Liberté chérie

Depuis quelques semaines, le mercredi je suis obligée (parce que j’ai accepté ce choix proposé) d’assurer la garde de mes petits enfants de 13h30 à 17h30, après ça, je suis obligée (parce que j’aime ça une fois que j’y suis) de rejoindre mes copains d’entrainement, de ramer sur l’eau noire dans la nuit sombre.

Hier, pendant la sieste des diablotins, j’ai feuilleté un livre de recettes qui trainait sur le canapé du salon des enfants. Un bouquin signé par un gars, qui sur son site, écrit en titre sous son nom qu’il est l’un des principaux enseignant de méditation en France.

J’aime toujours feuilleter les livres de recettes et celui-ci m’a tout de suite attirée, moi qui raconte depuis tellement longtemps (avant même que le gars sus-cité n’ouvre son « école ») que je médite et que je pratique le yoga (en ce sens que « yoga » signifie avant tout « joindre ») en épluchant mes carottes!

Liberté!

Liberté du fronton républicain

Liberté chérie…

J’ai commencé par vérifier qu’aucun billet ne porte déjà ce titre sur ce blogue.
Rien dans le moteur de recherche intégré, rien : c’est qu’à l’image du verbe « aimer » dans le bouquin d’Orsenna le mot est bien fatigué, trop utilisé qu’il est dans tous les sens. J’ai décidé très souvent de lui éviter une nouvelle charge. Je cède à la facilité aujourd’hui, j’espère que la « liberté » ne m’en voudra pas trop.

Puis, j’ai fait un inévitable détours vers la lexicographie, histoire de voir de quoi j’allais parler.

Il ne me restait plus qu’à examiner les racines, ce qui fut fait jusqu’au coeur du célèbre « Gaffiot » bien connu des latinistes.
Et c’est là que j’ai trouvé une première question à mes questions.
Si l’état de liberté a pris naissance par rapport à l’état d’esclavage, puisque l’esclavage est officiellement aboli en France en 1848, la liberté n’existe plus. C’est toujours la même histoire de l’ombre et de la lumière, du côté pile et du côté face, impossible de séparer l’un de l’autre ou l’une de l’un…. Vous suivez?

Alors, de quoi parle t-on avec ce mot précis « liberté » ?
Probablement de tout et de rien.

Et d’ailleurs, pour en revenir au principal-enseignant-de-la-méditation-en-France que j’ai découvert hier entre deux coussins pleins de plumes, j’ai relevé quelques « vérités » qui échappent à mon raisonnement.
Par exemple, j’ai lu noir sur blanc :  » Je suis horrifié par la sagesse telle qu’elle nous est présentée, y compris dans les médias grand public : un moyen validé scientifiquement pour nous aider à nous réfugier dans une petite zone de confort. mais la sagesse n’est en cela, qu’une forme de consumérisme. (…) Comme si elle était à l’extérieur de nous. »
Là, je suis d’accord
Et la ligne suivante « Foutez vous la paix, et vous découvrirez que la sagesse est déjà en vous »
Je suis toujours d’accord.
Le « truc » qui me chiffonne, c’est que le gars vende des tonnes de livres « best-sellers », donc « grand public » par définition, pour expliquer que rien n’est dans les livres.
Bon, je suis mauvaise langue, il propose aussi plein de stages et surtout un paquet de conférences-tout-à -fait-bénévoles accessibles sur une chaine vidéo bien connue.
Et là je dois dire que j’ai été bluffée, je continue a être d’accord avec lui et en plus, après quelques minutes de visionnage, j’avais deux choix possibles :
1° continuer à me laisser hypnotiser par sa personne et m’endormir rapidement, loin de toutes questions et des encombrements de ma cervelle.
2° appuyer sur stop et aller bricoler au jardin pour méditer et penser à la fois.

Tout ou rien.
Une histoire de liberté en somme.

J’ai choisi 2°.

M’est revenue une des conversations enregistrées lors de l’escapade pyrénéenne.
Un jeune gars m’interpellait au sujet de la liberté que je revendiquais en me disant : mais si vraiment tu es libre, tu pourrais arrêter de marcher et te poser dans un endroit que tu trouves beau et y rester… » Et je lui avais expliqué que mon point de vue au sujet de la liberté était autre, que j’avais librement fait le choix de partir seule pendant un mois pour aller de la mer à l’océan, et que là, maintenant je devais aller au bout de ce choix avant d’en définir librement un nouveau »

Liberté chérie… quelle aventure!

3 réflexions au sujet de « Liberté chérie »

  1. Maïpi

    « C’est toujours la même histoire de l’ombre et de la lumière, du côté pile et du côté face, impossible de séparer l’un de l’autre ou l’une de l’un…. Vous suivez? »

    Cela rejoint nos grandes discussions du moment avec Chéri. Gandhi ou Mère Teresa peuvent-ils émerger d’un monde sans Hitler ou Staline ? Si l’ombre naît de la lumière, peut-il y avoir de lumière sans ombre ?
    Si la liberté se définit par son ombre opposée, l’esclavage, peut-elle perdurer après l’abolition de celui-ci ?
    On s’éloigne du sujet. Ou pas.

    Je ne sais pas si je suis libre mais souvent je prends la liberté de choisir et assumer mes chaînes. C’est déjà pas mal…

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    1. Joelle Auteur de l’article

      Si je dis que j’ai hâte de me retrouver au milieu de vos conversations, tu me croiras?
      En tout cas, j’ai prévu le prévisible : ma balade passera près de chez vous cet été et si vous êtes dans le coin, nous nous croiserons peut-être.

      « Assumer mes chaînes » : je ne sais pas comment interpréter. A ma sauce, ça raconte que les chaines ne sont que succession de maillons et qu’aucune chaine ne m’inquiète dans la mesure où personne ne dispose d’un cadenas et surtout d’une clé pour verrouiller le cadenas.

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  2. Isabelle

    Je crois que c est quand je suis pleinement engagée dans quelque chose que je me sens le plus libre..et j’adore çà….quelle sensation de liberté lors de certaines explorations hors sentier en montagne, ou lors de la mise au monde de N ou U….liberté, engagement et responsabilité sont associés pour moi. Mais ces termes ont des significations tellement différentes pour chacun! C’est ce qui fait que les relations aux autres peuvent être si compliquées ou enrichissantes.

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