Ces changements là (1)

En 2019, au retour de ma balade annuelle, je m’étais posé la question de la prochaine, remplie d’envies mais vide d’inspirations quant aux régions de France dont la découverte à petits pas pourrait se révéler tentante.

C’était avant d’être mise devant le fait accompli d’une « pandémie » jouant sur les nerfs entre obligations et interdictions de tous ordres : l’imprévisible qui pimente habituellement ma vie de manière aimablement espiègle est brutalement tombé sur l’ensemble de la population sans distinction. Sans en être touchée en temps qu’individu, je fus néanmoins atteinte en temps que partie de la population ; de fait j’ai choisi de laisser passer l’année 2020 sans rien prévoir.

Dès l’aube de cette année 2021, j’ai eu un colossal besoin de verticalité minérale. Privée de mes balades en zone désertique fuerteventurienne, j’ai touché le manque.
Car, la région nantaise, pour inspirante qu’elle soit, n’offre guère de hauteurs, d’autant moins que les conditions météorologiques fraiches et pluvieuses laissait la végétation s’étaler à profusion, me plongeant dans un univers entre verts clairs et gris foncés que la seule présence des fleurs ne suffisait pas à illuminer.
Certes, l’océan n’a pas cessé de m’offrir la possibilité de larges respirations, repoussant l’horizon et agrandissant le ciel au lointain de mes pensées, mais j’ai vraiment eu besoin de bouger vers plus loin, plus haut.

En juillet, une fenêtre de ciel bleu m’a poussée vers le massif pyrénéen, histoire de découvrir des hauteurs que j’avais renoncé à traverser en 2017, décidant en ce temps là, que si la pluie cachait tout sous son rideau brumeux, il était inutile de lutter. Ce fut aussi l’occasion pour tester la capacité de ma nouvelle voiture (la même mais en version « cinq portes ») à devenir un hébergement à la fois souple, mobile et… sec.

Juillet est passé.
J’ai envisagé des pistes de balades.
Le temps a galopé.

Libérée des « obligations familiales » mais contrainte par d’autres, j’ai vu septembre se rapprocher, les jours décliner, le soleil se refroidir sans avoir pris de décision. Il fallait pourtant plonger entre le 5 et le 16, choisir une trajectoire, un point de chute et surtout arrêter d’hésiter.

J’ai décidé.
La voiture serait mon alliée contre le temps trop restreint, en faveur de mes besoins de hauteur et de minéral.
D’une traite, j’allais « monter » tout au nord du Cotentin.
En pointillé, j’allais marcher au moins 25km par jour le long des côtes normandes puis bretonnes.
En obligation, j’allais chercher chaque soir un parking sauvage avec vue sur le large.

Ce changement là, ce changement en faveur du pointillé est apparemment un changement de style, apparemment seulement et chacun sait qu’il faut éviter de se fier aux apparences!

A suivre.

7 réflexions sur « Ces changements là (1) »

  1. Anne-Sophie

    Je me suis posée la même question que Sophie pour les 25 kms et la voiture qui elle n’avançait pas en même temps que toi
    Besoin de minéral.. je l’ai ressenti très fort cet été, pour la première fois je pense .. combien de fois ai-je trouvé les paysages d’ici et surtout notre jardin « trop vert » cette année. Presque une sensation d’étouffement , un besoin de « voir la sécheresse » pour contrer cette sensation « d’étouffement » (C’est exagéré mais là je ne trouve pas d’autre mot plus adapté) de ce vert envahissant qui m’entourait.
    Peut-être pour cela que j’ai « besoin du Sud» régulièrement .
    Tu as écrit « à suivre » , je découvrirai alors peut-être à travers tes mots et tes images ce coin que je ne connais pas.. et le minéral que tu as côtoyé !

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  2. Sophie

    Tiens, ça me fait réfléchir… A mon éventuel besoin de minéral. Je crois n’avoir jamais été vraiment en manque de minéral. C’est marrant. Je ressens pourtant très bien ce que tu exprimés pour avoir en souvenir tes explorations fuertaventuresques
    Je me demande aussi comment tu as fait pour marcher 25kms et dormir le soir dans ta voiture… Et avancer. Ça doit être expliqué par le « en pointillé…

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    1. Joelle Auteur de l’article

      Super merci pour ces quelques ligne posées ici.
      La question que tu poses me fait sourire car il est hyper simple de marcher toute le journée en dormant chez soi le soir, ou de marcher quinze minutes pour promener le chien, ou d’emmener les enfants à l’école, toujours en dormant chez soi le soir. 😉
      Dormir dans la voiture, ce fut « dormir chez moi » chaque soir.
      Un « chez moi » capable de changer d’environnement chaque jour, en avançant sur la trajectoire que j’avais préalablement envisagé : une trajectoire en pointillé puisque je n’ai posé que quelques points sur des kilomètres de littoral.

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      1. Sauf-i

        Me concernant, la voiture manque d’un élément de confort essentiel par rapport à « chez moi » : la douche !!! 😀

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        1. Joelle Auteur de l’article

          Oui.
          C’est un questionnement au sujet de notre manière de vie contemporaine.
          Il est communément envisageable de jeûner ; il est communément envisageable de marcher sans raison ; par contre il est souvent non/très difficilement envisageable de se passer du confort d’une douche quotidienne, bi-quotidienne pour certains.
          Je n’ai évidemment aucune réponses.
          Je sais ce qu’il en est pour moi : je connais l’immense plaisir d’une douche, d’un hamam villageois ou d’une source claire lorsque je déambule loin de chez moi, c’est aussi délicieux que de me trouver devant un bol de riz blanc après une semaine de jeûn ou qu’ouvrir la porte sur le large après un temps d’enfermement. De fait, au quotidien, chaque soir sous la douche, c’est ce plaisir que j’invite, loin d’une réponse à « un besoin » de me laver à grande eau « pour être propre ».
          C’est très personnel cette histoire…

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          1. Sauf-i

            Nous avons déjà eu l’occasion de constater que nos métabolismes sont différents 😀
            Pour toi le confort consiste à dormir avec un oreiller alors que pour moi il réside dans le fait d’être désalée et dépoussiérée.
            Je réagissais simplement à  » il est hyper simple de marcher toute le journée en dormant chez soi le soir… » en soulignant que POUR MOI, l’option voiture ne serait pas tout à fait comme dormir chez soi le soir.
            Ce n’est pas pour autant que je sais pas apprécier une rando sans douche quotidienne 🙂

          2. Joelle Auteur de l’article

            Bien vu, j’avais lu trop vite! 🙂

            Cependant, je dors toujours dépoussiérée et dessalée et… avec un oreiller, en effet!
            Cette fois-ci, il y a eu une journée tellement chaude que j’ai eu la joie de me dessaler dans l’eau de la Manche! 😀

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