, légèrement piquant, de cette texture particulière que lui donne une température proche de 5°C.
La rue est déserte, il est relativement tôt.
Je suis en vélo, stoppée par un feu qui tient le rouge pendant de longues minutes.
Après une légère montée, me voici un peu haletante
Calmant mon impatience.
Le nez à l’air (Masquage non obligatoire en vélo)
J’attends.

Est-ce bien utile de rester plantée devant ce feu rouge m’obligeant à l’arrêt alors que pas un chat ne circule ce dimanche matin sous le soleil froid de l’automne?
Utile?
Individuellement non.
Indispensable.
Collectivement oui.

D’aucun peuvent trouver « cette conduite » stupide!
Les mêmes revendiquent pourtant « leur » sécurité.

Utile
A la fin de n’importe quelle FAQ, deux cases à cocher : « Ces explications vous ont-elles été utiles? OUI – NON »
Utile
A longueur de journée, sur les chaines d’info en continu, des personnages sont invités afin de polémiquer au sujet de l’utilité d’une décision ou d’une autre.
Utile
A longueur d’ouverture de pages WEB, des encarts vantent l’utilité de gadgets d’ici ou d’ailleurs.

Utile?

Voilà un questionnement qui nécessite un temps de réflexion.
Dans cette circonstance précise,
J’ai besoin de temps.
Le temps qui passe peut-il être qualifié d’utile?

Dimanche 18 octobre 2020, cinq mois et une semaine après la sortie du grand confinement.
L’actualité de fin de semaine a un peu gommé la prééminence du plus formidable feuilleton de télé-réalité inventé par les chaines d’information en continue. Les vacances scolaires vont légèrement le détourner aussi… mais il continue à trainer en longueur à défaut d’une fin satisfaisante.
La suite est encore plus loin.

De l’utilité (1)


Le temps poursuit inexorablement son cours.
A l’été resplendissant succède l’explosion des couleurs d’automne.
Désormais et pour de longs mois, les journées commencent comme elles se terminent : sous la lumière artificielle.

Pourtant j’ai toujours autant besoin de lumière solaire.

Les jours gris
Mes pensées défilent
Au galops
De chevaux gris, lourds
Et pesants
De leurs crinières
S’échappent des étoiles
Impalpables traits de lumières
Illuminant
Le chemin vers plus loin.

Se posent à chaque détour, à chaque changement de brise ou de vent, une multitude de questions au sujet de l’utilité.

Dimanche 11 octobre 2020, cinq mois exactement après la sortie du grand confinement.
A ce jour, le plus formidable feuilleton de télé-réalité du monde nanti n’arrive toujours pas à trouver une fin satisfaisante, il traine en longueurs de désespérances globales. Celles des uns n’étant pas celles des autres.
La suite est encore plus loin.