Les sens de l’être (2021 – 1)


Combien de temps faut-il attendre pour que tombe le fruit mûr?

Souvent j’ai relaté cette expérience unique et merveilleuse vécue un simple matin dans le jardin : les poires étaient dorées à point et ma gourmandise en était émoustillée, je me suis dirigée vers l’arbre, j’ai tendu la main et à l’instant précis où elle était sous le fruit choisi, prête à l’empaumer, le fruit est tombé.
Il s’est posé dans le creux de ma main, exactement où il était attendu.

Je garde jusque dans mon ventre le délicieux frémissement de ce matin là.

C’est le réveil de ce même frémissement qui me ramène aux sens de l’être.
C’est là, sur cette île à nulle autre pareille, aussi déserte qu’intensément vivante, qu’il vient me chatouiller au plus profond.
C’est perchée sur un rocher, immobile au dessus de l’océan turbulent, tendue entre terre et ciel, que je comprends l’essentiel.

Et s’il était temps de mettre en pages images et réflexions?
En premier afin de clarifier à nouveau ce qui me semble vraiment important.
Puis, peut-être pour partager un peu plus loin mon point de vue au sujet de mots aussi vagues que « méditer », par exemple.
C’est encore flou, mais il y a un germe de quelque chose qui s’impose et mon clavier s’affole.

Plus loin est encore plus loin.

PS : Début juin est arrivé. Plus loin est ailleurs.
Le clavier crépite, certes.
Sans autre objectif que celui qui consiste à écrire encore
Pour rien.
Sans aucun objectif.
Partager un point de vue est seulement un concept.
J’avais failli l’oublier, emportée par un grain d’égo encore en vie!

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