Orchidées Sauvages

La photo montre une Ophrys Abeille (Ophris Apifera). J’en parlerai dans un billet spécifique.

L’histoire de ma quête commence à la fin des années 80 dans les îles de l’Océan indien.
Là-bas pousse une petite orchidée célèbre pour son fruit : la vanille

Native des zones tropicales humides du Mexique, Vanilla planifolia est une liane épiphyte à la fleur discrète qui fut importée au début du XIX siècle dans des zones où les européens pouvaient la cultiver.
Mais, dans un premier temps, en l’absence d’une possibilité de pollinisation naturelle (l’insecte dédié étant resté au Mexique) la culture s’est avérée impossible.
Il fallut attendre 1841 pour qu’Edmond Albius (Ile Bourbon, aujourd’hui La Réunion) imaginât un procédé de pollinisation artificielle encore utilisé de nos jours.
Dès 1848 la culture de la vanille pris son essor sur l’île Bourbon essaima aux Seychelles en 1866 et à Madagascar en 1871 et de plus en plus loin ensuite (Comores, Tahiti, Ouganda, Ceylan)

Pour nous, dans ces îles, le mot « orchidée » prit une saveur. Auparavant nous rangions la Vanille au rang des épices lointaines.

Et puis, dans nos jardins de là-bas , vivaient plein d’orchidées, comme dans tous les jardins locaux.
Pluies d’or (Oncidium Spacelatum), Orchidée coco (Spathologlottis Plicata Blume) ou Bois de lait (Vanda Teres) sont de belles exilées, arrivées par bateau du Mexique, comme la Vanille ou d’Inde (comme la main-d’oeuvre locale de l’ancien temps).

Tout naturellement, nous portions une attention à ces plantes et nous commençions à exercer notre regard lors des randonnées, à la recherche des orchidées sauvages.

Nous rapporterons en France des exemplaires des fleurs du dernier jardin occupé là-bas.

Au début des années 90, l’invasion des phaelanopsis de supermarché n’avait pas encore eu lieu, de fait nous étions plutôt fiers de nos imports.
Ils sont encore en vie, eux ou leurs descendants, à ce jour.

Nous sommes restés curieux, nous avons appris que l’orchidée n’est pas une espèce spécifique des pays tropicaux, il en existe partout, donc en France.
Dans ces années là, accaparés par le tourbillon crée entre vie familiale et vie professionnelle, il est clair que nous n’avons pas activement cherché, nous contentant de remarquer ce qui était remarquable et à notre portée, comme l’orchis bouffon ( Anacamptis Morio) par exemple.

Alors, vint la saison où les contraintes se relâchèrent, où le temps s’élargit, où il devint possible de regarder plus largement et alors j’entrepris mon exploration, lentement, sans empressement excessif. Mon homme, lui, resta davantage tourné vers sa serre, mais il ne dédaigne pas me suivre parfois, avec l’espoir de réaliser de beaux clichés.

Les orchidées sauvages se révélèrent lors de mes randonnées et elles me remplissaient de joie sans que leur nom ne me semble indispensable à connaitre, un peu comme j’aime rencontrer des personnes, discuter un instant et passer mon chemin pour aller voir plus loin.

Depuis quelques temps (fin des années 010) la voie est totalement libre pour apprendre, prendre le temps d’apprendre encore et encore, des « trucs » qui ne « serviront à rien », juste pour le plaisir, parce que qu’enfin il est important d’être curieuse « pour rien »!