Et… poussent les fleurs

C’est normal,
Il suffit de les écouter!

Ca fait combien d’années que je griffonne sur des papiers?
A l’encre bleue, à l’encre noire
Ca fait combien d’années que je tapote sur un clavier ?
Un clavier qwerty,  un clavier azerty ou un peu paumé
Quelle importance?

Le truc, c’est que je raconte toujours la même chose
D’une manière ou d’une autre
Mais jamais pareil
Parce que le temps est singulier
Toujours différent
Parce que les personnes sont uniques
Jamais les mêmes.
Et puis, je ne sais faire que suivre,
Suivre mes idées, l’air du temps et parfois les gens,
Suivre… vers plus loin!

Ces dernier temps
C’est le printemps

L’an passé en avril,
J’écrivais ça… et plein d’autres réflexions
Puis, j’ai fait le ménage,
Puis j’ai fait imprimer une nouvelle carte avec seulement mon prénom,
Devenant « sans étiquette » et sans nom
Et je me suis sentie super sereine.

C’est que depuis longtemps
Trop longtemps
Si longtemps
J’étais vraiment à l’étroit entre le nom de mon père
Et le nom de mon époux,
Entre une casquette et une autre et d’autres encore
Mais aucune à ma ressemblance
Toutes n’étaient qu’apparences.

Il y avait un bout de temps que j’étais incapable de répondre
A la question « Et? Tu fais quoi? »
(Proposition de traduction : « En fait c’est quoi ton boulot? Ton métier, ta profession, quoi?)
Une question qui est posée en routine
Au point que la réponse n’a pas d’importance
Sûrement pas plus d’importance que le bulletin des prévisions météorologiques
Parce que finalement ce qui compte c’est ce qu’on gagne dans l’histoire.

Comment expliquer en un seul mot ou en cochant une case ce qui me permet de gagner ma vie?
Je sais pas faire.

Après « stare » et « Adèle est née« ,  tout en écoutant pousser les fleurs, en passant de long moments au téléphone ou devant le clavier, en buvant du thé et du café en bonne compagnie, en voyant pleins de projets  non-attendus se dessiner, après deux jours passés à prendre soin du jardin,
J’ai enfin trouvé la réponse.
La réponse qui est celle qui me ressemble et ne rentre dans aucune case.
La « bonne » réponse,
Celle dont tout le monde se moque parce que ce qui est vraiment important c’est d’en savoir plus au sujet des prévisions météorologiques.

11 réflexions sur « Et… poussent les fleurs »

  1. isabelle

    J’ai toujours aimé mon prénom avec ses deux « l ». Que nous soyons toujours plusieurs en classe à le porter ne m’a jamais dérangé. Pour moi, il est évident qu’il y a « en moi » ce que mes parents m’ont apporté.
    Savoir plus « qui je suis » ne m’intéresse pas. Dire aux autres qui je suis, c’est donner mon prénom, et éventuellement mon nom et la raison pour laquelle je suis avec eux ce jour là…le reste, je n’en vois pas l’intérêt, Pourquoi influencer notre interaction en leur en disant plus? De toutes façons, je n’agis pas pareil tous les jours, avec tout le monde. Pourquoi me demander ce qu’ils perçoivent de moi? Les personnes avec qui je me sens bien sont celles avec qui « je suis » et « il ou elle est » là, juste présent, sans attente.

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  2. Frédérique

    Je vais également mettre ma pierre à l’édifice des commentaires 🙂 car j’aime beaucoup vos échanges.

    Que dire des prénoms comme le mien ? Phonétiquement semblables pour les deux sexes ? J’ai mis énormément de temps à m’approprier ce prénom (sans pour autant avoir eu une seule fois l’idée d’en changer… bizarre… j’ignore comment je pourrais m’appeler autrement !). D’autant que des filles portant mon prénom, ça ne court pas les rues. Prénom majoritairement porté par des garçons, donc prénom à connotation masculine, aux consonances dures. Pour couronner le tout, je suis affublée d’un seul et unique prénom, là où ma soeur en a bénéficié de deux (et ceux-là, bien féminins, sans aucune confusion possible). Longtemps je me suis demandée si mes parents n’avaient pas involontairement souhaité un garçon. Et garçon manqué, je l’étais étant petite, alors quand sont apparus les signes qu’indiscutablement j’étais fille, cela a été… compliqué !
    Je pense avoir commencer à m’assumer fille vers 18-20 ans, sans doute aidée par l’intérêt de la gente masculine 😀 . Et ma féminité a vraiment été sans appel le jour où j’ai porté la vie. Depuis, je m’amuse de ce prénom, jouant tantôt le côté masculin, tantôt le féminin (ça sonne yin yang 😀 mais c’est ça). Amusant l’étonnement de mes interlocuteurs qui ne me connaissent pas, quand ils me rencontrent pour la première fois, au téléphone (indubitablement, ma voix est celle d’une femme) ou en vrai… principalement dans ma sphère professionnelle dominée par ces messieurs (quoique la tendance va à l’équilibre).

    Quant aux racines ! Que dire que cela me parle, et tu t’en doutes Joelle 😀 Comment se construire déracinée ? Cela a été un fil conducteur pendant de très longues années, non seulement par le terreau dont je suis issue mais aussi par les déménagements réguliers imposés par la profession de mon père. Comment s’y retrouver ? Qui suis-je ? Longtemps cela a été douloureux. Je n’ai pas vraiment de réponse, si ce n’est que j’ai pu accepter cet état de fait au fil du temps. Puis au final, je pense que je suis la somme des rencontres que j’ai fait au long de ma vie, rencontres heureuses ou moins heureuses, qui m’ont façonnée. Mais aussi des rencontres qui ont donné mes parents et leurs parents avant eux, etc… jusqu’à en avoir le vertige… Alors finalement, les racines (le d’où je viens, à quelle tribu j’appartiens) m’importent peu.

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    1. Joelle Auteur de l’article

      Bonne remarque.
      Joelle fait partie de ceux là et je connais beaucoup plus de Joël au masculin…
      Je me suis posé la même question que toi au sujet du désir de garçon de mes parents, le « choix du roi » étant à cette époque un garçon en premier! Je n’ai jamais demandé à ma mère ce qui les avait guidés dans leur choix, de toute manière elle aurait sûrement pas répondu!
      Les prénoms mixtes étaient en vogue : Pascal(e), Dominique, Stéphane, Frédéric/que, André(e), Noël/elle, etc, etc…

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  3. KaMaïa

    A l’aise dans ton prénom seul… qui pourtant est aussi un choix d’autrui ! De quoi se sentir encore à l’étroit…
    🙂

    C’est teeeellement compliqué de répondre à la question « Et tu fais quoi ? »
    Chaque fois qu’on me la pose, je repense au Petit Prince « Si un enfant a un nouvel ami, les parents de demandent pas « Qu’est-ce qu’il aime? », ils demandent « Quel âge a-t-il ? Combien de frères et sœurs possède-t-il ? Combien gagnent ses parents ? ». »

    Et maintenant que je peux répondre en un seul mot même si je dois continuellement définir le terme qui qualifie mon métier, je repense parfois à l’époque où j’étais « sans profession » et où j’aurais pu orthographier cela plutôt « cent professions » tant étaient nombreuses les choses diverses et variées qui occupaient mon temps.

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    1. Joelle Auteur de l’article

      Ce sont toujours les autres qui ont besoin de « nommer ».
      Et bien avant l’apparition des patronymes ou noms de famille qui inscrivent de fait dans une lignée, les prénoms étaient l’unique façon de nommer une personne.
      Dans certaines sociétés que j’ai étudié, le prénom n’est pas attribué par les parents mais par un « sage » qui prend en compte tout un paquet de caractéristiques, dont les conditions de naissance, afin de nommer l’enfant en fonction des caractéristique qui lui sont propres.
      D’ailleurs si on peut aujourd’hui facilement trouver une symbolique des prénoms, voire une description du caractère en fonction d’un prénom… et même si par effet rebond le choix d’un prénom de bébé contemporain est effectué en fonction des attentes que les parents posent sur lui… C’est une trace de l’histoire : le prénom caractérise une personne.
      Donc, mon prénom est une partie de « moi-je » parce que d’autres m’ont nommée avec une intention et que je suis devenue qui je suis à travers eux!
      En plus j’ai la chance d’avoir reçu un prénom chargé de sens, et ses deux ailes (qui lui ôte les trémas) sont parfaitement à mon goût!
      Définitivement, le prénom est autre chose que le nom!
      D’ailleurs, certain(e)s pensent qu’en changeant de prénom, un changement va s’opérer dans leur personnalité… Changer de nom ne leur viendrait pas à l’esprit…
      Quand à la notion de « profession »… De mon point de vue, si je sais que le boulanger fabrique du pain et que la boulangère le vend, je peux affirmer que ce qu’on appelle aujourd’hui « profession » c’est un peu du vent qui ne signifie rien et qui, comme tu le dis, nécessite trois quart d’heure d’explications pas faciles à saisir. En plus, il est fréquent de confondre les titres avec des professions… Bref… C’est comme parler du « métier » de mère de famille…
      Bref… J’ai la chance de n’avoir jamais rien fait d’autre que de « loisirer »! 😀 (voir l’étymologie de loisir)

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      1. KaMaïa

        Arf ! Bien vu le changement de prénom mais PAS de nom ! 😀
        En même temps, changer de prénom (en-dehors du changement de prénom lié au changement de sexe), c’est plus ou moins simplement renier ou refuser de continuer à endosser ce que les parents ont projeté sur soi-même. Ca ne veut pas dire qu’on renie sa famille. On peut vouloir changer de prénom sans changer de nom.
        Changer de nom c’est renier son histoire familiale ou bien refuser un nom chargé négativement qu’il soit ridicule ou lié à une histoire difficile (les enfants de Landru ont changé de nom, je crois… on peut les comprendre)

        Pour ma part, j’ai toujours répugné à projeter un prénom sur les enfants que j’attendais. C’est vrai… on nomme son enfant, d’un prénom qui lui collera à la peau toute sa vie et qui peut aussi bien ne pas lui plaire.
        D’ailleurs, par deux fois, je suis partie à la maternité pour accoucher sans qu’on aie choisi de prénom. Si j’avais pu donner un prénom provisoire, en attendant que mes enfants puissent choisir, je crois que j’aurais pris cette option.
        Peut-être est-ce parce que petite, je n’aimais pas mon prénom et que j’ai mis des années à faire la paix avec, puis à me l’approprier. 🙂

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        1. Joelle Auteur de l’article

          Moi qui parlais jardin… Quand je lis « renier », « refuser », ces mots écrits avec autant de force d’affirmation, je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait penser aux fleurs coupées achetées chez le fleuriste!
          Drôle d’association d’idées, n’est-ce pas?

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      2. Marie

        Un nom est utile pour qu’on ne nous confonde pas avec une autre Joelle ou Marie…
        Comme tu le sais, je me suis toujours sentie « Marie ». (« Marille »).
        On est à soi, ni au père ni au mari.
        Le nom est celui d’un clan, d’un passé qu’on peut suivre parfois loin, comme le fait François, pour essayer de comprendre d’où il vient, ce qui à mes yeux est un leurre: d’où vient-on?
        Lui, aimerait qu’on le recherche , plus tard, j’en suis certaine…
        Et je te le confirme, ce n’est pas un hasard si une certaine »Fanchon » du même nom de jeune fille que moi, et qui a marqué ma vie, avait choisi de s’appeler ainsi.
        C’était pour ne pas être la Françoise qui portait le prénom de son père au féminin, un prénom donné en tout début de la guerre de 40, au cas où son père militaire ne reviendrait pas, et qu’elle n’a jamais fait sien!
        Oui: « Définitivement, le prénom est autre chose que le nom ». 😉

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        1. Joelle Auteur de l’article

          Ahhhh, cette histoire de prénom fait réagir!
          🙂

          Bien entendu, je trouve tout à fait indispensable le fait de posséder une « nom de famille ». Il est inimaginable de signer un livre ou autre publication sans y mettre un prénom collé à un nom, c’est une réalité.

          A Lyon où j’ai traversé l’enfance et l’adolescence, dès la sixième (dans un lycée de filles) les enseignantes nous appelaient par notre nom de famille, nous n’avions pas de prénom, pas plus qu’au centre équestre. Il fallait être en récréation ou au club de sport pour s’entendre appeler par son prénom! J’ai l’impression qu’aujourd’hui l’usage du prénom est plus répandu, de même qu’il est plus fréquent de tutoyer les élèves.
          Aujourd’hui, j’observe toujours les gens se nommer lorsqu’un tour de présentation est fait dans les assemblées. Il est encore super commun d’entendre les gens se présenter avec leur nom de famille devant leur prénom 😉
          Certaines personnes se présentent pourtant en posant leur prénom devant leur nom de famille… En fait tout dépend de l’assemblée, de l’âge et du niveau social des gens…
          Je pense que « tout cela » est rempli de sens et de significations parfois bien inconscientes. 🙂
          Personnellement j’opte depuis très longtemps pour un « joelle » sans que personne ne trouve rien à redire. Sans doute ai-je l’air si menaçante que personne n’ose me questionner! 😀 Cependant, je remplis consciencieusement les formulaires, il serait tellement triste de n’être qu’un numéro ou un code-barre. 😉 😀

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          1. Sauf-i

            Pour moi le prénom, tout comme le nom (voire les deux associés) n’est qu’un identifiant. Mon prénom n’est pas mon identité, et je doute que mes parents ne l’aient choisi pour sa signification. Le prénom que l’on m’a donné était en vogue à cette époque-là et j’ai passé ma scolarité en primaire entourée de filles portant le même que moi. Heureusement que nous n’étions pas toutes identiques pour autant.
            Autrefois (et c’était il n’y a pas si longtemps, encore du temps de mes grand-parents), le prénom était un héritage familial, chargé du poids de la vie des ancêtres qui l’avaient porté dans les générations précédentes. Ou alors il faisait référence à un saint patron, à la fois protecteur mais aussi modèle à suivre pour l’enfant qui le recevait. Aujourd’hui le choix du prénom est souvent vide de sens, la sonorité du mot ou la popularité d’une personne le portant étant les critères principaux.
            Le prénom c’est un peu comme un vêtement (sauf qu’on en change moins souvent 😉 ). Il y a des personnes et des prénoms qui sont parfaitement assortis, des prénoms très jolis mais qui siéent mal à leur propriétaire, et des personnalités telles qu’elles transfigurent des prénoms que l’on imaginait disgracieux.
            Bref tout ça pour dire que je suis qui je suis, indépendamment de la façon dont les gens m’appellent et que cela se construit chaque jour, en écoutant pousser les fleurs… 😀

          2. Joelle Auteur de l’article

            Merci pour ce nouveau reflet.
            Oui, je suis tout à fait d’accord, il y a, depuis que l’accès à « plus » est possible un véritable effet de mode sur les prénoms. En France nous sommes bien loin de l’époque où le calendrier des postes était l’unique ouverture vers la diversité. Aujourd’hui, il y a des Fleurs, des Plumes, des Prunes et il y a aussi eu l’avalanche des Kévin ou Kévina, certains osent des Clitorine ou Euthnasio quand d’autres font des choix qui paraissent parfois surannés et d’autres encore affirment « rester classiques ». Et j’omets volontairement la pléthore de prénoms exotiques accomodés à la sauce française, passant parfois un peu vite de l’idéogramme à notre écriture syllabique…
            Je suis tout à fait d’accord pour affirmer que chaque individu est unique et qu’en s’élevant, il peut devenir qui il est.
            Je me pose cependant quelques questions au sujet de « qui je suis ».
            En effet, je fus en premier un espoir pour mes parents et c’est pour cet espoir qu’ils ont choisi un prénom. Le mien, à l’époque était « original », je veux dire qu’il était à la mode (Néanmoins sans déferlement, je n’ai jamais rencontré de doublon pendant ma scolarité), à la mode pour sortir des classiques de l’époque. Je n’ai pas été nommée par hasard par mes parents. Donc bien avant de tenter de devenir qui je suis, bien avant de savoir lire, bien avant d’avoir la curiosité de chercher le sens de mon prénom, je n’ai eu d’autre choix que d’en écouter la musique, de m’imprégner de sa sonorité au point de tourner la tête lorsque je l’entendais, au point d’avoir appris à déterminer ce qui était attendu de moi en prêtant seulement attention à l’intonation posée sur ce seul mot « joelle ».
            Je sais que des personnes pensent pouvoir changer de prénom comme on change de vêtement, j’entends bien que pour ces personnes là un prénom « de naissance » peut sembler encombrant, non conforme à l’apparence d’elles-mêmes qu’elles souhaiteraient mettre en valeur.
            Mes questions restent entières.
            Est-il possible de devenir « qui je suis » en coupant les racines, c’est à dire l’espoir que je fus, en niant l’influence TRES positive des personnes qui m’ont portées à la vie, qui m’ont protégée afin que je puisse m’élever, découvrir le ciel infini, avoir envie de le toucher, de caracoler sur les arcs-en-ciel, grandir et découvrir que je suis unique?
            J’imagine qu’il est possible de se rêver « fleur coupée d’origine indéterminée » parce que les fleurs en vitrine sont tellement attirantes et plus attrayantes que les fleurs des champs et/ou des jardins de curé. J’imagine. Je peux imaginer. Je suis incapable de comprendre.
            Je suis joelle et aucun autre prénom n’est le mien.
            J’ai largement essayé un prénom d’emprunt, sous forme de pseudo, choisi uniquement sur sa signification. Pour autant, il n’est pas « moi », c’est un déguisement ponctuel comme un vêtement que je mets dans certaines occasions et que je balance avec joie dès que je rentre à la maison!

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