Prendre en main

Combien de personnes à chaque coin de rue, à chaque détour de média, combien de personnes se plaignent de subir, de ne plus rien maitriser, de se sentir impuissante?
Combien?

C’est que par la grâce de la distribution à bas coût d’énergies non-humaines, tant de « choses » indispensables à la vie quotidienne se « font toutes seules »!
Jusqu’au changement d’heure et de date…
Pour tant de monde, elle a disparu l’époque où il fallait changer à la main l’heure d’une montre, oubliée l’époque où il fallait ouvrir un nouvel agenda. Tout est dans le smartphone, tout est automatique, il n’y a plus rien à faire et pour occuper le temps ainsi dégagé, il n’y a pluka cliquer frénétiquement, sporadiquement du bout d’un doit plus ou moins énervé, cliquer pour « partager », pour valider, pour pétitionner, cliquer…
Et ainsi la vie nous échappe.
Et pour la re-prendre en main, tant de publicités vantent les mérites de « trucs » faciles qu’il suffit d’acheter et qui « ne demandent aucun effort », sinon celui de « l’autre », de « l’état » ou de je ne sais quelle toute-puissance.

Et si…
Et si tout simplement nous entrions à nouveau dans l’effort juste à notre portée ?
Et si chaque matin, petit à petit nous prenions notre vie en main ?
Notre vie telle que nous nous l’imposerions nous même, une vie pleine d’autant de petits riens qu’une vraie carte écrite à l’encre de nos propres mots, qu’un agenda pesant son poids ouvrant chaque jour une page vierge à compléter, qu’une montre qui fait tic-tac au rythme des battements de notre coeur, qu’une orange pas pressée dont il faut extraire le jus, qu’un légume encore noir de terre acheté sur le marché à un de ces maraîchers qui vous explique que la terre est basse, etc…

Dans le monde médical, il existe un terme qui a perdu son sens étymologique : rééducation.
Ce terme est utilisé à tout bout de champ, doctement « Je vais vous prescrire des séances de « rééducation », c’est pris en charge, ça ne vous coûtera rien. »
Qu’est donc la ré-éducation quand l’éducation n’a pas vu le jour?

Moi, moi-je, moi…je suis certaine, par éducation (ben oui, je suis d’un autre siècle!), que tout a un prix, que le moindre petit effort participe à la qualité de mon épanouissement et que chaque petit acte acté en conscience est un grand pas vers plus loin. Les nouvelles technologies peuvent débarquer, je peux même les apprivoiser passionnément, ce qui est ancré reste.

Ce matin, j’ai ouvert un nouvel agenda.
Il n’attendait que ce jour.
Et j’ai aimé l’ouvrir sur plein de projets bien palpables.

6 réflexions au sujet de « Prendre en main »

  1. isabelle

    C’est drôle, j’écris souvent, sur des feuilles volantes ou des petits cahiers, en particulier pour lister les choses prévues mais je n’ai jamais d’agenda. Je n’aime pas l’idée que quelqu’un puisse lire ce que je vais faire ou ce que j’ai fait.

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  2. KaMaïa

    Quels magnifiques carnets !

    J’en ai testé d’autres mais je reviens toujours à mon agenda Mémoniak pocket (alias mon deuxième cerveau !). Son format permet de le glisser dans n’importe quel sac et il ne pèse pas trop lourd.
    Moi qui ai tendance à garder trop de choses et objets, étonnamment, je ne les conserve pas. Quand je commence le suivant en septembre (oui, je suis toujours calée sur l’année scolaire), le précédent part direct à la poubelle !

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    1. Joelle Auteur de l’article

      Ca me fait rire de t’imaginer jeter chaque année un cerveau à la poubelle! 😀 😀 😀
      En dessin animé, ça rend super bien 😉

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  3. Patoche

    Superbe . Dis moi Joëlle, tu les conserves?. Souvent je me dis en fin d’année :  » l’année est déjà finie et j’ai l’impression de n’avoir rien fait , mais en y réfléchissant bien j’ai accompli beaucoup choses  » je me demande si je n’en commencerai pas un..

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    1. Joelle Auteur de l’article

      Et oui, je les conserve, les agendas pros comme les « privés » car il m’a toujours été impossible de séparer « mes » vies ailleurs que sur la toile. Et comme j’ai l’obligation de conserver les archives de mon boulot…
      Ils contiennent tant d’informations !
      A l’heure de la numérisation froide, des archivages compressés (j’ai aussi plusieurs disques d’archives numériques), je garde encore du papiers car aucune « mise en cases » ne peut raconter ce qui est en mémoire sur ces carnets.
      Lorsque j’ai conté la vie d’Annette, je m’étais appuyé sur tous les cahiers que j’avais pu récupérer et j’avais passionnément décortiqué ce qui s’y trouvait, de la liste des courses à l’usage des stylos de couleur. Certes, je me suis livrée à de l’interprétation, mais c’était fascinant.
      Voici un extrait du stock : toujours les mêmes « marques » pour avoir un format constant, j’ai un côté assez psychorigide, il faut l’avouer 😉

      Oh, oui, tu peux t’offrir un joli carnet, tu verras, c’est tellement plus riche qu’un smartphone 😉

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