Jeudi 21 septembre, étape 21


« Et le bonheur viendra à l’heure où arrivent les bonheurs
il sera celui d’avoir été dans l’attente patiente de ce qui fut »
Gabriel Mwéné Okoundji, Comme une soif d’être homme, encore., Editions Federop, 2015,
ISBN 978-2-85792-224-7

Réveillée avant l’heure où palissent les étoiles, je n’ai guère patienté.
J’ai traversé la cours déserte et monté les escaliers qui allaient vers la cuisine.
Tranquille, j’ai fait chauffé l’eau pour un café et j’ai dégusté sans hâte le premier repas de la journée.

Le temps de tout mettre en sac, j’étais la première à prendre le large.
Désormais, j’acceptais de rentrer dans le rang et de ne faire que « l’étape recommandée » : même si c’était en prenant le risque d’arriver vraiment tôt, j’étais devenue une Gr’diste comme une autre et c’était une nouvelle source d’expérience qui me plaisait.

Que raconter au sujet de cette journée?
Sur mon carnet il n’y a qu’une ligne : « Journée magnifique »
Quand il n’y a pas de mots, il n’y a pas de mots!

J’étais enfin sur ce fameux GR10.
Sur les crêtes, funambule entre l’Espagne et la France, je pouvais compter les kilomètres de frontière avec le numéro gravé sur les bornes.

(Il y en a plus de 600 réparties entre la Méditerranée et l’Atlantique, j’avais même envisagé (parmi tous les projets de balade)  de suivre « le chemin des bornes », un chemin qui n’existe pas alors que la ligne frontière existe sur tous les cahiers d’écoliers. Un mois n’aurait pas suffit, j’ai été raisonnable!)

Ce fut une magnifique balade pendant laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir à redresser les cairns marquant les meilleurs passages à travers les rochers.
Une belle journée où je n’ai manqué aucun arrêt de jeu : gambader sans sac à dos, grimper plus haut, édifier un tas de cailloux en équilibre au dessus du vide, m’égarer sans me perdre au milieu des roches moussues d’une forêt où des trolls auraient pu résider.

J’ai croisé quelques promeneurs. De ces promeneurs qui se hissent vers les pâturages pour y pique-niquer et profiter de l’espace, contempler les oiseaux spécialistes du vol plané et être là, simplement, entre ciel et vallée, sous le soleil.

Le sentier plongeant sur Bidarray est en équilibre sur la ligne de crête de la montagne qui vient s’échouer à proximité des habitations.
Là, l’offre touristique en activités de pleine nature est omniprésente. Il y a certainement plus de places en gite au coeur du village que de place pour habitant au long cours.
J’ai frappé un premier gite, en bas de la descente, face à un immense parking de « départ de randonnée ».
Un immense gite, de plus d’une cinquantaines de places.
j’étais la première à arriver. Trois VVTistes avaient réservés, ils sont arrivés tard le soir.

Après avoir « visité » ce qui était à visiter,  je suis allée m’offrir une bière en terrasse, guettant l’arrivée des deux randonneurs rencontrés la veille.
Ils sont arrivés bredouilles de champignons, mais tout aussi extasiés que moi par la beauté des paysages traversés. Le gite qu’ils avaient réservé était à l’opposé de celui auquel j’avais frappé.

Le ciel était en train de s’obscurcir de lourds nuages.
La pluie est arrivée et c’était délicieux de penser que je n’aurai pas de tente mouillée à plier le lendemain.

A suivre…

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