Cacophonie de l’Avent



Le bruit a commencé à enfler sans attendre décembre, à l’instar des rayons de supermarchés qui se sont couverts de consommables festifs, repoussant loin des yeux le strict nécessaire.

Petit à petit, amplifié par les médias avides de temps de cerveau disponible, le bruit s’est installé en fond sonore de notre quotidien.
Alors que la première case du calendrier de l’Avent ouvrait le décompte vers la période de débauche obligatoire de fin d’année, la cacophonie s’installait, s’immisçant dans les moindres moments silencieux de mon quotidien, allant parfois jusqu’à faire vibrer l’onde paisible des plans d’eau nantais, laissant flotter jusqu’au fond du jardin des échos d’explosion, affichant sur ma fenêtre virtuelle des news tronquées, la désinformation des montages « fast-fake » et son lot d’émotions réactionnelles.

Mes blocs notes se sont remplis intensément, tous les maux que je pouvais entendre se trouvant sous un titre, un autre et encore un autre. J’ai tendu l’oreille du côté des plus savants, j’ai lu ce qui me semblait lisible et aussi les injures parce que tout est sacrément humain, même le pire.
A chaud.

Comme sur les meilleures publicités, j’ai senti la coupure, la cassure, la non-harmonie entre nos paradoxes existentiels  « mangez du chocolat/pour votre santé évitez le gras et le sucre » ; « démissionnez vous êtes nuls/surtout faites vite quelque chose » ; « Taisez-vous, vous n’y comprenez rien/ Parlez, on veut vous entendre » ; « Consommez, les fêtes arrivent/ Stoppez tout, la fin du monde est proche » ; etc, etc…

J’ai vu tous les opportunistes souffler un coup le chaud, un coup le tiède et négliger l’extincteur.
J’ai vu tous ceux qui suivent… suivre, des convictions ancrées par leur famille ou… leurs amis quand ce n’est pas juste suivre l’ambiance, la fête, l’occasion d’un « ensemble » devenu trop rare parce que la vie court trop vite.

Logiquement, il me fut impossible de voir tous ceux qui ont évité de s’exposer, de s’exprimer, de s’agiter, de s’émotionner en public.

Je suis là, au milieu de la cacophonie.
Le calendrier de l’Avent ouvre un jour nouveau chaque matin.
J’ai  remis en service la machine à coudre, histoire de préparer des cadeaux à nuls autres pareils.
Je respire l’océan aussi souvent que possible, les embruns volent haut, poussés par les dépressions de saison.
Je rame, je marche, j’accueille sans relâche.
Tranquille.

Ma vie est remplie de lumières et c’est grâce à l’ombre que je les vois.
Elle est comblée de silences et c’est grâce aux bruits que je les aime,
Elle contient le miel et le fiel, comme se plaisent à l’assembler les plus fins cuisiniers,
Ma vie fut un cadeau que je n’ai jamais demandé,
Et dorénavant, c’est un jeu qui me réjouit vaille que vaille.

La suite viendra, comme l’orage elle viendra sous son propre vent ou comme les dépressions et les anticyclones elle viendra portée par les vents dominants. L’univers est indomptable et c’est une chance.

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