Non communiquer

Pour une fois, je ne trouve aucune image à placer.
Il serait possible de laisser un blanc.
Il m’arrive fréquemment de poser des blancs dans les conversations, c’est ma manière de les colorer!
Mais l’illustration serait imparfaite car j’ai envie d’aborder le brouillard, c’est à dire l’art de brouiller les cartes sans rien changer au paysage.

C’est brumeux ce que tu radotes, allez vous me rétorquer avec raison.

J’explique.
Ce matin, ma tasse de café à la main comme d’habitude, j’ai ouvert mon écran sur le monde du jour. A la veille des agapes de fin d’année, certaines vidéo prolifèrent et voilà que j’ai monté le son sur une pub pour la CNV.
Pour attirer le chaland il  était, au départ, question d’une recette sensée assurer une forme de survie aux réunions de famille.
Vous me connaissez, quand je regarde un truc, je regarde jusqu’à la fin, histoire de dévisager la chute en face et de comprendre le déroulement qui précède. Et dans cette vidéo, il s’agissait de faire de la pub!

Pas de soucis.
Je respecte.

En visionnant cette promotion sous le logo CNV dont l’acronyme suggère dans ma tête bien plus de violence que sa traduction voudrait le faire croire, je songeais qu’il s’agit en fait de formater les gens à  la CNH (Communication Non Humaine) .
Je me suis mise à rêver.
Je m’imaginais en train de faire une analyse située ( google est votre ami) de l’usage de la CNV dans une assemblée sans expérience.
N’ayant plus l’âge ni de publier ni de gloser plus loin que sur cet espace retiré, j’ai rapidement souri en réalisant qu’il n’y a pas besoin de méthodologie bien précise pour démontrer à quel point les beaux discours ne fonctionnent qu’en démonstration.
Vous savez, c’est un peu comme ces « trucs » prétendument magiques qu’on vous vend sur les marchés et qui perdent tout leur pouvoir une fois dans votre cuisine (oui, ce sont souvent des « outils » de cuisine…).
Les bons vendeurs savent faire miroiter ce qu’ils doivent vendre, c’est à dire tout et n’importe quoi. L’essentiel pour eux consiste à émoustiller le désir, à suggérer le besoin dans l’unique but de vendre. L’usage qui suivra ne les concerne pas.

Pas de soucis.
Je respecte.

Et je pensais aux braves gens qui allaient tenter d’essayer les recettes proposées par la vidéo.
Je leur souhaite une belle grosse carapace faite d’humour sans le moindre égo, ainsi, ils ont une chance de bien rire!
En silence et sous cape, bien entendu!

2 réflexions sur « Non communiquer »

  1. Frédérique

    Comme beaucoup, j’ai longtemps cherché des recettes, pensant y trouver des réponses à mes questions parfois existentielles, parfois pratico-pratiques. Souvent je me suis appuyée sur ces recettes, en essayant de les mettre en pratique à la lettre en bonne élève.
    Mais comme pour les recettes gourmandes, j’ai du mal à suivre à la lettre les indications. J’aime y mettre mon grain de sel. Cela doit être ma façon d’expérimenter 🙂 Après avoir accepté cela (ce qui n’a pas été pas forcément évident, tiraillée que j’étais entre une éducation tournée vers l’obéissance et un esprit un tantinet rebelle), j’ai compris qu’il fallait que je prenne les recettes comme des directions, des propositions. Pas comme quelque chose à suivre coûte que coûte (en plus, avec mon esprit tatillon, combien de fois me suis-je trouvée en train de me dire : « mais si je fais ça comme ça comme c’est indiqué là, comment je peux faire ce truc ici qui me semble contradictoire ? » 😀 ).
    Du coup, je prends beaucoup de distance avec les recettes 🙂 Et j’assume !
    Je souhaite aux « braves gens qui tenteront d’essayer les recettes proposées en video » de trouver leur voie !

    Répondre
    1. Joelle Auteur de l’article

      Oui, je pense aussi que les recettes sont des bases et qu’il faut y passer afin de s’en extraire. Car il est nécessaire d’apprendre, puis d’expérimenter pour comprendre et enfin « faire selon sa propre sauce ».
      Surtout, ce qui me semble important, c’est la relation entre obéissance et puissance : suivre une recette permet de réussir, c’est ce qu’il est habituel de nous coller dans la tête. Or, c’est à la fois vrai et faux et donc très relatif. Il est évident que pour apprendre « quelque-chose » il est nécessaire d’obéir, de se soumettre… Mais à quoi? Pourrais-je dire qu’il est nécessaire de se soumettre aux caractéristiques « techniques » des objets/outils/matières avec lesquelles nous allons jouer? Et pour ce faire, la présence d’une personne de confiance compétente est un sérieux plus.
      Affirmer qu’il faut arriver à toucher sa propre créativité, c’est à dire a se passer de recette, est un discours qui est loin d’opposer autonomie et hétéronomie.
      Les autres sont là.
      Ensemble est un mot qui revient souvent dans mes paroles 🙂

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *