Simple comme sosa


Parler des histoires familiales en étant assez précise et assez anonyme à la fois est le premier défi qui s’est présenté lorsque j’ai imaginé l’ouverture du rayon « généalogie » sur ce site.

Par chance, depuis le 16ème siècle, il existe une numérotation spécifique qui va me permettre de ne citer que des prénoms et des chiffres. Le système fut inventé par Michel Eyzinger en 1590,  repris par Jérôme de Sosa en 1676 puis par Kerule von Stradonitz au XIXe siècle. Les généalogistes de langue française nomment la méthode « sosa » ou « Numérotation Sosa-Stradonitz »  pour plus de précision.

Grâce aux chiffres, au fil des pas après pas, mes proches pourront mettre l’histoire dans un contexte familial tandis que les passants se saisiront des anecdotes en fonction de leur histoire à eux.

Pour commencer, en temps que maitresse des lieux, je suis numéro 1!
Et hop…
Numéro 1!
Wahoooooo, j’insiste pour ne pas en douter, car m’affirmer numéro 1 et être certaine de le rester n’est pas si commun !
Ce qui est bien organisé, c’est que mon frère peut tout aussi bien décider d’être lui-même ce même numéro 1, l’unique, le seul numéro qui soit neutre, c’est à dire non genré à travers l’arbre et toutes les générations qui s’y affichent.

Et à l’instant même où je tape ces mots sur le clavier, je suis déjà partie dans d’immenses considérations au sujet de la paternité, de la maternité, de la transmission d’un nom, de la transmission de gènes, des « lois » familiales d’hier, d’aujourd’hui et de celles, encore inconnues, que demain va fabriquer.

Un arbre généalogique, c’est bien lisse…
La vraie vie, c’est souvent plus compliqué.
Pendant des années, grâce au mariage, la filiation était tissée de fil blanc : l’enfant était obligatoirement celui de l’époux légitime à moins d’être un « enfant illégitime » déclaré par une femme non-mariée.
Dans « mon » arbre, une femme a déclaré un enfant sous son seul nom, elle s’appelait Françoise, c’est le « numéro 89″…

Et… Je me demande ce que seront les arbres de demain, riches de tout ce que nous avons inventé hier et de tout ce que nous inventons aujourd’hui. Les chiffres seront-ils assez grands pour tout bien ficeler dans les cases?

Encore « un truc » à vivre tranquillement, plus loin!

 

2 réflexions au sujet de « Simple comme sosa »

  1. Joelle Auteur de l’article

    « L’anonymisation », c’est seulement moi qui en parle, dans un « véritable » arbre, les personnes sont mentionnées avec leur nom. Le chiffrement est seulement une manière de faciliter le jeu. Par exemple au lieu de dire : dans la famille x, je cherche l’arrière-arrière grand-mère maternelle du côté du père, il suffit de dire que je suis à la recherche du n°sosa 23!
    😉
    Et oui, il y a des fils difficiles à tirer y compris pour remonter les branches des familles qui sont restées dans un périmètre très restreint. Donc, j’imagine bien les difficultés rencontrées de ton côté.
    Ce qui est certain, c’est que la numérisation des documents d’archive vont bon train, sous l’impulsion des sociétés de généalogie. Il faut regarder régulièrement pour découvrir des indices… qui parfois ne mènent à rien… je te l’accorde!

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  2. Frédérique

    Etonnant ! J’ignorais tout de cette façon d’établir un arbre généalogique anonymisé 😀

    Implexe, voilà un mot que je viens d’apprendre.

    *Mon* arbre généalogique a été dressé par mon compagnon, mais il s’est rapidement buté à des manques d’informations. Pas facile de retracer les fils de vie d’esclaves…

    Répondre

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