Il était une fois Little Bird

Quand il a débarqué à la maison, imposant sa présence inattendue, Little Bird* a sans aucun doute entendu la question qui a traversé mes pensées : « Mais qu’est-ce que je vais faire de toi ? Moi ? »
Il savait certainement qu’en me proposant un jeu, j’allais saisir la balle au bond.
Il s’agissait de le photographier dans ses activités et de le mettre à la une sur ma page Facebook. Il fallait le faire chaque jour pendant un an.
Imaginez !
Trouver chaque jour pendant un an, une occasion pour immortaliser une pose de Little Bird !
Pas facile ce jeu là !
J’ai bien douté un peu de ma capacité imaginative, mais à peine.
Finalement ce n’était qu’un jeu !
Un jeu et quel jeu !
Contrairement à ce que j’avais pu penser au début, le plus compliqué était de ne retenir qu’une seule image chaque jour.
Regarder le monde à travers les yeux de Little Bird fut une merveilleuse aventure.

Exigeant, Little Bird avait ajouté une “règle du jeu” qui me poussait dans un retranchement jusque là jamais franchi : il fallait que le monde entier puisse le voir, il fallait donc activer “public“.

Rhoooooo la la la !

Moi qui tourne sept fois mon doigt sur le clavier avant d’envoyer la moindre phrase aux 200 « amis Facebook ». Je me lançais dans un véritable challenge.

Bon, un an plus tard, avec « mes » 49 abonnés dont certains amis bien connus, je suis rassurée !
Le “monde entier” est définitivement un mini microcosme!

Il faut dire, qu’après avoir accepté le challenge proposé par l’oiseau, j’ai essayé de la jouer finement.
J’avais bien senti qu’il fallait poser quelques balises afin de soigneusement éviter toutes les situations à risque de contagion.
Il fallait que nous ayons une conversation franche, il fallait trouver une ligne d’entente commune afin que nous donner la chance d’avancer sur la même longueur d’onde.
Comment parler à un oiseau têtu?
En premier, je l’ai invité à expérimenter l’étroitesse des cases.

Puis, j’ai été très intransigeante sur un point.
I N T R A N S I G E A N T E !
Ce n’est pas parce que nous irions souvent à la plage qu’il fallait céder à la facilité!

Malin et bien décidé à faire parler de lui, il acceptait la limite et relançait immédiatement en suggérant qu’il pourrait se faire sponsoriser.
Je lui ai cloué le bec en y mettant un sticker bien trop grand pour lui, il a baissé la tête, il avait compris!

Et hop, une idée à la mode lui traversa l’esprit!

C’est qu’il a la tête dure, Little Bird.

Et pourquoi on écrirait pas sur un tableau, histoire de proposer une publication pédagogique destinée à tous les “mini Little Bird” du monde?
Il s’est un peu vexé quand je lui ai répondu que c’était une bonne idée pour établir la liste des “cervelles d’oiseau” qui suivent les réseaux sociaux. Du coup, il a fallu que je prenne le temps nécessaire afin de le rassurer : je lui ai posé sous les yeux des articles qui démontrent que les oiseaux ne sont pas si bêtes et je me suis excusée… c’était juste une plaisanterie…
Du coup, il avait oublié sa proposition! Ouf!

Et voilà, qu’il me suggérait une autre idée géniaaaaleeeee!
Et si on choisissait une cause à défendre, il suffit de trouver la bonne couleur de ruban, non?
Je l’ai posé dans mon tas de ruban et au bout de deux minutes, il avait la tête qui tournait.
Little Bird est remarquable, il lui suffit d’une expérience pour comprendre!


Son côté gamin malicieux était au top quand il me tendit une nouvelle grosse ficelle.
Je l’ai bien regardé sans pouffer, histoire de lui montrer à quel point il n’était vraiment pas drôle.

Nous avions fait le tour des possibles, nous étions d’accord, l’aventure pouvait commencer.

J’en entends déjà qui disent que je l’ai manipulé… Je le concède!
Avouez qu’il est tout petit et que c’était vraiment tentant.

Un an plus tard…
Il n’a pas toujours vraiment gardé la tête sur les épaules, mais une chose est certaine, il m’a chuchoté une certaine philosophie!

Les photos étant volontairement sans légende, chacun a pu y mettre la sienne.
En voyant la tête de Little Bird lisant les commentaires, je me suis dit plus d’une fois qu’il apprenait à comprendre les humains… Sans y parvenir!
Amusant , non ?

Bah non… un oiseau est un oiseau, n’est-ce pas ?

Voilà… C’est fini, il retrouve sa liberté.

Il n’est pas devenu mondialement connu.
Il m’a cependant remercié de l’avoir pris en main avec attention. Il m’a confié que cette année partagée l’avait transformé, il se sent plus doux, il a pris des couleurs et il est très fier des quelques cicatrices qui lui donne un air de vieux baroudeur.
J’ai été particulièrement sensible à son ultime compliment : selon lui, en exceptant les rares copies de volatile embauchées en temps que “doudou pour enfants” aucun oiseaux sans plumes n’a jamais vécu autant d’aventures extrêmes.

Libre, il viendra peut-être commenter l’actualité lorsque ça lui chantera.
Il ne reviendra peut-être jamais.
Personne ne connait l’avenir.

* Little Bird fut créé en 1959 par Kristian Vedel

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