En marchant, en pensant


Ranger, alléger, préparer sont les mots à l’ordre du jour.

Alors, recevoir un message qui fait autant écho au présent qu’à un passé dépassé fut un clin d’oeil que j’ai cueilli comme une étoile de plus à poser dans ma poche.

C’est que, parmi la multitude d’arbres qui se dessinent sans cesse au fil du chemin que tracent mes pensées, l’un venait de naitre et comptait déjà un majestueux ramage.

Il était question du corps des femmes.
Il était question de philosophie.
Il était question de philosophie féminine calquée sur la philosophie masculine.
Il était donc question de philosophie patriarcale à la sauce femelle.

Parce que me disais-je, parce que si je suis absolument incapable d’imaginer ce que sentent les mâles lorsque leur corps exulte, si je suis absolument incapable d’imaginer ce que ressentent les personnes privées d’un sens (que ce soit privées de la vue, privées de l’audition, de l’odorat, du goût ou du toucher), si je suis absolument incapable de m’imaginer en train de bouger avec 20, 30 ou 40 kg surnuméraires, etc, je sais que des personnes l’expérimentent pour de vrai et le vivent et le ressentent pour de vrai.
Je sais aussi à quel point j’ai pu ressentir chacune des fibres de mon corps s’étirer pendant mes gestations et ce que j’ai pu ressentir d’écartèlement lors de la mise au monde.
Je sais ce que je ressens et je sais que personne ne ressent exactement la même chose, nous sommes tou(te)s tellement semblables et différent(e)s à la fois…

A ce stade, un bosquet de métaphores émergea au milieu de la forêt de la réalité, grandissant sous les ramages des grands arbres aux branches déjà bien lourdes.

Et de chaque bosquet sortent encore (en ce moment même où j’écris) de nouvelles idées et parmi elles, l’hypothèse selon laquelle les femelles auraient plus que les mâles une certaine capacité physiologique permettant de supporter les formidables tensions imposées par leur vivance.
Il m’est même venu à l’esprit que parmi les « révolutions » actuelles, les femelles aspirant à devenir des hommes comme les autres pourraient perdre cette capacité.

Infinis questionnements, infinies hypothèses pouvant ouvrir tant et tant de chapitres qu’il me parait vain de songer à produire quoique ce soit tant il est vain de tenter d’empiler plus haut sans risquer la chute.

Je suis  quand même allée très vite tapoter sur mon clavier pour vérifier ce qui se raconte et je suis tombée sur le silence radio à ce sujet.

C’est un sujet dont les mâles ne peuvent pas parler, ou alors il faudrait qu’ils puissent imaginer mais il est impossible d’imaginer l’inimaginable.
Alors si les mâles ne peuvent pas en parler, ils n’en ont jamais parlé et comme toute philosophie moderne est basée sur les traces laissées par les philosophes antiques et passés, le sujet ne sera pas sur la table de sitôt.

Bref… je vais aller marcher!

🙂

4 réflexions sur « En marchant, en pensant »

  1. Frédérique

    Voici un écho d’une partie de nos échanges lors de la chasse 🙂
    Il m’est impossible d’être à la place de l’autre, par contre je peux capter une partie de ses émotions, de son état d’être. Ou du moins, ses signaux subtils, verbaux et non verbaux, que je traduis (consciemment ou non) dans mes propres fibres, en fonction de mes propres filtres.
    Vaste sujet… et pourtant si plein de promesses, puisqu’il nous fait aller de la séparation à l’unicité…

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  2. joelle jb jt

    J’ai trouvé cet article : http://www2.univ-paris8.fr/RING/IMG/pdf/Francoise_Collin_Le_philosophe_travesti_ou_le_feminin_sans_les_femmes.pdf
    Les philosophes féministes les plus connues sont souvent seules, ni en couple, ni en famille.
    Dans un autre registre, on trouve une femme comme Elisabeth Anscombe qui a très peu publié et qui de surcroit portait très haut ses convictions religieuses (https://fr.wikipedia.org/wiki/G._E._M._Anscombe) : elle a donné naissance à cinq enfants en temps que militante anti-IVG. En même temps, vu son niveau social et l’époque, elle ne les a pas élevés sans aides.
    Il est probable que la nouvelle génération de femmes rentre dans une philosophie plus osée, intégrant la physiologie féminine à leur champ d’expérience. Encore faut-il avoir la patience d’attendre qu’elles puissent parler avec l’expérience de l’âge! 😉

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    1. Frédérique

      Pour le coup, Elisabeth Anscombe était en couple. J’ai lu la page Wiki à son nom, je suis étonnée du mélange de philosophe et d’idées si arrêtées, à la limite du fanatisme. Songeuse je suis…

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      1. Joelle Auteur de l’article

        Tu connais mon exigence qui consiste à toujours replacer dans un contexte. Cette femme diplômée avec un titre doctoral à l’heure même où les femmes françaises n’avaient même pas le droit de vote (les britanniques ont acquis ce droit en 1918-1928) étaient certainement issue d’une famille de notables et son statut social ne fut pas des moindres. Impossible de prendre ses idées en compte comme des idées actuelles. Elle était mère de famille nombreuse pour aujourd’hui (5 enfants) mais pas pour l’époque où les familles de 12 étaient légion! Et ce n’est certainement pas elle qui faisait le ménage! Quand on parle des femmes, de quelles femmes parlons nous, sinon de celles dont nous connaissons et nous comprenons l’environnement?
        Pour information, voici un état des lieux du niveau d’étude actuel et comparé, c’est éclairant! 😉 Regarde un peu ce qu’il en est des gens de ma génération et imagine un peu ce qu’il en était encore plus tôt!
        Bachelier de 1950 à nos jours
        niveau d'éducation de la population actuelle

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