14 août 2018

How do adventures suddenly appear in one’s mind ?
Writers who love their work say that the mystery is a part of the magic.
No explanation
Richard Bach, Jonathan Livingston Seagull, the complete edition, Scribner Editions, 2014,
ISBN 978-1-4767-9331-3

Il y avait un paquet de jours que je ne m’étais pas levée dès l’aube, ce matin là j’avais rendez-vous.
J’ai grimpé dans la voiture sans avoir avalé plus que mon café.
Sur la route, j’ai mangé le rituel mélange à base de fruits, louant l’avantage d’une voiture automatique et quand même un peu inquiète au point de regarder les multiples panneaux indiquant « interdit de jeter des ordures c’est la loi » comme s’il disaient « interdit de manger en voiture c’est la loi » ! Là-bas, on rigole pas avec la loi !

Au club de pirogues, c’était l’effervescence, il y avait du monde.
Pas de président.
Je me suis présentée, mais tout le monde avait l’air de s’en foutre.
Alors, j’ai observé et suivi le mouvement.
Sans pagaie, j’ai tapé dans le stock des mauvaises pagaies club en plastique.
J’ai déposé mes clés de voiture dans la boite prévue à cet effet et je me suis rapprochée du cercle qui s’était formé : il semblait que c’était l’heure de former les équipage.

Je fus désignée du doigt : « you ! Here ! » et je me suis rangée.
Puis le chef de la pirogue me tendit une pagaie carbone à la place de celle que j’avais prise et ajouta « number two ». C’était quand même une marque de confiance, il allait falloir que je sois à la hauteur et c’est le genre de situation qui m’inquiète toujours.
Je me suis appliquée, du mieux que je pouvais.
La pirogue filait sur l’eau « flat » du petit matin, côté glisse, c’était parfait.
Au moment de faire demi-tour, le chef décida d’un arrêt.
Autour de nous, ce n’était que calme et transparence intense.
Seules les tortues venant respirer troublaient ça et là la surface.
Puis, ce fut un aileron, puis deux, puis trois : des dauphins !
Et nous sommes rentrés !
Quelle merveilleuse session.
Sur la plage le gars me lança un « Good ! See you tomorrow ? » et je lui ai dit que non, que mon départ de l’île approchait.
Et hop, c’était terminé.

Passage de vie.

Je n’avais rien programmé à la suite de »ça » et la journée ne faisait que commencer.
J’ai suivi la route, une fois de plus.

Au large, l’ile de Lana’i barre l’horizon, un peu plus loin, Molokaï me rappelait la raison qui m’avait amenée dans l’archipel.
Face à Honolua Bay les deux îles sont bien visibles, ensemble.
La baie est juste magnifique et j’imaginais facilement les vagues parfaites qui doivent entrer en cas de swell.
Là, c’était parfaitement calme, totalement turquoise. Une place de parking tendais les bras, ni une ni deux, j’y suis allée.

Après une longue balade nagée, j’ai repris et la route et le ronronnement du moteur.
La zone est sauvage, je guettais les arrêts possibles, à la recherche d’une marche envisageable. Rien.
C’est au niveau du « blow hole » que j’ai finalement fait une pause pour vite m’évader loin des cargaisons de touristes (oui, oui, je sais, je suis AUSSI une touriste! ).
Lors du premier passage en compagnie de S., j’avais regretté le manque de temps.
Ici, il y a une exposition de sculptures naturelles à nulles autres pareilles. De toutes les couleurs, la lave se prête à merveille au travail du vent, des embruns et du sable mêlés. Une promenade au milieu de ces oeuvres me paraissait indispensable. Et puis, j’avais repéré un souffle au loin.

Quel bonheur que de m’en approcher!
Seule.
Tout à fait seule.
Je suis restée longtemps.
Seule.
Royalement seule.

La route du retour, en sens inverse de l’aller, offrait de nouveaux points de vue que je savourais intensément, sachant qu’il était désormais temps de les mettre dans le rayon des souvenirs.
Les jours étaient comptés.
Il me restait encore quelques découvertes mais déjà l’idée du voyage retour était d’actualité.

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