Archives de catégorie : Orchidées de France et de plus loin

Informations préalables

Balades, voyages sont autant d’occasions pour rencontrer de nouvelles orchidées.

Sauvages?

Les orchidées sauvages sont difficiles à trouver lors des déplacements touristiques ou professionnels.
En effet, arriver dans un pays inconnu pour y passer même un mois entier, c’est inévitablement commencer par essayer de se repérer et ensuite aller voir les « coins touristiques » qui d’ailleurs contribuent au repérage.
Et puis, c’est le plus facile!
Imaginez un peu, accueillant un ami de l’autre bout du monde, vous lui demandez ce qu’il aimerait voir « chez nous ». Il répondra probablement « Paris » voire « la tour Eiffel » et il vous sera peut-être possible de réaliser son rêve. Par contre s’il exprime un désir de voir le célèbre « Cypripedium calceolus« , je parie que vous serez fort dépourvu.
C’est ainsi.
Débarquer dans une région, c’est un peu la même chose, il est commun de commencer par chercher les points remarquables les plus communs.

Chercher les orchidées sauvages exige un temps long.

Pourtant, il m’arrive de « tomber » sur quelques belles au cours d’une balade. Parce que je me balade, passionnément, partout, quelles que soient les circonstances du déplacement.
Et puis, parfois il m’arrive de partir avec la ferme intention d’en rencontrer, ça ne fonctionne pas à tous les coups, il faut surtout de la chance ou partir après un énorme repérage virtuel préalable.

A noter que dans certaines îles, les orchidées sont dans les jardins au même titre que les pélargoniums ou les hortensias chez nous. Ce ne sont pas des orchidées sauvages, mais ce ne sont pas non plus des stars botaniques de grande valeur. Elles sont partout et c’est un véritable plaisir des yeux qu’il serait dommage de dédaigner.

Dans ce chapitre, j’entreprends de présenter principalement les orchidées sauvages rencontrées au hasard ou lors de mes recherches en France et plus loin. Mais, simplement pour le plaisir, je raconterai peut-être, en bonus, quelques histoires de jardins tropicaux.

Liparis Loeselii

Après Carl Von Linné, décrit par Louis Claude Richard en 1817

Le Liparis de Loesel est devenu rare, il fait partie des espèces protégées au niveau européen (liste rouge)
Privé de l’environnement dont il a besoin, il a disparu du département de Loire-Atlantique. C’est une plante « pionnière », super bien adaptée pour résister dans les zones où la végétation est quasi absente. Dès que trop d’autres espèces parviennent à survivre (assèchement définitif d’une zone inondable, envahissement par des espèces beaucoup plus hautes, etc) les petits Liparis s’effacent. D’ailleurs, il peuvent attendre les conditions météorologiques favorables pour se hisser à la surface et de fait disparaitre plusieurs années de suite, en l’absence de pluies suffisantes par exemple ou au contraire en présence de la persistance d’un niveau d’eau élevé dans une dépression dunaire.
C’est une de ces espèces d’orchidées sauvages qui me fascine.
Absolument non-spectaculaire, elle passe inaperçue, il est donc vraiment nécessaire de la chercher pour avoir une chance de la rencontrer dans les sites où elle persiste.

Et une fois rencontrée, l’envie est forte de la rencontrer à nouveau, de connaitre mieux ses milieux de prédilection, son autonomie, ses besoins, l’envie est forte de la comprendre mieux.
Décrite très tôt par les botanistes, elle fait encore l’objet de recherches scientifiques et de nombreux mystères demeurent à son sujet.

Lorsque je me suis mis en tête de la débusquer, je suis partie de la maison plusieurs jours, j’ai marché du matin au soir, puis du soir au matin, suivant les indications vagues des uns et des autres, jusqu’à la trouver enfin.
Et comme c’est une plante minuscule, il a fallu que j’y retourne, encore et encore, à la recherche d’un meilleur point de vue, d’une meilleur image souvenir…à la recherche quasi mystique de l’invisible.

Ici en compagnie d’une spiranthe d’été qui mesurait moins de 20cm de haut…

Cette espèce d’orchidée sauvage n’est certainement pas ce que le passant pourrait trouver de plus beau, de plus intéressant, de plus extraordinaire avec ce que ce que cet adjectif contient de spectaculaire, et pourtant c’est sans conteste l’une de mes préférées.

Période de floraison dans les dunes bretonnes : juin et juillet en fonction des conditions météorologiques

Orchis Simia

Espèce décrite par Jean-Baptiste de Lamarck en 1779

L’orchis singe habita autrefois en Loire-Atlantique, depuis le début du 21ème siècle, il faut traverser la Loire pour aller l’admirer dans un département voisin, juste de l’autre côté du grand fleuve.
Rose, blanc, violet, c’est un simple bonheur de le découvrir dans son écrin de calcaire.
A chaque nouvelle nuance, j’avais l’impression de le découvrir à nouveau.

Sa floraison commence avec le mois de mai et se poursuit jusqu’à la fin du même mois.